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Vasco donne tout pour Ricardo

Par Louis Génot, à Rio de Janeiro
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Vasco donne tout pour Ricardo

Secoué par l’AVC dont coach Ricardo a été victime en août dernier, Vasco joue plus que jamais avec le cœur. En deuxième division il ya deux ans, l’équipe de Rio reste en course pour un triplé historique.

Le 28 août, Ricardo se paie une belle frayeur. En plein « classico » Flamengo-Vasco, l’ancien coach du PSG, Bordeaux et Monaco est victime d’un malaise et doit être évacué d’urgence à l’hosto. Le match se termine par un triste 0-0 mais les joueurs sont ailleurs, traumatisés par l’état de santé de leur entraîneur, qui restera plusieurs heures entre la vie et la mort.
Deux mois et demi plus tard, Ricardo va déjà beaucoup mieux et, à défaut de diriger son équipe du banc de touche, il s’est trouvé une nouvelle fonction de porte-bonheur. Il y a une semaine, il a fait une belle surprise à ses joueurs en leur rendant visite à l’improviste en pleine mise au vert, quelques jours avant le match retour du quart de finale de la Copa Sud-Americana (C3 locale). Résultat, l’équipe de Rio, qui avait perdu 2-0 à Lima contre l’Universitario, atomise les Péruviens 8-3* et assure la qualif’ pour les demies dans un stade São Januario en fusion. Dimanche dernier, rebelote. Après une visite de Ricardo la veille au soir, Vasco ne fait qu’une bouchée de Botafogo et reste en tête du championnat à égalité avec le Corinthians.
Pas mal pour une équipe qui évoluait en deuxième division il y a deux ans et qui a terminé à une piteuse onzième place la saison dernière. Cette fois, seule la première place les intéresse, vu qu’ils sont déjà qualifiés pour la Copa Libertadores grâce à leur victoire en Coupe du Brésil en juin dernier. Ils auraient pu se reposer sur leurs lauriers comme Santos (lui-aussi qualifié en tant que tenant du titre de la Libertadores), qui végète dans le ventre mou, obnubilé par la perspective d’un duel Neymar x Messi en cas de finale contre le Barça au championnat du monde des clubs, en décembre.
Mais à Vasco, c’est différent. Depuis l’AVC du coach, l’équipe a gagné un supplément d’âme. Les joueurs ont décrété une sorte d’union sacrée pour remporter le titre en son honneur. Sous la houlette de l’excellent adjoint Cristovão Borges, le club carioca est encore en course pour un triplé historique.
Juni et « Dedeckenbauer »
En revanche, mercredi dernier, pas de chance, le match était à São Paulo contre le Palmeiras. Ricardo, qui ne peut pas effectuer un tel déplacement, assiste impuissant dans son canap’ au match nul 1-1 de ses protégés. Du coup, les Corinthians prennent deux longueurs d’avance grâce à leur victoire 1-0 contre Ceara. Ils voient aussi Fluminense revenir à trois points à la suite d’un hallucinant 5-4 contre Grêmio au cours duquel Fred plante quatre pions.
Le sosie de Francis Perrin n’est pas le seul ex-joueur de l’OL qui s’éclate au Brésil cette saison. Même s’il n’est aligné qu’avec parcimonie pour ne pas trop le griller physiquement, Juninho retrouve à 36 ans une deuxième jeunesse dans le club qui l’a révélé au grand public, avec qui il a tout gagné de 1996 à 2001. Placé juste devant la défense, il donne le tempo et continue de donner des sueurs froides aux gardiens à chaque coup de pied arrêté. Et dire qu’il est payé au salaire minimum brésilien (environ 260 euros par mois) par amour pour son club de cœur ! Voilà qui doit faire plaisir à Jean-Michel Aulas.
Cela dit, le vrai monsieur plus de cette équipe de Vasco, ce n’est pas Juni, c’est Dedé. Surnommé « Dedeckenbauer » par la presse brésilienne, ce défenseur athlétique et plutôt habile techniquement vient de claquer quatre buts en trois matchs. Des stats à faire pâlir plus d’un attaquant et une mentalité de guerrier qui galvanise ses coéquipiers et surtout les supporters. Du coup, il se prend pour Neymar en disant que lui aussi veut rester dans son club jusqu’en 2014 alors que le Benfica, la Juve et Milan lui font les yeux doux.
Quoi qu’il arrive, même si Vasco ne remporte pas le titre en fin de saison, Ricardo, qui pourrait reprendre les rênes de l’équipe dès l’année prochaine, sait qu’il a déjà remporté la plus grande victoire de sa carrière.
* Un clin d’œil à Monaco, ex-club de Ricardo, qui avait infligé une raclée sur ce même score de 8-3 contre La Corogne (autre grand club qui joue en D2 cette saison) lors de l’épopée de 2004 en C1 sous les ordres de Didier Deschamps ?

Deux ans loin de nous, deux ans de trop : liberté pour Christophe Gleizes !

Par Louis Génot, à Rio de Janeiro

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