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La Premier League rend-elle les gardiens nuls ?

Le dribble raté d'Artur Boruc, les relances manquées d'Hugo Lloris, le déclin de Joe Hart. Depuis le début de saison, les gardiens de Premier League nous offrent un spectacle dont ils sont les seuls à détenir le secret. De quoi se demander si finalement, le championnat anglais n'aurait pas sa part de responsabilité dans les performances parfois ridicules de ces derniers remparts.

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Il existe outre-Manche un mal indicible. Un mal qui frappe sans vergogne une catégorie de footballeurs au rôle pourtant décisif. Un mal qui, s’il provoque parfois la colère des supporters et entraîneurs, n’en est pas moins bénéfique pour les amateurs de vidéos YouTube. Un mal qui sévit presque chaque week-end, précipitant le déclin ou la mise au banc de ses victimes. Ce mal, c’est celui des gardiens de but.

Qu’ils soient anglais ou étrangers, les derniers remparts de Premier League semblent tous y être soumis, sans distinction. Souvent brillants avant leur arrivée dans les jardins du Royaume, les portiers ayant tenté l’exil sur ces terres maudites déchantent presque immédiatement. Point de sorcellerie dans un pays pragmatique à souhait, mais un simple constat : garder les cages anglaises pousserait à la boulette. Cédric Berthelin, gardien français ayant notamment évolué du côté de Crystal Palace et aujourd’hui exilé en Belgique, n’est pas entièrement d’accord : « Il y a aussi le côté médiatique qui joue. Donc, dès qu’il y a une boulette, ça tourne en boucle sur le web.  » Un argument que corrobore Christophe Lollichon, entraîneur des gardiens de Chelsea : «  Les gardiens étrangers en font, ceux de Premier League aussi. Dès qu’on en voit une, on la montre. Dans L'Équipe du Dimanche, on se plaît toujours à montrer la bourde du gardien anglais. C’est devenu un immanquable du foot. »

La taille, un préalable indispensable

L’acharnement médiatique suffirait-il pour autant à justifier ce festival hebdomadaire auquel les gardiens évoluant outre-Manche nous ont habitués ? Honnête, Christophe Lollichon admet que la formation des gardiens anglais est également à remettre en cause : «  C’est vrai, les gardiens anglais sont un peu bruts de pomme. En Angleterre, il n’y a pas la culture du poste. Du coup, la formation est trop grossière. Le pire dans tout ça, c’est que certains gardiens étrangers commencent à se fondre dans le moule anglais.  » Ciel non, Hugo Lloris risquerait-il donc de muter en un vilain mix de Roy Caroll (éphémère gardien de United aujourd’hui exilé en Grèce) et Artur Boruc ? Lollichon rassure : «  Non, Hugo a la chance d’avoir un bon entraîneur des gardiens (ndlr : Tony Parks) et puis c’est un mec intelligent, il observe. Il n’est pas grand, mais il a une grande vitesse de réaction, de course et de décision. Il a su adapter son jeu et c’est cela qui lui permet de s’imposer dans le jeu aérien. Il a encore une marge, mais c’est un bosseur. »

Pourtant, Lloris n’est pas totalement hors de danger. Car, en Angleterre, il n’y a pas de secret et bien souvent, les gardiens qui parviennent à s’imposer dans la durée le doivent aux centimètres allongés sous la toise. Barthez (183cm), Lukas Fabiansky (185cm), Jerzy Dudek (187cm) sont ainsi devenus au fil du temps autant d’exemples d’échecs retentissants, la faute à des géniteurs trop capricieux. Qu’ils soient confirmés ou annoncés comme de futurs grands en arrivant dans le Royaume, ils n’ont finalement jamais pu s’imposer au plus haut niveau. Pour Berthelin, il ne fait aucun doute que la taille est un pré-requis indispensable : «  Il y a un engagement physique hors du commun. C’est pour ça qu’il faut des gardiens de 100kg et de 2 mètres.  » Et de fait, Čech (196cm), Schmeichel (193cm) ou Van der Sar (199cm) appartiennent, sans aucun doute, à la catégorie des plus grands gardiens de la Premier League. Pour Lollichon, ce critère est même devenu primordial pour espérer percer en Angleterre : «  Je ne détiens pas la vérité absolue, mais pour moi, un grand gardien mesure minimum 193cm. Bien sûr, cela ne fait pas tout. L’explosivité et l’intelligence sont les deux autres facteurs essentiels. »

En Premier League, ça canarde

Centimètres, explosivité et intelligence appartiendraient donc au lexique de base de tout bon gardien de Premier League. Et si les deux premiers sont des facteurs qui sautent aux yeux, le troisième est plus subtil pour Lollichon : «  L’intelligence, c’est le jeu de position. Un gardien doit avant tout être un aiguilleur du ciel. Beaucoup font de superbes arrêts sur leur ligne et sont de très bons gardiens de but, mais n’anticipent pas, n’ont pas de lecture ni de vision de jeu. Un vrai gardien de but communique avec sa défense. L’objectif, c’est d’influencer l’adversaire et de pouvoir anticiper pour agrandir le champ d’intervention du gardien.  » Car si un portier de Ligue 1 est parfois réduit au service minimum, chaque match de championnat anglais offre son lot de boulot au gardien du temple. Fabien Barthez s’en est rendu compte bien assez vite, comme il le confiait à So Foot en juin 2003 : «  Ici (ndlr : à Manchester) j’ai beaucoup de ballons à jouer, c’est clair… C’est pas trop comme en France où dans certains matchs je ne touchais pas trop le ballon. Là, ça arrive tout le temps, dans le vrai style anglais. Des grands ballons devant où il ne faut pas se louper. (…) Je touche au moins quarante ballons au pied par match, c’est dingue. Dix fois plus qu’à Monaco. Heureusement, les gars me le mettent sur le bon pied… »


Surprenant quand on sait qu’à l’époque, le Fab se coltinait parfois Mickaël Sylvestre et John O’Shea en pare-chocs… Il n’empêche que le divin chauve témoigne d’un fait. En Angleterre, ça canarde sévère et de partout. Même en Championship, où Berthelin a traîné sa carcasse (194cm) durant un peu plus d'une saison : «  Ce sont des attaquants plus roublards, mais il se passe toujours quelque chose. Je n’ai jamais connu un match comme ça en France ou en Belgique, où l’on ne touche qu’un ballon par match.  » Plus d’intensité, plus de pressing, l’Angleterre n’est pas pour rien le pays où l’on tire le plus au but. Assez logiquement, cela en fait également le championnat le plus difficile pour les gardiens. La faute à une culture footballistique différente selon Lollichon : «  Il y a une agressivité, un engagement que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, ça se voit dans les surfaces de réparation où les gardiens se font défoncer sans que l’on ne dise rien. En France, on siffle dès qu’on les touche. Après, il y a la qualité des centres et du jeu de tête en Angleterre qui est plus important. Enfin, il y a ce pressing très fort effectué sur le gardien. La preuve avec le but marqué par Giroud il y a quelques jours. »

Ils en redemandent

Pourtant, neuf ans après avoir quitté l’île, Cédric Berthelin garde un souvenir impérissable de son expérience : «  C’était magnifique. Quand j’en parle, j’ai encore des étoiles dans les yeux. » La preuve, s’il en fallait une, que même malmenés, les gardiens vivent en Angleterre une expérience unique.

Par Martin Grimberghs et Raphael Gaftarnik
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