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Bleus : faire tourner, c'est pas gagné

Par Tom Binet
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Bleus : faire tourner, c'est pas gagné

Dans un match de préparation dont la priorité était de donner du rythme au plus grand nombre, l'équipe de France a plongé en seconde période face à la Côte d'Ivoire. Simple accident ou preuve que les seconds couteaux ne sont pas aussi aiguisés qu'espéré ?

« J’ai droit à dix changements, et je vais les faire. » Dès le retour des vestiaires, Didier Deschamps annonçait la couleur alors que N’Golo Kanté, Lucas Digne, Maxence Lacroix, Maghnes Akliouche et Jean-Philippe Mateta faisaient déjà leur apparition sur la pelouse de La Beaujoire. À ce moment-là, les Bleus semblaient bien mener leur barque et avaient pris le score à l’issue d’un premier acte de bonne facture. Mais ça, c’était avant que l’équipe ne soit bouleversée par les nombreuses rotations et ne perde tous ses repères. Au point que l’enseignement de la soirée se trouve peut-être là : et si en cette période de flambée des prix de l’essence, le réservoir n’était pas si plein que l’on a bien voulu le croire ?

Bande désorganisée

Quelques instants après ce premier revers en préparation depuis 2010 – un parallèle qui pourrait inquiéter – le discours était rodé : pas question de paniquer. Après tout, les Bleus ont perdu un match sans le moindre enjeu, si ce n’est de garder du rythme avant de monter dans l’avion. Et de se montrer, aussi, un peu. Une mission échouée dans des proportions plus ou moins larges par l’ensemble des entrants, de Maxence Lacroix à Maghnes Akliouche en passant par Malo Gusto ou Jean-Philippe Mateta. Pour tous ceux-là, ce fut bien compliqué dans un second acte comme un joyeux bazar qui a vu les vice-champions du monde changer de système au gré des allers et venues incessantes entre le banc et la pelouse.

Deschamps voulait voir tout le monde, et seuls Désiré Doué et Ousmane Dembélé (en plus de William Saliban forfait), n’ont pas levé leur fesses du banc parmi les joueurs de champ. Une cacophonie qui a fini par couler les Bleus, en même temps qu’elle rend la lecture des prestations individuelles d’autant plus difficile. « Les nombreux changements n’ont pas aidé, il y avait moins d’automatismes qu’avec les joueurs qui ont commencé, déroulait ainsi DD au micro de TF1. C’était important de répartir le temps de jeu. » Même son de cloche du côté de Lucas Hernandez, apparu peu après l’heure de jeu : « On est en préparation, l’équipe a beaucoup tourné. Il y a encore des choses à améliorer mais c’est le chemin à suivre pour débuter contre le Sénégal le 16 juin de la meilleure des façons. »

Panne d’essence ?

Il y a fort à parier que le turn-over sera moins flagrant dès lundi face à l’Irlande du nord, dans une gestion qui se rapprochera davantage de ce que Deschamps a en tête pour le début des hostilités. Si cette entrée en matière aurait pu (dû ?) donner quelques maux de crâne au sélectionneur et son staff, elle aura plutôt tendance à les confirmer dans des choix déjà plus ou moins établis. À quelques exceptions près, le onze de départ des Bleus face au Sénégal est connu. Mais dans un tournoi qui promet d’être long (huit matchs pour être sacrés) et exigeant (les participants au Mondial des clubs de l’an passé témoigneront des conditions climatiques), il apparaît difficile de coudre une troisième étoile à seulement douze ou treize.

Surtout lorsque l’on connaît la propension du patron à revoir ses plans en cours de route, comme il l’avait fait dès le deuxième match face au Pérou en 2018, par pur pragmatisme. Alors, qui sera le facteur X sorti du chapeau à la Blaise Matuidi ? Peut-être Rayan Cherki, a qui l’on avait refilé les clés du camtar à Nantes, en l’absence des Ivoiriens et dont l’association avec Michael Olise a plu à la Dèche : « Sur la qualité technique de ces deux joueurs, il n’y a pas de souci. Le fait qu’ils puissent permuter, ça permet d’être moins prévisible pour l’adversaire. Mais il y a d’autres joueurs qui vont venir pour amener encore d’autres solutions. » Hugo Ekitike, à qui le stade a rendu hommage à la 22e minute, aurait pu être l’une d’entre elles. Attention au prochain passage à la pompe.

Le show Rayan Cherki en interview d'après-match

Par Tom Binet

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