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Un homme, un stade : Louis II

Souvent, derrière le nom d’un stade, se trouve celui d’un homme. Une figure éminente de la ville, du club ou, plus simplement, d’une Principauté. C’est le cas à Monaco avec Louis II, ancien Prince de la ville et garçon qui n’a pas fait que des bonnes choses durant la guerre 39-45.

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Hasard ou pas, l’AS Monaco a obtenu son statut professionnel en 1948. Moins d’un an plus tard, celui qui va donner son nom au stade, Louis II de Monaco, casse sa pipe. En gros, Louis II n’a jamais vu de match au Louis-II. Ni même de matchs professionnels du club de la Principauté. Le destin est coquin. Comme toujours sur le caillou doré du sud-est de la France, tout est une question de dynastie. Louis II voit le jour en 1870 à Baden-Baden, à l’époque titulaire dans le grand-duché de Bade. Il est l’héritier du prince régnant Albert Ier et de la princesse Marie, de son vrai nom Lady Mary Victoria Hamilton. Comme les parents se séparent rapidement, le jeune Louis ne fait la connaissance de son paternel qu’à l’âge de dix ans. Dans la foulée, sa mère se lie d’amour avec le comte hongrois Festetics Taszilo. Tout petit déjà, le monarque s’offre un aperçu des joutes européennes. Adulte, il porte la moustache et suit un centre de formation classique pour l’époque : Saint-Cyr (promotion du Soudan), stage à Saumur puis les premiers mercatos : 1er régiment de la Légion étrangère, 2e régiment de chasseurs d’Afrique avant de quitter l’armée avec un grade de lieutenant et un beau palmarès : médaille coloniale et la croix de chevalier de la Légion d’honneur. Même s’il revient chez lui, à Monaco, il s’engage dans l’armée française durant la guerre 14-18, il est d’ailleurs de la bataille de la Marne et brille au Chemin des Dames. Moralité, il gonfle encore son armoire à trophées avec la croix de guerre des théâtres des opérations extérieures et un grade de colonel en 1921. Finalement, il raccroche les crampons en 1922 et s’installe dans le fauteuil de son père, Albert Ier. Dans les ruelles de Monte-Carlo, on l’appelle le « prince soldat » . Jusqu’ici, tout va bien. Le parcours est brillant. Mais le prince se fait une petite frayeur quand l’Italie débarque dans le coin en 1940, Louis II ne sait plus où donner de la tête et va, comme beaucoup, s’allier avec l’occupant. Ou, plutôt, les occupants.

L’étrange neutralité de Monaco


Pris entre l’Allemagne nazie et Mussolini, la Principauté fait ce qu’elle peut. Son statut de paradis fiscal intéresse beaucoup de monde durant cette période. Finalement, des lois antijuives sont proclamées dans le bulletin officiel de la Principauté, la période noire débute sous le soleil azuréen... Pour être bien vu de Berlin, Louis II nomme comme consul général de Monaco en Allemagne le docteur Bernhard Bodenstein, membre du parti nazi. Dans ce qu’on appellera bizarrement la « neutralité monégasque » , le Rocher sert de plateforme du trafic, marché noir et fraude fiscale pour ceux qui profitent de la guerre et, bien entendu, pour le IIIe Reich. Car en 1937, les caisses de la Principauté sont vides. Elles seront pleines à la fin de la guerre... « J'ai assisté impuissant à l'évolution des événements sans jamais m'y associer et sans jamais pouvoir les combattre » , dira le prince Rainier, succédant à Louis II, en 1949. Une manière de revenir sur un tabou que le Rocher va mettre très longtemps à briser. Ce n’est qu’en août 2015 que le prince Albert présentera ses excuses pour le rôle de la Principauté durant la Seconde Guerre mondiale : « Le dire aujourd'hui, c'est reconnaître un fait. Le dire aujourd'hui, devant vous, c'est demander pardon. » Aux côtés de Serge et Beate Klarsfeld, de célèbres chasseurs de nazis, Albert II dévoile un monument sur lequel sont inscrits les noms de juifs déportés depuis Monaco. Pour beaucoup, l’histoire de Monaco commence en 1949. C’est un peu à la même époque que l’ASM s’émancipe de son statut d’amateur dans le football. Le premier stade, qui prendra le nom de Louis-II donc, est en bord de mer, bordé par le zoo de Fontvieille d’un côté et par la Méditerranée de l’autre. De temps en temps, le ballon termine à la flotte. L’enceinte fait 13 000 places et a servi de caserne aux Italiens et aux Allemands durant la guerre. Des chars ont même foulé la pelouse. L’ancien Louis-II sera en service jusqu’en 1985 avant de déménager sur le site actuel, un peu plus loin, pour un stade multifonctions de 18 000 places. Là, face aux sièges jaunes mythiques, une piste d’athlétisme. Et sous la pelouse : une piscine, une salle d’escrime et une salle de basket cohabitent face à la mer.

Comment aurait pu s’appeler le stade Louis-II


  • Le stade Delio Onnis : argentin, efficace, historique, élégant. Bref, un résumé de la vie du club dans son meilleur buteur.

  • Le stade Stéphanie de Monaco : l’endroit idéal pour emporter les adversaires. Comme un ouragan.

  • Le stade « 8-3 » : d’aucuns y verraient une référence ratée à une roteuse, alors qu’il s’agit d’un clin d’œil à la folle épopée de 2004. Quelque part, une tribune d’honneur est réservée à Javier Irureta, l’entraîneur du Dépor qui en a pris huit...

  • Le stade Grace Kelly : l’Américaine devenue princesse est à l’origine de la diagonale sur le maillot de l’ASM. Un stade à son nom, elle qui a rendu la Principauté si glamour, serait la moindre des choses.


  • Le stade Booba : dans l’ancien Louis-II, le stade était situé à côté du zoo de Fontvieille. La légende raconte que l’éléphant du zoo barrissait quand les joueurs de l’ASM marquaient. Son nom ? Booba.




    Par Mathieu Faure
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