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L'Argentine ou la mauvaise réputation

À quoi jouent les Argentins ? Cette équipe peut-elle vraiment battre l'Allemagne ? Ils ont Messi, certes. Mais ils ne séduisent personne. L'Argentine a beau chanter, elle aura toujours mauvaise réputation.

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Ils ne vous regardent pas quand vous leur adressez la parole. Ils ne font aucun effort quand il s'agit de libérer une place, une chaise, un banc. Sur le visage, ils arborent toujours une ou deux cicatrices et cette façon d'être sûrs d'eux-mêmes. Ils sont souvent entourés d'autres qui leur ressemblent beaucoup. Pendant une Coupe du monde, aucun d'eux ne porte d'autre couleur que le bleu ciel et le blanc. Accrochées à leurs bras, quelques brunes aux cheveux élégamment bouclés n'accordent absolument aucun regard à l'étranger. Si vous êtes distraits et occupés à commander un verre, elles peuvent à tout moment attraper votre siège laissé vide un instant, y installer tous leurs outils cabalistiques : sacs à main, mystérieux tissus transportés jusqu'ici, carnets ouverts, thermos de maté. Si vous êtes encore plus inattentif, vos lunettes, votre téléphone ou même votre verre pourraient changer de propriétaire en un éclair. Assis à côté d'eux, vous les entendrez brailler « He Cheeee, el enano va frotar la laaaampara y volvereeeeemos... (tu vas voir, le nain va frotter la lampe et nous reviendrons...) » Leurs compagnes vêtues elles aussi de bleu et blanc évoqueront un autre « Chiquiiiito Romeeeero las va a parar toooodas para su chiquiiiita... (le petit Romero va tout arrêter pour sa petite) » Les gamins qui traîneraient par là dans leur maillot coq sportif flanqué du numéro 10 se mettraient ensuite à chanter, comme leurs pères avant eux « Volveremos, volveremos, volveremos otra vez, volveremos a ser campeones, como en el 86... »

Che Gevara, Evita, Gardel et Maradona


Si l'Argentine a si mauvaise réputation en Amérique latine c'est parce qu'elle parle de ses voisins en disant « eux, les Sud-Américains » comme s'ils vivaient encore à des milliers de kilomètres de là, comme si leurs parents, leurs grands-parents, leurs arrière-grands-parents n'avaient jamais dû quitter l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne ou la France en quête d'une vie meilleure. C'était le temps où l'Argentine prêtait de l'argent à l'Europe, où les États-Unis n'étaient pas grand-chose et le pays au bord du Rio de la Plata ressemblait à un Nouveau Monde où il faisait bon s'exiler et rêver un grand coup. C'était le temps où Gardel chantait, où le Che n'était encore qu'un gamin de Rosario, où Maradona n'existait pas, Di Stéfano venait de naître. C'était le temps où l'Argentine était encore joyeuse, juste avant que l'avion de Gardel ne s'écrase à Medellin (en 1935) juste avant que le tango ne soit changé en tristesse et le football en mélancolie. Parler de la grandeur en argentin, c'est toujours parler au passé révolu, c'est évoquer un temps qui n'existe plus, mais qui reviendra peut-être. Parce que l'Argentine n'est plus rien, elle vous condamne inexorablement à la mort héroïque, c'est-à-dire à l'éternité « il y a peu de temps, raconte Valdano, j'étais à Bariloche en Argentine et j'ai vu un drapeau où il y avait à la fois Che Gevara, Evita, Gardel et Maradona. Bien sûr, si vous êtes déjà mort, vous sortez indemne de tout cela. Mais être un mythe vivant est ce qu'il y a de plus inconfortable. » Ce soir, 28 ans après Maradona, Messi peut se faire une place aux côtés de tous ces (presque) morts mythiques. Et vingt-huit ans, c'est beaucoup quand on est né nostalgique.

40 millions de poètes


En fait, en y réfléchissant bien, le seul talent véritablement argentin n'est pas sur la pelouse. Il est dans les mots. Plutôt que de changer le réel, les Argentins ont décidé de changer les mots. Ce qui les rend irrésistibles, c'est ce don de la métaphore pour rien. Exemple. Pour Menotti, la blessure de Neymar pendant son Mondial, c'était « comme si le fiancé n'était pas apparu à la messe pour son mariage » . Ils parlent de football comme ils parleraient de la vie, de l'histoire ou de Borges. Messi n'est pas un poète, certes. Mais le « pueblo futbolero » (comme l'appelle Sabella), lui, l'est. Après tout, Lio est bien de Rosario comme El Negro Fontanarrosa, le plus grand des poètes futboleros argentins. Quand il écrivit ses célèbres contes (Puro Fútbol) où il rédigeait les mémoires d'un ailier droit, décrivait les larmes du buteur, expliquait ce que c'était que de mourir le jour d'un derby Rosario Central-Newell's (El Viejo Casal), il anticipait en fait ce qui allait arriver ce soir. C'est à ce conte qui s'appelait Monito, du nom de ce petit gaucher imaginaire de Rosario, qu'ils penseront tous quand La Pulga s'approchera du but allemand : « Là, sur cette demi-lune, que certains appellent l'empanada, c'est là qu'on oublie tout, sa fiancée, son premier amour, tout ce qu'on a appris à l'école, la Vieille qui criait, "Viens je t'emmène", dit El Monito à son âme sœur. Et il entra dans la surface, la ballon à ses ordres. Je ne sais plus si il y eut un ou quatre petits ponts. Il feinta de la hanche, mit le pied sur le cuir, on crut un moment qu'il allait frapper, mais alors surgirent deux autres sur lui, le libéro apparut et ferma la porte. Mais El Monito la tenait accrochée au pied. (...) Il se retrouva seul devant le gardien et la glissa dans un coin, comme une gifle. Mais pas d'un coup mordant, comme un reproche, non, plutôt comme une bourrade cordiale, celle qui te soutient, cette tape dans le dos qu'on donne à un copain à qui on dit "Vas-y toi, je te regarde." Et le ballon rentra sans demander la permission. »

Une finale, finale


Alors non, ils ne peuvent pas l'aider à mieux jouer - ils ne sont que des humains après tout - mais ils l'aideront à mieux parler, à sublimer son talent technique d'une ou deux métaphores fleuries, élevant ainsi l'art du crochet gauche à celui de l'allitération. Au pire les Argentins jouent, au mieux ils parlent. Ce soir, ils vont donc l'aimer, Lio, l'aimer pour ne pas qu'il reparte, l'aimer pour ne pas qu'il les abandonne à nouveau, pour qu'il reste dans leurs têtes pour toujours. « El jefecito » , comme ils surnomment Javier Mascherano, est chargé de veiller pour eux sur le mythe. Il n'est pas qu'une simple sentinelle devant une défense, Masche est surtout le narrateur officiel de l'œuvre héroïque de son capitaine. Il croit à Lio comme on croirait au génie enfermé dans une lampe à huile. « J'espère que Léo le fera » pria-t-il cette semaine. La manière dont l'Argentine a jeté sa destinée dans les pieds de son petit gaucher a quelque chose de terrifiant pour lui, mais de bouleversant pour tous les autres. Masche encore : « Leo a démarré le moteur de cette équipe grâce à ses premiers matchs et puis ensuite s'est adapté à ce dont le groupe avait besoin. Durant certains matchs, il a dû se sacrifier beaucoup, plus même que ce que nous aurions voulu, mais il l'a fait pour le bien de tous. J'espère vraiment que dimanche, nous pourrons nous aussi l'aider un peu plus encore que lui nous aide. » Ce soir, c'est une « finale, finale » comme dirait Fontanarrosa. Lio doit apparaître et l'Argentine ressusciter. C'est le prix de la mauvaise réputation, « hijo de mil putas » .

Par Thibaud Leplat
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PauletaSusicGaucho Niveau : Ligue 1
Je sais pas d'où sort cette histoire de mauvaise réputation, alors bon, j'espère qu'il y a beaucoup de second degré dans la description des Argentins. Parce qu'ils sont franchement adorables, comme beaucoup de Sud-Américain.

Et au niveau mauvaise réputation, je pense qu'on doit être sur le podium, avec les Chinois et les Russes.
Putain, c'te gueule Messi sur la photo...
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
À quoi jouent les Argentins ?


Au rugby. Gros impact défensif, renvoi direct dans les 22 adverses dès qu'on est mis sous pression. Et une fois la ligne médiane franchie, on cherche la pénalité pour un drop de Messi. Tant que Mascherano tient bien son pack d'avants, ça devrait bien se passer. Malouines 2003.


Cette équipe peut-elle vraiment battre l'Allemagne ?


Non. Mais heureusement, y'a pas besoin de gagner pour être champion du monde. Cf. la 1/2 finale, et un peu aussi les matches contre l'Iran et la Suisse.
Sidney G'Ovule Niveau : Loisir
Message posté par PauletaSusicGaucho
Je sais pas d'où sort cette histoire de mauvaise réputation, alors bon, j'espère qu'il y a beaucoup de second degré dans la description des Argentins. Parce qu'ils sont franchement adorables, comme beaucoup de Sud-Américain.


T'en reviens non? T'étais où? (j'avais fait un stage à Buenos Aires en 2009)

Ça me ferait bien marrer que les allemands se fassent mettre proprement après avoir foutu un 7-1 en demi-finales.
rockin'squat Niveau : DHR
Moi je dis que pour une fois que l'Argentine joue un football sale, vu le nombre de fois où ils nous ont enchanté par le passé on peut ne pas leur tenir rigueur pour cette coupe du monde.

A contrario nos amis Allemands à l'époque jouaient un football dégueulasse et on les encensait pour leur rigueur défensive, leur capacité à toujours gagner à la fin quelque soit la manière.

Tout ceci est inversé alors soyons un peu tolérant avec nos potos argentins.
Message posté par PauletaSusicGaucho
Je sais pas d'où sort cette histoire de mauvaise réputation, alors bon, j'espère qu'il y a beaucoup de second degré dans la description des Argentins. Parce qu'ils sont franchement adorables, comme beaucoup de Sud-Américain.

Et au niveau mauvaise réputation, je pense qu'on doit être sur le podium, avec les Chinois et les Russes.


C'est bien vrai, j'y suis allé et je les ai trouvé hyper accueillant et souriant, bref on ferai mieux de se regarder dans la glace....j'espère qu'ils vont plumer l'aigle ce soir.
rockin'squat Niveau : DHR
Message posté par Sidney G'Ovule


T'en reviens non? T'étais où? (j'avais fait un stage à Buenos Aires en 2009)

Ça me ferait bien marrer que les allemands se fassent mettre proprement après avoir foutu un 7-1 en demi-finales.


Grave, voir les argentins triompher au Brésil en plus ce serait tellement magnifique pour ce peuple...

Ceci dit ce sera dur dur qd même.
herméneutique Niveau : Loisir
Cet article est très bon au contraire et insiste avec raison sur la tempérament odieux des Argentins. je connais très bien ce pays car j'y ai vécu et parle parfaitement espagnol.
C'est un des peuples les plus ineptes, indifférents, irrationnels, médiocres et peu fiables qui soient, sans doute avec les Roumains....
Et comme le souligne l'article, ils sont en effet parfaitement voyous et voleurs. il est rarissime de pouvoir faire confiance à un Argentin. Même ceux qui ne pensent pas à mal, sont tellement imprégnés par leur environnement où rien de sérieux n'existe, qu'ils oublient tout simplement leur parole, dans une inconséquence totalement terrifiante pour un Occidental.
Un désastre absolu !
La proportion totalement exagérée qu'y prend le football est d'ailleurs très symptomatique de l'irrationalité fondamentale de leur culture !
Remettre la destinée d'un peuple à une équipe de joueurs de football en dit quand même long sur cette façon de s'en remettre à des suites d'événements qui sont tout sauf rationnels, et qui dévoilent donc une incapacité à construire par la planification quoi que ce soit de fiable et de durable. Tous ceux qui ont essayé de travailler ou de fonder quelque chose dans ce pays le savent ! C'est une horreur absolue (et c'est d'ailleurs pour cela qu'ils parviennent à conserver une certaine inviolabilité de leur périmètre : ils sont si épuisants à vivre que tout le monde s'y use. Mais pendant ce temps là, la misère y prospère !)
Sidney G'Ovule Niveau : Loisir
Message posté par herméneutique
Cet article est très bon au contraire et insiste avec raison sur la tempérament odieux des Argentins. je connais très bien ce pays car j'y ai vécu et parle parfaitement espagnol.
C'est un des peuples les plus ineptes, indifférents, irrationnels, médiocres et peu fiables qui soient, sans doute avec les Roumains...


Putain t'y vas fort! ^^
Ton post m'a donné le cancer herméneutique.
Dieudoquenelle Niveau : CFA
Argentins mauvaise réputation ?? Eh bein !! Y en a qui n'ont pas peur du ridicule !! Je te rappel que toute la description que tu fais de l'argentin on pourrait tranquillement la transposer sur les italiens, les corses, les européens de l'est, les maghrébins, les brésiliens, les indiens etc.... !! Ce côté un peu irrationnel, je menfoutiste ou en encore "médiocre" ou "peu fiable" comme tu le dis tu peux le mettre sur n'importe quel peuple que je viens de citer !! Ça n'en fait pas des peuples d'enc**** pour autant, aux contraire ils sont à l'image des argentins très accueillants !! Alors soit t'as eu une mauvaise expérience en argentine et t'es complètement débile de faire l'amalgame avec tous les argentins, soit t'es juste un raciste qui manifestement n'aime pas les argentins (oui pas besoin d'être anti noir ou anti arabe pour être raciste) !!
Tempérament odieux ... peuple médiocre ...

Les termes d'un mec qu'on a limite balancé à la mer pour lui dire de rentrer chez lui !

Je sais pas ce que tu cherchais à leur vendre, mais pour que tu reviennes avec ce genre d'impression, c'est qu'ils ont vraiment pas du aimer ...
je ne connais pas assez les argentins pour me permettre de porter un jugement péremptoire comme certains
je sais qu'ils ne sont pas tjr bien vus par leurs voisins (les rivalités trans frontalières sont les memes partout)

je sais qu'ils sont considérés comme les plus "européens" (blancheur de la peau d'une bonne majorité de la population, ascendances italiennes, allemandes etc)
et qu'ils sont sans doute moins "bankable" que les brésiliens festifs et métissés (j'abuse un peu exprès)

mais j'ai toujours été plutot fan de l'argentine depuis 86 et je me fous des clichés
plus ou moins proches de la vérité

et en effet en france on est pas forcément les mieux placés pour donner des leçons de savoir vivre à l'étranger
J'en connais un dont la femme pas très hérméneutique s'est faite tringler par un Argentin, relisez le message à la lumière de cette indication et vous comprendrez le concept de peuple usant, si épuisant à vivre, proportion totalement exagérée et (in)violabilité de périmètre... Il en a fait ses valises le con!
Il Ragno Nero Niveau : CFA2
Message posté par rockin'squat
Moi je dis que pour une fois que l'Argentine joue un football sale, vu le nombre de fois où ils nous ont enchanté par le passé on peut ne pas leur tenir rigueur pour cette coupe du monde.

A contrario nos amis Allemands à l'époque jouaient un football dégueulasse et on les encensait pour leur rigueur défensive, leur capacité à toujours gagner à la fin quelque soit la manière.

Tout ceci est inversé alors soyons un peu tolérant avec nos potos argentins.


Ben non.

Ca n'a pas été pardonné à la Hollande il y a 4 ans, le monde footballistique entier se masturbant sur l'Espagne.

Avec le summum, en double page dans l'Equipe le jour de la finale : "Pourquoi il faut supporter l'Espagne".

Et pourtant, les Pays-Bas étaient beaucoup plus séduisants que cette Argentine. Et l'Espagne, malgré son pressing dévastateur et son jeu de passes huilé, était beaucoup plus stérile que l'Allemagne...

Donc non, y'a pas de raison. On ne pardonnera pas à l'Argentine, surtout que, elle, elle avait les moyens de proposer une équipe joueuse. Suffisait de sélectionner les joueurs adéquats.....et d'un entraîneur ambitieux.
Quand ton pays connaît des crises économiques aussi graves que l'hyperinflation de la fin des années 80 ou la crise de 2001 avec le corralito, des mots comme "planification", "fiable", "durable" ne te parlent pas trop en fait.
J'ai moi aussi vécu quelque temps en Argentine, je parle aussi parfaitement l'espagnol, par contre on ne m'a rien volé et je n'ai rencontré que des gens charmants, avec beaucoup d'humour et très généreux malgré leurs petits moyens. Et j'ai aussi adoré pouvoir "vivre" des matches de football avec les Argentins.
Les argentins sont des "sore loser"
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