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Lille, c’est Milan ou jamais

Par Dave Appadoo
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Lille, c’est Milan ou jamais

Ce soir (20h45) à San Siro, les Lillois jouent face à l’Inter ce qui ressemblent fort à leur dernière chance dans cette compétition.

Rudi Garcia savoure. Fin août, il posait sur la photo du forum annuel des entraîneurs aux côtés des Ferguson, Guardiola et autres, avant d’apprendre qu’il était nominé dans la liste des meilleurs coachs de l’année. Pas mal pour un mec qui avait été viré du LOSC à l’été 2009 avant d’être rattrapé par le col une semaine plus tard par le président Seydoux. A quoi tient parfois un destin… Mais l’heure n’est pas aux célébrations. Car c’est bien beau de grignoter des petits fours et tailler le bout de gras avec les meilleurs entraîneurs de la planète, encore faut-il faire ses preuves face à eux pour entrer dans la confrérie des cracks. Car pour l’heure, les champions de France sont en train de se rater dans les grandes largeurs. Une déception quand on se souvient le sentiment optimiste qui avait escorté le tirage au sort. Soyons clairs : ça devait être de la galette et certains avaient même carrément positionné Lille en favori devant celui qui n’est autre que l’avant-dernier champion d’Europe, l’Inter.

Ils étaient quelques-uns à voir des courbes se croiser entre la montée en puissance du club nordiste et le déclin évident des Nerazzurri. Simplement voilà, la Coupe d’Europe est un de ces terrains où les poncifs voisinent volontiers avec une certaine réalité. Par exemple quand on dit, accoudé sur le zinc, que les grandes équipes ne meurent jamais qui vient se heurter à ceux qui estiment que l’expérience n’est qu’un peigne pour les chauves. Il n’empêche, il y a quinze jours, on a vu la résurgence d’un film cent fois vu auparavant mais dont le dénouement est invariablement le même : une équipe française qui domine, fait le jeu, sans parvenir à conclure et une escouade italienne qui fait parler son ultra-réalisme sur quasiment sa seule occasion. Oui, les poncifs ont la vie dure mais, sans être à côté de la plaque, méritent d’être étayés.
Allez Rudi, un 4-2-3-1 bon dieu !
Car bien évidemment, il ne suffit pas de dire que Lille n’a pas eu de bol et l’Inter un pot de cocu pour expliquer ce qui s’est passé. Les Dogues ont, comme à leur habitude, bien tenu le ballon, beaucoup tenté mais trop rarement se sont mis dans des situations nettes de faire la différence. Face à une défense lombarde regroupée, la taille small de l’attaque lilloise n’était pas un atout pour reprendre les centres. De la même façon, le 4-3-3 concocté à domicile était une garantie de tenir la gonfle au milieu mais aussi une sérieuse hypothèque numéraire devant. Alors il va falloir innover car il vaut mieux ne pas trop espérer que Sneijder et ses potes, défaits chez eux par la Juve samedi dernier, tentent de régaler même devant leur public.

L’absence de Florent Balmont (ischios) est franchement préjudiciable (il faudra quand même un jour se demander pourquoi ce type est estampillé pour l’éternité « joueur de club » sans jamais soulever l’idée de l’équipe de France mais passons) mais elle peut obliger Garcia à troquer son système fétiche pour un 4-2-3-1 plus offensif, plus vertical, avec une doublette Pedretti-Mavuba à la récup’ et un trio Cole-Hazard-Payet pour soutenir Moussa Sow. C’est ambitieux et rien n’indique que Garcia osera ce pari. Et pourtant, on ne voit guère que cela pour bousculer une formation italienne bien trop contente de son sort actuel en C1 pour partir à l’abordage des buts de Landreau. Pourtant, c’est aussi par ce genre d’option audacieuse qu’un entraîneur peut faire la différence et rejoindre le gotha des grands techniciens. Plus sûrement qu’autour d’un buffet ou devant un appareil photo.

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Par Dave Appadoo

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