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Antoine Griezmann, roi sans couronne

Par Enzo Leanni
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Antoine Griezmann, roi sans couronne

L’Atlético a remporté ses plus beaux trophées sans Antoine Griezmann, un comble pour le plus grand joueur de l’histoire du club. Mardi, face à Arsenal, il a disputé son dernier match de Ligue des champions avec les Colchoneros sans peser sur le sort de la rencontre comme il a pu le faire par le passé. Qu’importe, il reste une légende. Et sans C1 au palmarès, c’est presque encore plus fort.

Cette fois, c’est acté : Antoine Griezmann ne remportera jamais la Ligue des champions. Quand on évoquera son nom, le Français sera associé à Zlatan Ibrahimović, Ronaldo « Fenomeno », Diego Maradona ou Gianluigi Buffon dans l’équipe type des légendes qui n’ont jamais soulevé la coupe aux grandes oreilles. Troisième joueur sans titre le plus capé de la compétition (120 matchs, contre 124 pour le Suédois et l’Italien), 19e meilleur buteur avec 45 réalisations, une finale perdue et de nombreux moments forts, il peut largement prétendre à sa place dans ce onze.

Sourire enfantin et mue en défenseur

L’histoire avait pourtant commencé de la meilleure des manières. En août 2013, Gerland découvrait, lors des barrages européens, un attaquant frêle au sourire éclatant et au goût déjà prononcé pour les coupes de cheveux extravagantes. Le natif de Mâcon aurait pu porter le maillot de l’OL pendant son adolescence, mais c’est avec celui de la Real Sociedad qu’il a posé sa première empreinte sur la C1 d’un ciseau acrobatique parfait. « La Ligue des champions, c’est la petite musique. Je me suis souvent imaginé en train de la jouer en la regardant à la télé. Je me souviens d’avoir assisté au huitième de finale entre Lyon et la Real Sociedad (en 2004), juste avant de signer ici. Jamais je n’aurais pensé jouer à Saint-Sébastien à ce moment-là. Ce serait merveilleux d’y arriver avec mon club formateur. J’en rêve », jubilait-il quelques semaines avant auprès de Sud-Ouest.

La Ligue des champions, c’est la petite musique. Je me suis souvent imaginé en train de la jouer en la regardant à la télé.

Antoine Griezmann, en 2013

Celui que la France entière a ensuite adoré connaît désormais cette petite musique par cœur. Durant treize saisons (dont dix à l’Atlético de Madrid), Grizou a baladé son sourire angélique aux quatre coins de l’Europe, l’accompagnant bien souvent de célébrations loufoques. Au fil des ans, l’attaquant a reculé, s’est adapté au style de jeu de son mentor Diego Simeone, au point de terminer son histoire avec la Ligue des champions par davantage de gestes de défenseur que de buteur. Ses gestes de classe ont été plus rares ces derniers mois – on retiendra sa belle talonnade décisive contre Tottenham –, mais cette évolution dit beaucoup du joueur qu’il a été tout au long de sa carrière : au service des autres.

Des larmes, beaucoup de larmes

Ça ne l’a pas empêché de briller pour autant. Au moment de faire le bilan, il est impossible de passer à côté de son exercice 2015-2016. Sept buts et une passe décisive sur la scène continentale qui le font passer dans une autre dimension, juste avant d’exploser le plafond avec les Bleus. En plus d’une première touche toujours soyeuse et d’une vista au-dessus de la moyenne, Griezmann a appris à l’Europe qu’il était bien plus complet, notamment avec un jeu de tête mettant le Barça de la MSN à terre. Le mois suivant, c’est le Bayern de Guardiola qui bouffait la poussière après un contre made in Atlético conclu par le Français.

Dernière nuit à Milan.
Dernière nuit à Milan.

Cette édition exceptionnelle se terminait dans les larmes. Comme souvent avec lui. Au terme d’une finale face au Real dans laquelle il n’a pas vraiment pesé et a même raté un penalty fatal, Grizou était inconsolable. L’image de ses yeux bleus embués crève le cœur à chaque fois. « Ce n’est pas quelque chose à quoi je pense tous les jours, mais chaque fois que nous parlons de la Ligue des champions avec des amis ou des coéquipiers, ce moment revient toujours, 2016, le penalty », confiait Griezmann à l’UEFA. Depuis son retour à Madrid, après un passage raté au Barça marqué par la gifle 2-8 contre le Bayern, il n’a pas remporté le moindre trophée, se cassant récemment les dents en finale de la Coupe du Roi, encore aux tirs au but, a connu plus d’échecs que de réussites, mais laisse une trace qui va bien au-delà des chiffres bruts. Pour sa dernière sortie européenne avec les Colchoneros, le meilleur buteur de l’histoire du club s’est avancé vers le parcage de l’Emirates Stadium et n’a évidemment pas pu retenir ses larmes. Son image de loser magnifique va forcément lui coller à la peau. Mais avec R9, Zlatan et Maradona, ça en jette quand même.

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Par Enzo Leanni

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