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Bale dans le creux de la vague

Toujours titulaire, mais jamais convaincant depuis son retour de blessure, Gareth Bale ne cesse d’alimenter les débats autour de son statut. Des critiques plus ou moins acerbes que ne connaît pourtant pas Zinédine Zidane, qui ne cesse de lui renouveler sa confiance. Jusqu’à quand ?

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L’Allianz Arena renvoie le Madridismo vers un heureux souvenir. Trois ans plus tôt, dans sa quête de Décima, le Real renverse la montagne bavaroise dans une demi-finale aujourd’hui passée à la postérité. Un succès 0-4 en forme de démonstration de force qui porte alors le sceau de Sergio Ramos, double buteur décisif, et de la BBC, qui n’en est qu'à quelques mois d’existence. Malgré ce manque d’expérience commune, le trio marketé par Florentino Pérez réalise sa plus solide prestation et conduit la Maison-Blanche vers la finale lisboète. « Nous ne devons pas subir une nouvelle fois les contres du Real  » , prévient aujourd’hui Philipp Lahm, qui souffre encore en se remémorant les exploits réalisés par un certain Gareth Bale. Que le capitaine du Bayern se rassure, la forme actuelle du Gallois est aux antipodes de celle affichée au printemps 2014. Incapable de retrouver son niveau à la suite de son opération de la cheville, il conserve tout de même du crédit auprès de Zinédine Zidane et devrait retrouver une place de titulaire dans son onze. Problème, cette confiance aveugle de l’entraîneur français pourrait conduire le champion d’Europe droit dans le mur.

« Un processus compliqué »


Le temps d’une entrée face à l’Espanyol, Gareth Bale rassure tout le peuple merengue. De retour sur les prés après une absence de deux mois et demi, il y va alors de son pion en seulement 20 minutes de jeu. Pourtant, loin de se soumettre à l’euphorie qui entoure son come-back, le Gallois tance ses supporters sitôt le coup de sifflet final : « Après une absence si longue, je vais avoir besoin de quelques matchs et de quelques semaines pour retrouver un bon niveau de forme et récupérer ma vitesse. C’est un processus compliqué. » À raison, donc, puisque 50 jours plus tard, l’ailier madrilène ne compte qu’une banderille de plus et, surtout, plonge le Santiago Bernabéu dans l’incertitude quant à son utilisation. Pour Zinédine Zidane, le doute n’est pas permis. Si bien que lors des neufs matchs qui suivent ce duel face aux Perruches barcelonaises, l’entraîneur français le titularise à six reprises pour une entrée en jeu. Le bilan, pour sa part, est loin d’être convaincant, comme en atteste la soufflante que lui sert l’antre madridista au moment de son remplacement lors du dernier derby de la capitale.


En soi, Gareth Bale ne fait que prendre le relais de ses comparses Cristiano Ronaldo et Karim Benzema, également dans le creux de la vague à d’autres périodes de la saison. Pour rappel, lorsqu'il se blesse à la cheville sur la pelouse du Sporting Portugal, le Gallois est l’homme en forme de l’attaque madrilène. A contrario, le Portugais vit alors un début d’exercice en forme de montagnes russes tandis que le Français, aujourd’hui leader incontesté, s’est longtemps retrouvé dans l’œil du cyclone. Dans ces deux cas de figure, Zinédine Zidane continue, contre vents et marées, d’aligner les deux hommes jusqu’à ce qu’ils retrouvent leur rythme de croisière. Un schéma qu’il répète donc avec le troisième acolyte de la BBC. C’est que, dans l’esprit du double Z, le niveau actuel de l’homme qui valait 100 millions d’euros peut à tout moment être rehaussé d’un coup de génie. Pourtant, les faits ne donnent pas raison au coach : quand la BBC inscrivait 64% des buts madrilènes en 2013/14, puis 67% en 2014/15 et 70% en 2015/16, elle n’en plante désormais que 39%, soit 52 des 131 de l’équipe...

Zidane, Ancelotti et les coups de pression de Pérez


À la vue de ces statistiques, les titularisations à répétition de Gareth Bale étonnent. D’autant plus que ses concurrents directs, d’Isco à Marco Asensio en passant par Lucas Vázquez, réussissent tous des campagnes bien plus intéressantes. L’une des raisons de ce paradoxe sportif est donc politique : Florentino Pérez veut qu’aucun de ses Galactiques 2.0, autrement dit les membres de la BBC, ne se retrouve sur le banc. Pour ce, et comme le démontre une enquête du très sérieux média El Diario, le président madridista avait créé un site indépendant, mais dédié et financé par le Real Madrid – diariobernabeu.com – pour alimenter sa propagande.


Entre autres, ce site aujourd’hui fermé ne cessait d’invectiver Carlo Ancelotti, récalcitrant à l’idée de titulariser le Gallois au moment de son arrivée, que ce soit à base d’articles infondés ou de questions déplacées lors des conférences de presse. Le tout selon les ordres du magnat du BTP espagnol, bien évidemment. Ces coups de pression se répètent encore aujourd’hui, sous d’autres formes, pour faire de la BBC le seul et unique trio offensif des Merengues. Reste à savoir jusqu’à quand Zinédine Zidane sera prêt à l’accepter.

Par Robin Delorme
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