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Manu Koné, dans le bon wagon

Solide sans être excellent, rassurant sans être étincelant : la Coupe du monde de Manu Koné est efficace. Au point qu’il conserve sa place de titulaire en cas de retour d’Aurélien Tchouaméni ? À voir.
Sise à l’ouest du XVIe arrondissement, Boulogne-Billancourt est la première ville de banlieue parisienne à avoir accueilli le métro. Depuis 1934, la ligne 9 permet aux usagers d’aller travailler, à d’autres d’aller s’entraîner sur les terrains synthétiques boulonnais. Avant de se retrouver au Mondial cet été, Manu Koné, Marcus Thuram, Willy Semedo, Samuel Moutoussamy et Hannibal Mejbri ont tous les cinq porté le maillot de l’AC Boulogne-Billancourt en jeunes. Ce club a permis au premier de se débrouiller balle au pied, mais aussi à l’enfant de Villeneuve-la-Garenne de connaître « toutes les lignes de RER par cœur ». Et cet été, il en fait, des kilomètres.
Manu déconne pas
Dans l’histoire récente des Bleus, Manu Koné fait partie de ces jeunes joueurs vite installés en équipe de France. Le milieu de 25 ans y a débarqué en même temps que Michael Olise, juste après des JO 2024 où il avait lui aussi brillé. Une semaine après avoir signé à la Roma, il rayonnait déjà contre la Belgique, pour sa première titularisation avec les Bleus.
Kouadio Emmanuel Koné s’est donc imposé en peu de temps. Sa débauche d’énergie et sa fraîcheur ont rapidement tapé dans l’œil du staff de Didier Deschamps, qui en a fait son troisième homme au milieu de terrain, derrière le vice-capitaine Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot. Son été aux États-Unis est dans cette lignée : son pressing, notamment dans les fameuses premières secondes après la perte du ballon, son activité à la récupération et ses duels à la pelle sont salués. Contre le Maroc, c’est lui (derrière Désiré Doué) qui récupère le plus de ballons des Bleus (6).
Le meilleur joueur de l’équipe de France sur le contre-pressing.
Dans cette équipe de France en maîtrise depuis le début de l’été, l’ancien Toulousain endosse également un rôle dans la circulation du ballon, en pendant d’Adrien Rabiot, homme clef dans la maîtrise de l’équipe France. Ce double pivot donne entière satisfaction, entre couverture et récupérations hautes : contre le Maroc, c’est Manu Koné qui récupère la balle sur le premier but de Kylian Mbappé. Ainsi, l’absence d’Aurélien Tchouaméni depuis les huitièmes de finale contre le Paraguay n’est pour le moment pas préjudiciable.

Grégory Poirier, qui a entraîné le Red Star jusqu’à la fin de saison dernière, développe : « Je pense que c’est le meilleur joueur de l’équipe de France sur le contre-pressing. Il a des jambes, il aime défendre. Il y a des qualités défensives chez les autres milieux aussi, à savoir Kanté qui est capable de combler et de couvrir par sa solidarité, mais je crois vraiment que Koné est le plus fort dans la réactivité et le contre-effort à la perte. Il apporte sa qualité d’équilibre. »
Tchouaméni de retour ?
Aussi, en attendant l’Espagne et une plus forte adversité, Manu Koné s’est aussi montré sur le plan offensif. Avec le ballon, face au Paraguay notamment, l’ancien du Borussia Mönchengladbach est le joueur des Bleus qui a réalisé le plus de passes dans le dernier tiers. Il a transmis 17 ballons, quand Rabiot et Olise, dans un moins bon jour, sont à 7 par exemple. Derrière Mbappé, il est celui qui a le plus tenté sa chance de loin : il a effectué le premier tir du match (à la 23e minute seulement !) et sa tentative en début de seconde période aurait pu sortir plus rapidement les Bleus du traquenard. Cependant, il n’a tenté qu’une seule frappe contre le Maroc, match durant lequel l’absence de circuits de passes perceptibles face aux blocs bas donne à voir un joueur parfois plus tricoteur que casseur de ligne.
Aurélien Tchouaméni a repris l’entraînement collectif avec les Bleus. L’un des trois joueurs les plus utilisés par Álvaro Arbeloa au Real Madrid devrait retrouver sa place, conformément à son statut de cadre, qu’il a assuré au moment du deuil de Didier Deschamps. « Il nous a donné une mission. On veut le rendre le plus fier possible, » expliquait-il alors en conférence de presse. Pour s’en convaincre, le troisième but des Bleus face aux Suédois vient d’une de ses transmissions, dans sa capacité à casser des lignes face au jeu. Dans un autre registre que Manu Koné, ses transversales de quarterback pourraient être utiles si la France a moins le ballon contre l’Espagne. Didier Deschamps a le choix du roi. Il le sait depuis le 14 mai, quand il a donné sa liste pour le Mondial. C’était à Boulogne-Billancourt.
Philippe Diallo reste flou sur la date d'officialisation du futur sélectionneurPar Ulysse Llamas










































