France-Nigeria : Les Bleus en mode afro beat ?

Une première dans l'histoire du foot hexagonal : France contre Nigeria. Les Coqs contre les Aigles. Les Bleus contre les Verts (et blanc). Affiche sympa qu'on espère enlevée. Une équipe de France un peu new look contre des Nigérians en reconquête, ça devrait le faire. C'est ce soir à Saint-Étienne (21 h, sur TF1).
Bon, commençons par le Nigeria. Un grand pays de foot qui fait toujours partie de l’élite africaine mais à une place beaucoup moins dominante. Dans le peloton de tête du foot continental, au sein des valeurs sûres (Cameroun, Ghana, Egypte, Tunisie), le Nigeria déclinant s’est peu à peu effacé au profit de la Côte d’Ivoire. Il est loin le temps où les Super Eagles des Okocha, Yékini ou Amokachi figuraient comme les probables premiers vainqueurs africains en coupe du monde. Car après la médaille d’or aux JO 96 d’Atlanta et les deux 8èmes de finale aux Coupes du monde 94 et 98, le Nigeria a entamé un lent retrait, attesté par l’absence de victoire à la CAN (dernier titre en 94) et par son absence remarquée au Mondial 2006 en Allemagne. Actuellement, les Super Eagles bataillent en éliminatoires de Mondial 2010 d’un Groupe B qui comprend la Tunisie, le Mozambique et le Kenya. Après un nul 0-0 très moyen d’un point de vue comptable au Mozambique, ils se rendront en Tunisie le 20 juin pour le premier match décisif contre l’autre favori du groupe. A suivre…
La star des Super Eagles, c’est bien sûr le milieu de Chelsea, John Obi Mikel (22 ans), titulaire à part entière chez les Blues, et révélé à la CAN 2006. Plus connus chez nous, les attaquants John Utaka (Portsmouth, ex-Rennes), Peter Odemwingie (Loko Moscou, ex-Lille), et deux pensionnaires de L1, Onyekachi Apam (Nice) et bien sûr Taye Taïwo (OM). Le vétéran Kanu (32 ans, Portsmouth) est toujours là, ainsi que Obafemi Martins (Newcastle, ex-Inter Milan 2002-06). A noter les absences du canonnier d’Everton, Yakubu Aiyegbeni, meilleur buteur en activité du Nigeria (15 buts) et de Joseph Yobo, défenseur central d’Everton suivi de près par Arsenal. A l’image des autres sélections africaines en général et au vu des deux dernières CAN, les Super Eagles ont délaissé beaucoup de leur fougue offensive magnifique pour se plier aux contingences réalistes du foot moderne « bien en place » et qui ne dribble plus trop. Reste que l’équipe offre un bon mix de joueurs expérimentés et de très bons jeunes, avec une nette couleur anglaise, vu le grand nombre de pensionnaires de Premier League. Ce Nigeria peut donc nous réserver des bonnes surprises. A Voir…
Et les Bleus ? En gros, Ray Strange étale un 4-2-3-1 sur sa tartine. Avec un gros bout de viande au milieu : la paire défensive un peu lourdingue Alou Diarra et Patrick Vieira (dont c’est le grand retour et qu’on suivra de près). Alou, plutôt que Lassana because Lass a joué dimanche avec le Real. Dans les buts, Mandanda. En défense, une expérience axiale inédite mais très attendue : la charnière du FC Séville, Squilacci et Escudé (placé à gauche). En l’absence de Gallas et du fait que Méxes a joué dimanche, la paire sévillane, épargnée ce week-end, a été privilégiée par Ray Schlass. Peut-être un tournant dans l’histoire mouvementée de la défense centrale des Bleus. En défense, sur les côtés, à droite, Rod Fanni, qui creuse son trou petit à petit, et à l’autre bout Patrice Evra, préféré à Abidal. En milieux offensifs, on se dirigerait vers une ligne Ribéry-Gourcuff-Rémy. Pressenti pour jouer à gauche, Malouda, touché au mollet, laisse sa place à Lascar Face. Le Munichois profite également du forfait de Thierry Henry pour squatter son couloir de prédilection. Yoann Bordeaux glisserait dans l’axe et le jeune Loïc Rémy, habitué du flanc droit, remplace un Govou qui revient doucement et qui pourrait entrer en cours de partie. En attaque Niko-Nelka tient la corde.
Voilà. Plus qu’un simple match amical, avec en face une équipe intéressante. On suivra donc les Escudé & Squillacci, le retour de Pat Vieira et surtout l’animation offensive des Bleus. Elle repose sur un quatuor assez emballant, avec un Ribéry libéré du poids de Henry à gauche et un Gourcuff responsabilisé en meneur de jeu axial. De solides appuis derrière avec Vieira et Diarra qui peuvent pistonner à tour de rôle pour un soutien offensif constant. Ce qui justifierait l’usage de deux récupérateurs, dont Ray Do ne peut jamais se passer… Cette équipe a de la gueule. Aura-t-elle un sourire ?
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