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  • Etats-Unis/Mexique (1-1)

Première pour Klinsmann

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Première pour Klinsmann

Seize ans que les Etats-Unis n'avaient pas confié leur sélection à un étranger. En un mois, Jürgen Klinsmann n'a pas eu le temps de bouleverser les habitudes locales, mais sa volonté de rajeunir l'âge de sa troupe a payé face au Mexique (1-1).

Comme son voisin germanophone, Arnold Schwarzenegger, Jürgen Klinsmann a succombé aux charmes de la Californie et de l’Amérique. Installé depuis 1998 chez l’Oncle Sam, l’ex serial buteur s’est si bien fondu dans le décor hollywoodien qu’il vient de prendre les rênes de la sélection US en local, plutôt qu’en mercenaire étranger. Car s’il y a un pays où Klinsi ne se sent plus chez lui, ce serait plutôt l’Allemagne. Lors de son mandat de sélectionneur, le Californien de caricature, beau, riche, bien portant, et que l’on devinerait végétarien, rechigne à quitter le soleil de LA, mais est contraint de retourner vivre chez Mère Patrie pressé par son peuple d’en finir avec le télé-travail transatlantique.
Klinsmann a toutefois toujours un oeil qui traîne entre la Ruhr et Berlin. Pour sa première à la tête des Etats-Unis, il titularise ainsi Edson Bubble à la pointe de l’attaque. Ex des LA Galaxy, l’avant-centre aux sept sélections évolue au FC Inglostadt 04, obscur club de D2 allemande. Un mois après sa nomination, Klinsmann a assuré qu’il voulait faire pencher le jeu US vers l’avant : « Je suis attaquant, j’aime attaquer, prendre des risques (…), que l’on joue le Mexique, le Brésil, ou l’Argentine nous presserons ces équipes. » Le discours se veut ambitieux, la réalité encore autre.

Pour qui a suivi la Gold Cup des Etats-Unis, peu de différence entre la sélection de Klinsmann et celle de Bradley, dont le fils, Michael, a d’ailleurs été appelé par l’Allemand. Rome ne s’est pas faite en un jour, et les Etats-Unis ne peuvent se refaire en deux séances d’entraînement. La sélection étoilée ne peut toutefois avancer l’excuse du manque de rythme, la grande majorité des sélectionnés se trouvant au coeur de la saison de MLS, ou ayant déjà entamé le championnat mexicain. Titularisés, Michael Orozco, El Gringo Torres et Edgar Castillo, peuvent parler multi-cultiralisme avec leur nouveau sélectionneur. Nés aux Etats-Unis, les trois Chicanos évoluent respectivement à San Luis, Pachuca, et à l’America.

À Philadelphie, Klinsmann mise sur un 4-2-3-1 où seul Landon Donovan se distingue. Pour changer… Le Mexique, lui, sévèrement diminué par l’intersaison européenne, et l’absence de Javier Hernandez, prend rapidement la mesure de ses volontaires adversaires. Servi par Andres Guardado, toujours aussi percutant avec El Tri, Oribe Peralta, attaquant du Santos Laguna et le plus discuté des sélectionnés, ouvre la marque d’une reprise peu académique (0-1;17e). En première période, Memo Ochoa peut savourer son retour dans une arène taille XL, après ses débuts dans l’intimité de François-Coty samedi dernier. Pas une intervention à effectuer. Un début de soirée presque trop tranquille pour le Mexique.

Lors du deuxième acte, El Tri se démobilise, les changements le désorganise, et les Etats-Unis, pas du genre à renoncer, finissent par égaliser (1-1;73e). Esseulé au deuxième poteau, Robbie Rogers a bénéficié du travail de Brek Shea, jeune et talentueux milieu offensif du Dallas FC. Un but dont Klinsmann peut revendiquer une certaine paternité. Comme le basculement du jeu US vers l’avant, le renouvellement générationnel constitue l’autre priorité du champion du Monde 1990. Klinsi veut bousculer les positions établies, et faire grandir la jeunesse américaine. Brek Shea a 21 ans, Juan Agudelo, autre entrant, 18 printemps.

Depuis deux ans, les Etats-Unis n’ont plus battu leur grand rival de la CONCACAF. Inverser la tendance aurait constitué un signal fort pour la première de l’Allemand. Intenable, Landon Donovan, qui avait connu le coach allemand au Bayern Munich, s’est trouvé tout près à plusieurs reprises d’inscrire le deuxième but ricain. Robbie Rogers aussi, mais Gerardo Torrado le freinait par le maillot. L’arbitrage amical évite alors le rouge au Mexicain. Début de mission accomplie pour Klinsmann, même si la lune est encore loin.

Par Thomas Goubin, au Mexique

Les deux onze :

Etats-Unis : Tim Howard, Edgar Castillo, Carlos Bocanegra, Steve Cherundolo, Jermaine Jones, Michael Bradley, Michael Orozco, Kyle Beckerman, Landon Donovan, José Francisco ‘Gringo’ Torres, Edson Buddle.

Mexique : Guillermo Ochoa, Carlos Salcido, Héctor Moreno, Efraín Juárez, Rafael Márquez, Gerardo Torrado, Israel Castro, Sinha, Andrés Guardado, Pablo Barrera, Oribe Peralta.

Les buts :

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