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Euro 2012 : les enjeux du groupe B

Ali Farhat
5' 5 minutes
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Euro 2012 : les enjeux du groupe B

Pays-Bas, Danemark, Allemagne, Portugal. Cinq championnats d’Europe dans les valises. Le groupe B est définitivement le groupe de la mort. Un groupe où il y aura du sang et des larmes. Vivement que ça commence.

Allemagne-Pays-Bas, l’éternelle rivalité

10 mai 1940. 7 juillet 1974. 24 juin 1990. Autant de dates qui ont petit à petit établi cette rivalité entre les Pays-Bas et l’Allemagne, rivalité qui englobe des aspects historiques, culturels et sportifs. Entre les Oranje et la Mannschaft, entre les Néerlandais et les Allemands, rien ne va. Tout n’est que mépris entre les deux peuples. Alors forcément, ça se transcrit dans le football. Et vas-y que je te bats en finale alors que tu joues mieux que moi, et vas-y que tu me craches dessus (Rijkaard/Völler) mais que je te sors quand même et que je vais finir (encore) champion du monde… Et avec des ego comme les Van Persie, Van der Vaart, Podolski, voire Schweinsteiger (s’il est en état de jouer), on risque de bien se marrer. Au Plat Pays, on rêve de sortir de la poule et de voir l’ennemi teuton rester à quai. Et inutile de dire que la victoire des Allemands 3-0 en novembre dernier en a rajouté une couche. Si le Portugal et/ou le Danemark obtiennent les trois points lors de la première journée, il se pourrait qu’on entende encore longtemps parler du 13 juin prochain. L’Allemagne et les Pays-Bas s’affronteront alors à Kharkov, peut-être pour jouer leur survie.

Danemark-Portugal, comme on se retrouve

Car c’est bien là tout le bordel. Ouais, l’Allemagne, ouais, les Pays-Bas, mais on oublie un peu le Portugal et le Danemark. Certes, dans un sens, leur présence est indispensable afin que ce groupe B soit affublé du sous-titre « groupe de la mort » (AOC), celui sur lequel se paluchent les médias. Mais très honnêtement… Mis à part les Inuits et les propriétaires de voitures immatriculées 77, 78 et 94, personne ne voit vraiment la bande à Ronaldo ni le champion d’Europe 1992 continuer l’aventure. Et pourtant… Quelques données pourraient affirmer le contraire. Après s’être chamaillés de 1701 à 1714 durant la Guerre de Succession d’Espagne, Portugais et Danois sont devenus copains comme cochons depuis le début du XXIe siècle. C’est simple : à chaque fois qu’ils se sont retrouvés dans le même groupe, les deux sont passés. Certes, les Portugais ont eu un peu plus de mal, mais que voulez-vous, ils ont une heure de décalage horaire avec le reste de l’Europe…

Le syndrome du groupe de la mort qui tue

En fait, ce qui est cool avec les « groupes de la mort » , c’est qu’on a l’impression de vivre une compétition dans la compétition. Avec les traditionnels « Oh non, quelque part, c’est triste qu’ils soient tous ensemble, là, y a peut-être une bonne équipe qui va se faire sortir, c’est dommage pour le reste de la compétition ! » Ouais, mais nan, puisque c’est justement ça, tout l’intérêt de ce groupe. En plus, les cris de joie, les pleurs sont multipliés au centuple, les cheveux s’arrachent, les cordes vocales pètent, ainsi que les smartphones : c’est ça qui est bon. Mais le plus rigolo, surtout, c’est de voir qu’à l’Euro, en plus des jolies surprises, ceux qui sortent du « groupe de la mort » ne gagnent JAMAIS la compétition. Depuis que le tournoi existe en mode quatre poules, on a eu l’Angleterre et l’Allemagne qui sautent en 2000, le Portugal et la Roumanie continuent. L’Italie qui rentre plus tôt en 2004, laissant la Suède et le Danemark continuer leur chemin. Enfin, en 2008, la France et la Roumanie prétextent des excuses bidon pour s’esquiver et laisser Pays-Bas et Italie dans le bourbier austro-suisse. Mais comme il y a toujours une exception qui confirme la règle, il ne faut pas oublier qu’en 1996, l’Allemagne était dans un « groupe de la mort » , avec la République Tchèque, l’Italie et la Russie. Et grâce au but en or d’Oliver Bierhoff, la Mannschaft avait remporté son troisième titre continental.

Un désastre annoncé?

En fait, personne ne voit ET le Danemark ET le Portugal se qualifier, mais tout le monde aimerait bien que soit les Pays-Bas, soit l’Allemagne tombe. Comme ça, juste pour le fun. Et, il n’empêche, « la belle histoire » est tout à fait possible. Allez, petite simulation. Allemagne-Portugal, Pepe s’oublie et dégomme son coéquipier du Real Madrid Mesut Özil. Choqués par la blessure de leur meneur de jeu, les petits Allemands prennent peur, et s’inclinent. Dans l’autre rencontre, cette coquine de Poulsen provoque van Persie, qui lui crache dessus et le balaye. Rouge. L’artiste absent, Sneijder fait des passes dans le vide, dont l’une profite à Eriksen ; le milieu danois, qui est infiltré à l’Ajax Amsterdam depuis 2009, récolte enfin le fruit de son travail. Il se faufile comme dans du beurre dans la défense néerlandaise, et marque le but de la victoire. On s’écharpe, on s’étripe dans le choc de cette poule, tandis qu’entre Portugais et Danois, on joue en sifflotant. Lors des derniers matchs de poule, les Portugais prennent des coups face aux Néerlandais dans le remix du huitième de finale du Mondial 2006, mais ils serrent les dents, et tiennent le nul. Enfin, dans l’autre match, l’Allemagne a beau se la donner, les Danois se trouvent de nouveaux héros, après ceux du trophée de 1992 : tels John Jensen et Kim Vilfort, la paire de milieux composée de Christian Poulsen et Thomas Kahlenberg fait plier les Allemands, vingt ans après. Poulsen-Kahlenberg, Évian Thonon Gaillard : ça coule de source.

Un Panichelli vous manque, et tout est dépeuplé

Ali Farhat

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