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- Bayern-PSG (1-1)
Il était une deuxième fois Munich

Un peu moins d’un an après avoir retourné l’Europe à Munich, le PSG se déplaçait une nouvelle fois en Bavière pour se rapprocher du bonheur en Ligue des champions. Les Parisiens ont retrouvé leurs rituels, leurs habitudes et leur stade fétiche. Reportage.
Il flottait dans l’air de la Gare de l’Est comme le parfum d’un grand départ en colonie de vacances. Celle où l’on retourne après avoir kiffé l’année passée. Alors le rendez-vous est au même endroit, par petits groupes, avec les mêmes potes, direction Stuttgart d’abord. Déjà, les contrôles prévus à la frontière et la correspondance pour Munich en danger sont dans toutes les discussions. Finalement, l’heure matinale et le besoin de prendre des forces reprennent le dessus. Certains dorment tranquillement, quand d’autres se repassent le film de l’an dernier. Quelque uns en discutent, se remettent les images, ainsi va la vie sur le chemin d’une demi-finale retour de Ligue des champions à Munich. Presque un pèlerinage et c’est bien connu : le mieux, c’est lorsque tout ne se passe pas comme prévu.
Le train train annuel
Prévu, ce retard de 20 minutes avant d’arriver à Stuttgart l’était. Certains semblent même avoir vécu la même expérience l’an passé. Pas assez perturbant toutefois pour empêcher une longue transhumance vers la capitale bavaroise. « Désolé pour ce retard, pour aller à Munich, c’est possible, quai 15 à 10h51 ou quai 16 à 11h15 si le premier est trop plein », annonce le conducteur du train. À peine le temps pour certains d’aller gratter deux ou trois bouteilles de bières que la troupe repart vers Munich. Ça s’assoit par terre, ça trouve des places comme ça peut, ça sort les cartes, ça a hâte de retrouver cette grande cour de récré. Le confort passe après.
Ah, Munich. La grande vigilance policière n’empêche pas les uns et les autres de savoir où aller, pas besoin de guide touristique ou d’un GPS sur le téléphone. En mode auto pilote, la sortie est déjà connue, ça sait où aller chercher sa contremarque, où se rassembler, même où dormir. On ne déambule pas en terre inconnue, on marche en terrain conquis. Les troupes ne s’arrêtent plus aux feux rouges, la transgression ne fait plus peur à grand monde. Cette fois-ci, les maillots interistes ont disparu et voilà ceux du Bayern qui fleurissent au milieu de cette effervescence rouge et bleue. Ils sont très nombreux, même. L’atmosphère du grand match est présente, presque palpable.
La liesse Arena
Il faut passer le temps, compter les minutes, en visitant le McDo, les Döners, les enseignes où il est possible de charger son téléphone, avant de filer vers Marienplatz. Le ciel est menaçant, les gouttes commencent à tomber, mais tout le monde file vers le métro et la ligne U6 ; mais si, la bleue, direction Fröttmaning ! La suite est un peu moins simple qu’en 2025. Le trajet ne se passe pas bien, il faut sortir du métro, remonter, craindre de marcher sept bornes. Mais au fond, un bon pèlerinage, il se fait à genoux non ? Finalement, c’est ok, le métro reprend sa marche avant. Ça file à l’Allianz Arena, lieu de réalisation de tous les fantasmes. Le chemin, les Parisiens le connaissent.
Pour garder la symétrie avec l’année passée, l’avant match commence tôt en tribunes, dans le même virage, mais bien plus haut et moins nombreux. Pas grave. Quand Vincent Kompany entre le premier sur la pelouse pour la reconnaissance, il est facile de voir que ce n’est pas le déconcentré Simone Inzaghi de l’an dernier qui foule le pré. C’est un homme en mission, avec ses soldats. Le nouveau directeur de colo, c’est un dur à cuire. Alors les décibels montent bien plus que lorsque les Milanais faisaient face aux Parisiens. Il y a du répondant en tribunes, et pas qu’un peu. Sur le terrain aussi, même si le but précoce d’Ousmane Dembélé doit laisser certains espérer une nouvelle balade munichoise. La colonie de vacances s’est durcie, définitivement.

Elle est moins permissive, plus dangereuse, il n’y a plus de moins de 16 ans, seulement les grands. Sauf que les minutes passent, peut-être même plus vite que les sept jours dans ce centre de vacances, et on y reprend goût, même aux conneries comme les pétards et les fumis, différemment mais pas moins pour autant. Surtout qu’à la 90e+4, l’affaire est pliée, les jours heureux vont bien se terminer. 1-0, Munich doit planter deux fois pour prolonger tout ça. Et puis Harry Kane trompe quand même Willian Pacho pour la première fois… De quoi trembler le temps d’une minute. Et si le Bayern renversait tout ? Et si ça filait en prolongation ? Quand le très (trop ?) présent M. Pinheiro siffle les trois coups de sifflet finaux, c’est enfin la libération. La colo est gagnée ! Munich, c’est le sens de la fête. Qui en avait douté ?
L’effusion de joie est toujours là, plus contrôlée tout de même, puisque, nichés dans leur parcage, les ultras parisiens ne peuvent cette fois-ci pas descendre sur la pelouse pour en ramasser un morceau ou arracher un bout de filet. Leurs joueurs se chargent donc de célébrer pour et avec eux, un peu moins d’un an plus tard. Si à l’époque, il fallait filer en vitesse pour ne pas louper la célébration sur les Champs, certains doivent désormais filer pour pointer au travail le lendemain. Ah oui, ça aussi c’était différent, la colonie n’avait pas seulement lieu le weekend, elle avait le goût du frisson du milieu de semaine. La prochaine, ce sera à Budapest, sans habitudes, sans rituels. Il paraît le voyage forge la jeunesse.
Quel est l'historique du PSG contre Arsenal ?Par Julien Faure, à Munich







































