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On était au Stade de France hier soir…

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On était au Stade de France hier soir…

Stade de France à guichets fermés pour ce France-Lituanie. Les places à 10 euros ont fait leur petit effet et l'on croise même Bernard Menez dans les travées. En tribune, le public s'est paré de bleu-blanc-rouge, de la perruque bouclée jusqu'au maquillage. Sans compter le nombre invraisemblable de drapeaux distribués. Un vrai 14 juillet, la parade en moins.

Le speaker demande au public de supporter l’équipe de France « au moins pendant 45 minutes » . Les visages des joueurs lituaniens s’affichent sur les écrans géants. Inconnus au bataillon pour la plupart, ils sont copieusement hués, comme le veut la tradition. C’est pourtant Raymond qui essuiera le plus grand nombre de sifflets. L’odeur du sang, peut-être.

Vient le temps des hymnes. Que l’on se rassure dans les plus hautes sphères de l’Etat, “La Marseillaise” n’a pas été maltraitée. Le chant guerrier a même été repris en chœur par les plus patriotes de nos supporters. Une minute de silence pour les victimes de la bousculade en marge de Côte d’Ivoire-Malawi et la rencontre peut commencer.

Début de match poussif. Les supporters lituaniens se font le plus entendre, c’est dire l’ambiance. Alors, les Français contrent avec un poussif « Allez les Bleus » repris inlassablement, suivi d’un « Qui ne saute pas n’est pas français ! » qui, à coup sûr, doit ravir Eric Besson ainsi que l’ensemble de son ministère.

En tribunes, les vannes fusent et c’est surtout Peguy Luyindula qui en prend pour son grade : « Le bandeau, c’est sur les cheveux pas devant les yeux » . Pas plus de respect pour les anciens, à l’image d’un Thierry Henry qui n’est pas épargné : « Il s’bat pas. C’est normal, il est à l’heure espagnole » . Gourcuff est jugé trop lent, « lâche ta charrette » , et Alou Diarra trop grand, paraît qu’ « il se dribble tout seul, ses jambes font un kilomètre » . Seul Ribéry échappe aux railleries et un souffle populaire accompagne chacune de ses courses balle au pied.

Une ola démarre, sans que l’on sache trop pourquoi. Première mi-temps terne, tout juste égayée par la fanfare qui livre une interprétation de bonne facture de “Ça fait rire les oiseaux” de la Compagnie Créole. Hélas, cela ne suffit pas pour contenter les spectateurs. Les Tricolores rentrent au vestiaire sous les huées. Pour passer le quart d’heure d’attente, les passionnés d’origamis et d’aéronautique civile lancent des avions en papier.

En deuxième période, les actions se multiplient, le temps passe plus vite. « Ils veulent pas aller en Afrique du sud ou quoi ? » , gueule un Gaulois éméché. Malgré les licenciements à Clairoix, Continental s’affiche sur les panneaux publicitaires au bord de la pelouse avant que Kärcher ne lui succède.

A voir le niveau de jeu proposé par l’équipe lituanienne, on comprend mieux pourquoi le pays présente l’un des plus hauts taux de suicide au monde et ce n’est pas la sortie de Kalonas qui pourra y changer quelque chose. Le mal est profond.

Côté tricolore, Benzema hausse le niveau, Gignac connait sa première sélection et Ribéry inscrit le but de la victoire. Le Stade de France pousse un ouf de soulagement tandis que la fanfare joue les premières notes de “La Marseillaise” que personne ne reprend.

Ce soir, c’était service minimum pour tout le monde.

Gianni Infantino, la mauvaise idée de trop ?

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