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  2. // 5e journée
  3. // Nantes/Le Mans (2-0)

Nantes en patron

Troisième succès d’affilée pour des Nantais plus que jamais accrochés au podium de Ligue 2. Rien ne fut vraiment parfait dans ce succès face au voisin manceau, mais l’essentiel est ailleurs : cette saison, il faudra bien compter sur ces Canaris.

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Nantes/Le Mans: 2-0
Buts : Djordjevic (29e, 83e) pour Nantes.

C’est à croire que les miracles existent. En ce lundi 27 août, les milliers d’aficionados de la Beaujoire – pour une fois bien remplie, mais toujours aussi silencieuse – ont eu le droit à leur dose annuelle de manifestation divine. Avec ce probant triomphe face au voisin sarthois, les protégés d’un Michel Der Zakarian toujours aussi braillard enchaînent pour la première fois une série de trois victoires depuis le millésime 2009-2010. Autant dire, une éternité. Par là-même, les Canaris reprennent leur deuxième place sur un podium synonyme d’une Ligue 1 qu’ils devraient finir par accrocher en répétant de telles prestations. Pour la jeunesse mancelle, une petite dose d’engagement physique supplémentaire ne serait pas de trop. Sous peine de souffrir dans cette Ligue 2. Mais ça, les Nantais s’en carrent.

Djordjevic, ce récidiviste

Début de semaine oblige, ce derby des Pays de la Loire s’amorce sous des auspices des plus pépères. Un round d’observation lors duquel les deux fanions se tutoient dix minutes durant à base de passes en retrait ou de longs parpaings devant. Le temps pour ce diesel de Djordjevic de lancer sa grande carcasse aussi puissante que lente. À la neuvième minute, le Serbe, mèche au vent, est décalé en pleine surface. Passablement embêté par la nécessité de faire un choix, il gaspille une belle munition, mais obtient un corner. Sur ce dit corner, le local de l’étape Jordan Veretout lui délivre un premier caviar : son coup de casque s’écrase sur le montant du tout frais majeur Beunardeau. Un gros frisson parcourt un Denis Zanko qui va avoir le temps de s’en remettre. Comme le public nantais qui, un quart d’heure durant, assiste à un spectacle brouillon. À la limite du supportable pour les rétines ligériennes.

En bon samaritain et chauffeur d’aile gauche, Vincent Bessat fait étalage de son activité. Une belle récupération plus tard, son associé offensif qu’est Ismaël Bangoura se la joue Luka Modrić. D’un extérieur tout en caresse, il voit le très dynamique Filip Djordjevic attendre l’offrande. Partie remise, une nouvelle fois. Plus vraiment en odeur de sainteté sur les bords de l’Erdre, le Guinéen se montre des plus percutants pour garder son job. 120 secondes après la première étincelle, il assure un deuxième présent à son ailier Fabrice Pancrate – décidément, les anciens du 72 se sont délocalisés plus à l’Ouest – qui croise trop sa cartouche. Toujours dans la continuité, c’est d'un nouveau corner botté par Veretout que vient la délivrance. Une belle impulsion plus tard, Filip Djordjevic fait valoir sa renaissance après avoir déjà scoré la semaine passée. Plus haut que tout le monde, il offre un avantage mérité face à des Manceaux spectateurs. Heureusement qu’Issa Cissokho, frère d’Aly, lâchait quelques heures avant le coup d’envoi que « les Manceaux sont dangereux sur les coups de pied arrêtés » . Bref, on joue la trentième minute et c’est comme si la pause était déjà arrivée. Les 22 acteurs ont déjà la tête dans les vestiaires et le cul sur leur banc.

SOS efficacité

Pendant ce break, les analyses des deux tacticiens ne sont sans doute pas des plus alambiquées... Nantes joue direct sur son phare offensif qu’est Djordjevic ; Le Mans, même avec ses 60 % de possession, ne sait que faire de la chique. Pourtant, ce sont bien les Jaune et Vert qui repartent sur les mêmes bases : du déchet et beaucoup d’activité. Souvent, le brouillon l’emporte. Mais le plus dangereux guette : l’inefficacité. Voilà le leitmotiv de ce second acte. Jamais mis en difficulté défensivement par les timides vagues du feu MUC – la paire latérale Veigneau/Cissokho veillant au grain –, les pions offensifs nantais jouent de maladresse. Que ce ce soit Djordjevidc, Bangoura et surtout Pancrate qui, seul face à la cage de Beunardeau, place son coup de crâne bien au-dessus du cadre.

L’unique frisson de Michel Der Zakarian arrive à l’heure de jeu quand, d’un coup d’un seul, Rémy Riou se troue sur corner. Des tracas pour par grand-chose, puisque Djordjevic va se faire un plaisir d’aligner son deuxième doublé consécutif à dix minutes de la fin. Un contre éclair ponctué par un décalage de Pancrate, et voilà Filip qui n’a plus qu’à couper le centre de son comparse dans des cages vides. Il n’en fallait pas plus pour réveiller un public de la Beaujoire qui en oublie presque de siffler ce bougre de Waldemar. Aux trois sifflements de Sébastien Desiage, les Canaris sont seconds d’un classement toujours dominé par Monaco. Du côté de la Sarthe, la partition était d’un vide intersidéral – ou presque. Chiffres à l’appui, les Manceaux n’ont cadré qu’une seule frappe. Il en fallait plus pour bousculer un onze nantais sûr de sa force. Et ça, la Beaujoire en avait perdu l’habitude.


Par Robin Delorme
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