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L’Allemagne se mange le mur mexicain

Par Thomas Pitrel, au stade Loujniki
3' 3 minutes
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L’Allemagne se mange le mur mexicain

L’Allemagne s’est fait surprendre par le Mexique (1-0) pour son entrée dans le Mondial, ce dimanche à Moscou. Hirving Lozano a inscrit le but de la victoire en première mi-temps pour le Mexique. Pour la troisième édition de suite, le champion en titre n’est pas parvenu à gagner son premier match de Coupe du monde.

Allemagne 0-1 Mexique

But : Lozano (35e)

Si vous êtes un amateur de clichés sur les nationalités, il fallait regarder les tribunes et les abords du stade Loujniki, à Moscou, ce dimanche. D’un côté, des Allemands silencieux, bras croisés, faisant sagement la queue pour se ravitailler en bières sans alcool, un maillot flambant neuf de la Nationalmannschaft sur le dos. De l’autre, des Mexicains tout en sombrero, déguisés en bouteille de téquila ou de mezcal, ou même en tacos pour certains, venus carrément avec un groupe de mariachis pour les aider à reprendre en chœur l’un de leurs refrains favoris : « Ay ay ay ay, canta y no llores. » Si vous êtes un amateur de clichés sur les nationalités, en revanche, il ne fallait pas regarder la pelouse du stade Loujniki, ce dimanche. Car avec sa capacité à tenir le score, le Mexique a donné une leçon de fighting spirit à une Allemagne qui, à la fin, a perdu.

Dès le début de la rencontre, rythmée comme peu d’autres dans cette Coupe du monde, le ballon danse d’un but à l’autre. Actions construites et frappes de loin, il apparaît vite évident que le scénario de la dernière rencontre entre les deux équipes, remportée 4-1 par l’Allemagne l’an passé en Coupe des confédérations, ne risque pas de se reproduire. Le niveau est élevé et, si personne ne marque, c’est parce qu’il manque la même chose aux deux équipes : la lucidité dans les derniers mètres. Werner croise trop sa frappe (3e), Chicharito se perd dans la surface au lieu de frapper (18e) et les tentatives de loin de Herrera, Draxler, Kroos ou Layún sont toutes captées facilement par Neuer et Ochoa.

Le Mexique paie son mur

Il faudra attendre que tout soit exécuté avec rigueur et précision pour que ça rentre. Et, oui, cela viendra du Mexique. À la 35e, à la suite d’un une-deux astucieux au milieu de terrain, Chicharito lance Lozano en profondeur. L’attaquant du PSV Eindhoven crochète Özil, qui revenait à fond la caisse, et trompe Neuer au premier poteau. Particulièrement sereins après l’ouverture du score, les Mexicains construisent enfin ce mur cher à Donald Trump. Et les Allemands, pourtant spécialistes en la matière, ne parviennent pas à l’abattre. Le coup franc de Kroos est détourné sur la barre par Ochoa (38e), et les frappes de loin que sont obligés de tenter Plattenhardt, Kimmich ou Kroos en deuxième période n’inquiètent pas grand monde.

Pourtant noté comme arrière droit sur la feuille de match, Kimmich joue maintenant quasiment attaquant, et vient apporter son aide à l’effort offensif fourni par des Allemands qui jouent désormais face à une ligne de six Mexicains alignés en défense. Bientôt, Mario Gómez remplace Plattenhardt pour la dernière bataille, alors que les Mexicains se privent de bons bols d’air en foirant systématiquement la dernière passe sur leurs quelques contre-attaques (Chicharito à la 69e, notamment), ou en loupant le cadre comme Layún à la 82e. Mais ils n’auront finalement pas besoin de ce deuxième but. Comme l’Espagne en 2014 et l’Italie en 2010 (tous les deux éliminés au premier tour), l’Allemagne ne parvient pas à confirmer son statut de champion du monde en titre pour son entrée dans la compétition. Ce soir, dans les rues de Moscou, des milliers de Mexicains chanteront aux Allemands la même chanson : « Canta y no llores. » Chante et ne pleure pas.


Allemagne (4-2-3-1) : Neuer – Kimmich, Hummels, Boateng, Plattenhardt (Gómez, 80e) – Khedira (Reus, 60e), Kroos – Müller, Özil, Draxler – Werner. Sélectionneur : Joachim Löw.

Mexique (4-2-3-1) : Ochoa – Salcedo, Ayala, Moreno, Gallardo – Herrera, Guardado (Márquez, 73e) – Layún, Vela (Álvarez, 58e), Lozano (Jimenez, 66e) – Chicharito. Sélectionneur : Juan Carlos Osorio.

La torteria des Ochoa, une table de choix

Par Thomas Pitrel, au stade Loujniki

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