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  1. // Serie A – Udinese/Palerme

La tête à Toto

Le meilleur buteur actuel de la Serie A ne s'appelle ni Samuel Eto'o, ni Diego Milito, ni même Pato ou Trezeguet : c'est Antonio Di Natale, 32 ans, l'attaquant de l'Udinese. Ou l'éloge de la modestie.

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La presse le sait, les entraîneurs le savent, le public le sait, lui-même le sait : dans un monde normal, Antonio Di Natale devrait jouer dans un grand club européen. Parce qu'il a tout, la rapidité, le réalisme, la vista, la technique, le sens du jeu collectif, les deux pieds, l'adresse sur coup de pied arrêté, et les statistiques –19 buts en 24 matchs de championnat pour le moment. Seulement voilà. Antonio Di Natale joue à l'Udinese, actuel seizième de Serie A. Et ne s'en plaint pas : « J'ai des enfants en bas âge et je suis très content de vivre dans une ville qui conçoit le football de la même manière que moi, à savoir un spectacle qui dure 90 minutes, au bout duquel tu es content si tu gagnes, mais où personne ne meurt si tu perds » , déclarait-il à Sport Week, le supplément week-end de la Gazzetta dello Sport, à l'automne dernier. Antonio Di Natale, un type normal dans un monde anormal. Lorsqu'il a appris que Samuel Eto'o gagnait 10,5 millions d'euros à l'année, et lui un seul, il ne s'est pas formalisé : « Pourquoi je devrais me lamenter de la différence ? Un million d'euros, c'est déjà largement suffisant, je ne veux pas plus » . Voilà sans doute qui explique pourquoi “Toto” Di Natale, qui a quand même désormais 32 ans et demi, n'a connu que deux clubs dans sa vie : Empoli et l'Udinese. Pour quelqu'un qui marque environ 15 buts par an depuis cinq ans, c'est rare.

A deux reprises, Di Natale a eu l'occasion de passer à l'étage au-dessus. La première fois, c'était lors de l'Euro 2008. Titulaire sur le flanc gauche de l'équipe italienne depuis l'arrivée de Donadoni au poste de sélectionneur, Di Natale affronte le championnat d'Europe dans la forme de sa vie. Hélas pour lui, Donadoni cède à la pression populaire et emmène avec la Squadra en Suisseaustriche deux concurrents embarrassants pour Di Natale : Antonio Cassano et Alessandro Del Piero. Le premier pique plus ou moins la place de l'attaquant de l'Udinese lors de la compétition. Résultat, Di Natale foire son tir au but en quart de finale contre l'Espagne. Depuis, il n'a pas tout à fait disparu de la sélection –il a même été promu capitaine le 18 novembre dernier lors du match Italie/Suisse pour fêter sa trentième cape–, mais enfin, force est de constater que Marcello Lippi ne compte pas complètement sur lui pour l'Afrique du Sud. Le deuxième tournant de la carrière de Toto a eu lieu cet été, lorsqu'il a été contacté par Naples, sa ville d'origine. L'ancien club de Maradona voulait monter une équipe ambitieuse et Di Natale aurait pu être la figure de proue de ce nouveau projet. Mais non. « J'aime Naples, je me sens Napolitain, je parle le dialecte. Mais désolé, j'ai donné ma parole au président de l'Udinese que je resterai » , a-t-il expliqué dans les journaux pour motiver son refus. Finalement, c'est l'autre Napolitain de l'Udinese, Fabio Quagliarella, qui a signé au Napoli. Sur les conseils de Di Natale. Va comprendre.

Cette saison, Antonio Di Natale nage en plein paradoxe. Il n'a jamais semblé aussi fort (il marque tout le temps, de partout), mais son équipe galère comme rarement depuis des années. Changements d'entraîneur, séries noires, absence de jeu : l'Udinese 2009-10, c'est la soupe à la grimace. Une défaite cet après-midi face à Palerme pourrait même s'avérer un brin inquiétante dans la course au maintien. Et alors ?, semble dire Di Natale : « Jeune, je jouais avec la pression de celui qui croit devoir prouver quelque chose. Aujourd'hui, j'ai compris qu'il faut avant tout que je m'amuse. Et si je m'amuse, il y a de fortes chances que les autres s'amusent aussi » .


Dimanche, 15h : Udinese-Palerme

Traduction Stéphane Régy, source La Gazzetta

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