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Samba di Congo

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Samba di Congo

Liverpool a encore fait match nul en championnat le week-end dernier, loupant l'occasion de revenir sur les têtes de liste. Mais en y regardant de plus près, 0-0 à Blackburn, c'est plutôt un bon résultat vu le début de saison séduisant des Rovers. Un groupe qui peut compter sur un sacré vigile à l'entrée de sa surface, le bien nommé Christopher Samba.

Pour les supporters c’est plutôt “The Wall”, le mur, pour les journaux anglais c’est “King Kong”, plus subtil hein. « Tout le monde dans l’équipe m’appelle King Kong maintenant. C’est pas grave, c’est parce que je suis imposant. McCarthy, Savage et Mokoena ont commencé et maintenant ce surnom m’est accolé systématiquement » .

La petite histoire veut qu’au début, on l’appelait plutôt sobrement “Chris”, les gens ayant un peu peur de lui affubler un quelconque sobriquet. Faut dire que Christopher Samba, avec son mètre quatre-vingt-quatorze, hauteur, largeur, profondeur, n’a rien d’une otarie. Si face à lui, les attaquants de Premier League en voient de toutes les couleurs, c’est loin d’être le carnaval. Le gaillard est plutôt du genre à hacher menu, à déménager des commodes Louis XV à mains nues.
Un colosse qui pensait avoir des pieds en papier crépon jusqu’à ce match la semaine dernière dans l’antre des Spurs, pour le compte de la onzième journée. Le but de la victoire, un missile sol-air venu directement du Congo. « C’était mon premier but du pied. Habituellement je marque de la tête. Mes coéquipiers m’avaient étiqueté comme ça. Mais je me suis entraîné pour ça, pour frapper mieux. Je voulais m’améliorer, marquer à l’entraînement » relate-t-il. Ajouté à cet acharnement un zeste de superstition, et vous obtenez la recette de cette réussite : « Mon père m’a envoyé un texto avant la rencontre face à Tottenham en me disant de ne pas m’en faire car je marquerais le premier but de ma saison. Et c’est ce qui s’est passé ! Alors ce but est pour lui, et je veux qu’il continue à m’envoyer des SMS avec des buts pour moi dedans » ! Avec un bon forfait soir et week-end, pourquoi pas.
Le natif de Créteil, mais qui a choisi la sélection congolaise, le RamDam plutôt que les Bains-Douches, n’est pas étranger au bon premier tiers de championnat des Blackburn Rovers, qui n’ont perdu qu’une fois, encaissant seulement neuf buts. Au sein d’une équipe qui a de la gueule – de McCarthy au vieux Tugay, en passant par Warnock, Emerton, la rock star Santa Cruz et autre Mokoena – Samba s’impose comme le meneur de revue de la défense match après match, faisant valoir sa puissance athlétique sur de rageuses montées, prouvant qu’on peut compter sur lui des deux côtés du rectangle. Une bonne nouvelle pour son coach, Mark Hughes, qui est allé le chercher au Hertha Berlin en janvier dernier pour un essai de cinq jours. Bluffé, il a mis les 750 000 euros, grosso-merdo, sur la table pour lui faire traverser la Manche. Un investissement qui pourrait rapporter gros s’il continue sur sa lancée. Avant l’Allemagne pour Samba, ce fut le FC Rouen, et quelques apparitions subliminales sous le maillot de Sedan. Il y aurait mangé quelques sangliers que ça n’étonnerait personne.
« Nous avons souvent eu des problèmes en début de saison, mais cette fois on est bien partis, si on finit bien, on peut espérer terminer en haut de la Ligue. (…) On doit savoir si on veut finir dans le ventre mou ou au top » analyse simplement le roc de 23 ans. Car, si le podium du championnat sponsorisé par Barclays devrait une nouvelle fois se jouer entre Arsenal, Manchester United et Chelsea, l’issue de la lutte pour la quatrième marche est bien plus incertaine. Promise aux Gunners, à Liverpool ou à Tottenham avant le début de l’exercice, il faudra vraisemblablement compter sur des trouble-fête tels que la très offensive Porstmouth, l’hétéroclite Manchester City, et donc les vaillants Rovers de Blackburn. « On ne nous accorde pas assez de crédit pour le moment. J’espère qu’on va continuer comme ça et récolter la reconnaissance que l’on mérite » souhaite Chris. Aussi pour montrer qu’avec ses crampons sous les ballerines, la samba n’est pas qu’une affaire de Brésiliens.

Pierre Maturana

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