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Zinédine Zidane : « DD c'est DD, Zizou c'est Zizou »

Propos recueillis par Clément Gavard, à Paris
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Zinédine Zidane : « DD c'est DD, Zizou c'est Zizou »

Ce mardi 28 juillet 2026 restera comme la première sortie de Zinédine Zidane dans le costume de sélectionneur de l'équipe de France. Pour la forme : une conférence de presse d'une bonne demi-heure aux côtés de Philippe Diallo au siège de la FFF. Pour le fond : c'est ci-dessous.

(Zinédine Zidane introduit sa conférence de presse après la présentation de Philippe Diallo)

 

Merci Président, ce que je voulais commencer par un message de soutien envers tous les pompiers et le monde agricole qui s’occupent de toutes ces personnes qui sont en difficulté aujourd’hui (face aux incendies partout en France mais notamment en Gironde, NDLR). C’est un moment compliqué. Ma première pensée c’est celle là. Je voudrais vous (le président de la FFF) remercier pour votre confiance, le Comex, les salariés de la Fédération française de football, pour tout son travail au quotidien. Je crois que si cette fédération fonctionne aussi bien, c’est parce que vous avez une belle équipe.

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Aujourd’hui pour moi c’est une continuité, et quelque part un rêve qui se réalise. Pendant ces quatre ou cinq dernières années, j’ai eu des propositions pour reprendre un club et je les ai toutes refusé pour l’équipe de France. Parce que c’est la seule chose que je voulais faire après mon expérience avec le Real Madrid : entraîner cette équipe de France. Je l’ai connue gamin, j’ai commencé minimes, j’ai franchi toutes les étapes, jusqu’à arriver à la sélection A, qui est le summum, il n’y a pas d’autres mots. Aujourd’hui, j’ai l’opportunité d’être le sélectionneur de cette équipe et je vais tout donner pour qu’elle continue à gagner. C’est la seule chose qui m’anime. Je voudrais bien sûr féliciter DD et tout son staff pour ces 14 années remarquables, simplement lui dire : DD,  bravo pour tout ce que tu as fait, tout le monde est très reconnaissant pour tout le travail que tu as fait.

Je suis un peu ému et, vous ne pouvez pas le voir, je suis tout excité.

Zinédine Zidane

Quel sentiment vous anime ?

C’est une joie immense. Je suis heureux de ce qui m’arrive aujourd’hui, pouvoir devenir le sélectionneur de l’équipe de France. Je n’ai pas d’autres mots. Je suis contenu forcément, je suis prêt pour le défi. C’est ce qui m’anime aujourd’hui, c’est de pouvoir travailler auprès de cette équipe de France. Je l’ai toujours regardée comme un supporter, mais aussi comme un futur entraîneur. Je n’ai pas pris un club spécialement pour ça. Chacun peut penser ce qu’il veut, pas de soucis, mais je me suis dit que la seule chose que je voulais faire après Madrid, c’était d’entraîner l’équipe de France. Je savais que DD était en place et que ça pouvait durer. Une fois qu’il a pris sa décision, dès le lendemain je voulais être le suivant. On s’est rencontrés en février avec le président (Diallo) et voilà, l’accord a été scellé à ce moment-là.

Ce 28 juillet est-il le plus beau jour de votre vie d’entraîneur ?

Oui parce que c’est ce que je voulais faire. Une fois que vous avez goûté à l’équipe de France… Le titre en 1998, gagner grâce aux copains, grâce à Aimé (Jacquet), c’est la plus belle chose qui me soit arrivée dans ma vie. J’ai passé les quatre ou cinq dernières années à attendre ce jour-là, ça devient réalité. Je suis un peu ému et, vous ne pouvez pas le voir, je suis tout excité. (Sourire.) C’est quelque chose de fort pour moi aujourd’hui. Je suis heureux. En même temps, à côté, il se passe des choses compliquées pour beaucoup de gens mais je suis heureux de cette nomination.

Quel sera le style Zidane ?

Vous allez le voir bientôt. On aura une conférence de presse au mois de septembre, où on aura le temps de parler de tout ça. Ce que je peux vous dire, c’est que suis animé par le jeu. J’étais un numéro 10, ce qui m’anime, c’est d’aller marquer des buts. Bien sûr, il faut un équilibre d’équipe, c’est le plus important. Mais ce qui m’anime, c’est le jeu : j’ai vécu 25 ans en Espagne, vous savez ce que ça veut dire. J’ai commencé par la France. Sur le terrain j’étais un leader de terrain et je vais devenir un leader par mon expérience, par ce que j’ai fait, parce que je crois être maintenant comme entraîneur mais vous allez voir ça rapidement.

Avez vous pu échanger avec Mbappé ? Restera-t-il votre capitaine ?

On n’a pas échangé avec Kylian, le plus important pour lui, c’est de se reposer, de profiter de ces moments de repos bien mérités après cette saison et de cette Coupe du monde. On aura l’occasion de parler de tout ça avec lui et tous les joueurs au mois de septembre.

Comment allez vous faire pour gagner avec cette équipe de France ?

Je peux pas vous expliquer comment on va gagner en deux mots. Ce que je sais et ce qui est le plus important c’est qu’on a la matière. On a des joueurs et une équipe extraordinaire, ce n’est pas rien. il faut que j’atterrisse, que je vois les joueurs, que je puisse leur explique mon projet de jeu, ce qu’on va faire ensemble, et après ce sera à moi en tant que leader, en tant qu’entraîneur à amener cette équipe à continuer à gagner. Parce que ce qui a été fait par DD, ce sont des grandes choses, donc je vais essayer de continuer à faire gagner cette équipe.

 

Vous connaissez très bien l’Espagne, ça fait trois ans que les Bleus la joue et que ça se passe pas très bien. Est-ce que battre l’Espagne constitue l’un de vos plus grands défis ?

Il n’y a pas que celui là. Quand vous devez gagner, vous devez gagner toutes les équipes. L’Espagne est coriace, je connais très bien comment le foot espagnol évolue mais ce n’est pas la priorité. Le premier match c’est la Turquie en Turquie (le 25 septembre), on aura quatre matchs sur ce rassemblement. C’est bien parce que j’aurais pratiquement trois semaines avec les joueurs, je crois que c’est inédit. En général, c’est 10 jours maximum, donc ça c’est génial pour préparer quelque chose. Mon premier match et mon premier objectif, c’est la Turquie en Turquie.

Vous faites la fierté de beaucoup de personnes, notamment à Marseille, est-ce que vous avez un message pour ces gens qui ont envie de continuer de rêver avec vous ?

J’ai envie de leur dire merci de leur soutien tout au long de la carrière. J’ai senti qu’ils ont toujours été là et à chaque fois que j’ai l’occasion de me rendre dans la région, je sens la ferveur. Merci tout simplement. Ce que je veux aujourd’hui, c’est de pouvoir continuer à les faire rêver, parce que l’équipe de France fait rêver, pas que moi. Elle fait rêver quand elle gagne, on le sait, je vais essayer de tout faire pour qu’on puisse continuer à aller dans ce chemin.

Je pense pas qu’il y ait de pièges. C’est un métier complètement différent.

Zinédine Zidane

On a beaucoup loué vos qualités d’entraîneur, mais quelle est la différence entre être entraîneur d’un club et sélectionneur de l’EDF, les pièges à éviter ?

Je pense pas qu’il y ait de pièges. C’est un métier complètement différent. J’ai connu celui de club et là c’est quelque chose de nouveau pour moi. Ça ne me fait pas peur, et c’est peut-être même bien pour avoir un équilibre entre vie personnelle et l’équipe de France. Je sais que ce sera un job différent et je suis prêt à ça.

Hasard du calendrier ou non, votre premier adversaire en France sera l’Italie, un adversaire particulier pour vous. Est-ce que c’est une date que vous avez déjà cochée ?

J’ai coché toutes les dates, les quatre matchs qui arrivent sont bien dans ma tête. Mais oui, l’Italie est un adversaire particulier, parce que j’y ai joué, parce que je connais du monde, parce que je parle italien…

Votre plan de jeu sera en rupture ou dans la continuité de ce qui a été fait avec Didier Deschamps depuis 14 ans ?

Le parcours de l’équipe de France dans cette Coupe du monde était magnifique, le jeu pratiqué magnifique. Je n’ai que des bons souvenirs, j’étais sur place, l’atmosphère était fabuleuse, j’ai passé du bon temps, les gens aussi. Tous les supporters venus n’ont rien à redire sur ce qui s’est passé durant toutes ses années, mais on va faire différent. DD c’était DD, Blanc c’était Blanc, Zizou c’est Zizou. Je vais essayer de faire ce que je sais faire. Il n’y a pas de rupture, je pense que c’est de la continuité de simplement de pouvoir mettre tout en place pour que l’équipe de France continue à gagner, c’est mon seul objectif. Après on aura l’occasion de parler de mon plan et de ma philosophie de jeu.

Avez-vous échangé avec Deschamps ?

C’est pas prévu que je parle avec DD, mais si ça arrive ce serait avec plaisir.

Quel impact peut avoir la demi-finale perdue contre l’Espagne ?

Je sais très bien que ça a été un match, une confrontation compliquée. On aurait aimé voir l’équipe de France gagner, ça ne s’est pas passé comme ça, mais sur un match ça peut arriver. Sur ce que je veux mettre en place, ça va pas changer quoi que ce soit, il faudra faire de toute façon comme je le sens. Aujourd’hui, mon premier objectif, c’est le match contre la Turquie.

 

Vous être un ambassadeur à vie d’Adidas, dans une fédération sponsorisée par Nike. Cela peut poser un problème ?

À vie non, ça n’existe pas. Je ne mets pas ce contrat en sommeil. Ça fait 30 ans que je suis sous contrat avec Adidas et ça changera rien avec le fait d’être en équipe de France. La marque ne va pas interférer avec l’équipe de France, pour être clair avec vous.

Mon staff, c’est pratiquement celui que j’ai eu au Real Madrid, avec deux trois incorporations. Je suis plutôt un fidèle à ce niveau-là donc on va continuer l’aventure avec toutes ces personnes.

Zinédine Zidane

De quelle façon votre expérience au Real Madrid peut vous aider et si le style Zidane ressemblera à ce qu’on y a vu ?

Oui, de toute façon ça ressemblera à ce que j’ai fait pendant toutes ces années au Real Madrid. L’équipe de France, c’est la suite pour moi.

On devra attendre septembre pour connaître votre staff mais est-ce que vous avez des noms de fidèles à égrainer ?

On parle de septembre parce que c’est à ce moment-là qu’on va présenter tout le monde. Mon staff proche est déjà constitué, c’est pratiquement celui que j’ai eu au Real Madrid, avec deux trois incorporations. Je suis plutôt un fidèle à ce niveau-là donc on va continuer l’aventure avec toutes ces personnes.

Par rapport . On voit que la Fédération a été très réactive pour afficher son soutien à notre ami et collègue Christophe Gleizes, enfermé en Algérie depuis plus d’un an. Didier Deschamps a aussi adressé un message à sa famille et à Christophe pendant la Coupe du monde. Est-ce que vous auriez aussi un message à adresser à Christophe et à sa famille ?

Bien sûr que je soutiens, comme un parent en fait. Comme l’a dit le président, la FFF soutient monsieur Gleizes et sa famille, on espère simplement qu’il puisse rentrer à la maison avec ses parents, ça c’est clair et net. Je me suis jamais trop exprimé pour ce dossier, comme je n’ai pas l’habitude de m’exprimer sur tout ce qui me touche. Je ne prends pas la parole dans n’importe quel cas, ça ne va pas changer. Aujourd’hui, vous me posez la question : je suis parent, et je veux juste qu’il rentre chez lui pour voir sa famille, ça c’est clair.

 

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La France a subi de nouvelles sorties racistes pendant le Mondial. Comment vous positionner par rapport à ça ?

On ne changera peut-être pas les choses. Ce que je veux dire, c’est qu’on est dans un beau pays, avec cette mixité. J’ai grandi dans un quartier où il y avait la place pour tout le monde. Ma vie, c’est celle-là : pouvoir échanger avec tout le monde. Il faut combattre le racisme, c’est ce qu’on essaye tous de faire.

Qu’avez vous fait pendant les cinq dernière années ?

Je ne me suis pas tourné les pouces, j’ai vu énormément de matchs, même plus que lorsque j’étais entraîneur du Real Madrid. Beaucoup de matchs, dont ceux l’équipe de France. Je peux vous dire qu’il y a un gros potentiel.

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Propos recueillis par Clément Gavard, à Paris

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