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Juventus, Porca Miseria

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Juventus, Porca Miseria

Ba-fo-uée. Face au Bayern, alors qu'un nul lui suffisait, la Juventus en a pris quatre dans le visage après avoir ouvert le score par l'intermédiaire de David Trézéguet, seule satisfaction d'une soirée à analyser. Puis à oublier.

Maintenant, la Champion’s League peut continuer sans elle. Si victoire noire et blanche il y a, ce sera en Europa League. Mais la Juve en est-elle seulement capable ? Difficile aujourd’hui de déterminer son véritable niveau, entre performances on ne peut plus solides et prestations façon Titanic, comme face au Bayern. Pourtant, la Vieille venait de battre l’Inter 2-1, tout en discipline, envie et réalisme. Après un début de saison cahin caha, on la croyait alors, telles ses valeurs, retrouvée. Ne suffisait alors, à domicile qui plus est, qu’un bon vieux 0-0 des familles contre des Allemands. Le strict minimum. Las, une raclée l’attendait. Un véritable naufrage digne du parti socialiste. Des joueurs pas au niveau, des choix tactiques douteux et, pire, de la résignation, ont eu raison de ses ambitions.

Des joueurs médiocres

Ici-même, on évoquait la possibilité de voir un jour le meneur de jeu turinois soulever, tels ses illustres prédécesseurs, le Ballon d’Or. Bien, il va falloir encore patienter. Mardi soir, Diego en était bien loin. Incapable de faire la différence, il n’a même pas permis à la Juve de créer un minimum de jeu. De même, ses partenaires ne l’ont absolument pas soutenu ni ne lui ont permis de s’exprimer. Censé le rassurer, le choyer et l’alimenter, son milieu l’a abandonné. Devant lui, ce n’était guère mieux. Reste que Del Piero et Trézéguet n’y sont pas pour grand chose : ils ont à peine vu le ballon. Au pire, on peut leur reprocher de ne pas avoir fait d’exploit(s). Au vu du match de Del Piero, dans la lignée de ses précédents, beaucoup ne manqueront pas de tomber sur le râble du plus soyeux joueur d’Europe. Dans le fond, ils auront raison. Alex est coupable de ne plus compenser à lui seul les carences de l’équipe. Difficile de sauver le match quand son équipe en prend quatre dans la vue…

Pour autant, il serait injuste d’accuser la défense de tous les maux. Buffon, sans doute diminué par ses douleurs au genou, n’a lui non plus pas fait d’exploits, mais que lui reprocher au juste ? Idem pour sa charnière. Idem pour toute l’équipe en fait. Individuellement, tous (hormis Marchisio) ont fait un match médiocre (mention spéciale à Felipe Melo): le problème est donc collectif. Quand chacun ne va pas, c’est peut-être parce tout va mal.

Des choix douteux

Parce qu’en tout cas, tout ne cesse de changer. Les joueurs de la Juve ne savent pas eux-mêmes de quoi ils sont capables, ni même comment. Leurs résultats sont bien trop irréguliers. Et, puisqu’il faut bien, à un moment ou un autre, charger la mule, le coaching de Ciro Ferrara ne leur permet pas de gagner en sérénité. Cercle vicieux : les joueurs ne parviennent pas vraiment à convaincre leur entraîneur, du coup celui-ci tâtonne et ne peut avoir une idée fixe quant à la façon optimale de faire évoluer les siens. Ancien pensionnaire de la maison, Ciro Ferrara était pourtant arrivé aux manettes avec un projet très clair: un 10 de génie et des ouvriers spécialisés autour, 4312, comme à la belle époque. Roule ma poule, tradition respectée et rêves entretenus, lien avec le passé en même temps que promesses d’un avenir brillant : Ciro avait mis tout le monde dans sa poche et bénéficié d’un recrutement en conséquence. Entraient ici Diego, Melo, Grosso ; tout était en place, le plan pouvait se dérouler sans accroc. Cerise sur le gâteau, Tiago pouvait en profiter pour revenir à la vie. Cela ne pouvait évidemment être aussi simple.

Après quelques matchs, peu convaincu par le niveau des siens, préoccupé par le sort de Giovinco, contrarié par les blessures successives de ses milieux axiaux, Ciro déroge à son plan de bataille et opte pour un 4231 façon Équipe de France. Le temps de quelques rencontres, de s’en prendre un paquet et d’en mettre autant, d’essayer tour à tour Giovinco, Marchisio et Del Peiro au poste d’ailier gauche, tout le monde s’était bien diverti, mais personne n’était vraiment emballé. Aussi, il était de bon goût de revenir aux fondamentaux, au plan A, le seul qui vaille. Retour du rombo, du trio de récupérateurs, du meneur, du trident et des bons résultats : victoire 2-1, dans la souffrance et dans l’axe contre l’Inter. Alors, face au Bayern, Ferrara décide en toute logique de renouveler l’expérience. Tout était bien parti, le Juventus ouvre le score. Puis le Bayern égalise. Comme son équipe, Ciro souffre. Alors il change d’opinion, fait entrer Poulsen pour Del Piero et organise alors l’équipe en 4231 (Marchisio à gauche, Trez seul devant). Le Bayern n’en a rien à secouer et prend l’avantage. S’agit alors de revenir au score, aussi Ciro fait entrer Amauri pour Diego, et l’équipe de repasser à deux attaquants. En vain… Le Bayern lui colle deux balles de plus dans le buffet. Sans états d’âme.

De la résignation

A deux buts à un pour les Bavarois, on se dit que, comme elle savait si bien le faire, la Juve va se battre jusqu’au bout, égaliser sur un but dégueulasse d’Amauri pour se qualifier dans les arrêts de jeu. On se fourvoyait façon grand soir. Que les joueurs de la Juventus n’y soient pas parvenus est déjà surprenant mais bon, ce sont des choses qui arrivent. En revanche, qu’ils ne donnent pas l’impression de le vouloir est autrement plus intriguant. Donc révélateur. Car, au fond, les joueurs ne voulaient pas se qualifier. Ils ne l’admettront bien entendu jamais et pour cause, ils ne savent sans doute même pas qu’au fond d’eux-mêmes, ils avaient compris. Compris que leur Juve n’est pas encore prête. Que ce n’était pas la peine d’aller plus loin. Qu’elle se serait faite éliminer en huitièmes, voire humilier. Que ce n’était pas la peine de lui infliger ça. Surtout, qu’il était vulgaire de continuer à vouloir tromper son monde. Depuis Moggi, la Juve ne saurait être malhonnête. Car le rat ne l’a pas seulement trahie, il l’a voulue autre. Sa Juve n’était pas la Juve ; il ne s’agit pas de gagner à tout prix, mais de tout faire pour. Aucune obligation de résultats, mais obligation de moyens, tel est le style maison. Aussi la Juve résignée qui s’est faite souiller par le Bayern n’était pas la vraie non plus. Mais elle ne voulait tellement pas d’une qualification injuste qu’elle a préféré se faire battre à plates coutures. Aujourd’hui, pendules remises à l’heure, elle a tout son temps pour se retrouver reversée dans la nouvelle UEFA. La Champion’s peut bien attendre.

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