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Eric Vercoutre : « On change d’univers »

Propos recueillis par Romain Leroux
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Eric Vercoutre : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>On change d’univers<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

Représentant syndical chez SeaFrance et entraîneur de l'AS Marck (CFA2), Eric Vercoutre s’apprête à relever deux défis en trois jours : battre Nice en 1/32ème de finale de Coupe de France et sauver les 900 emplois de la compagnie maritime.

Hier, vous avez eu une journée chargée entre la rencontre avec Nathalie Kosciuzko-Morizet, la Ministre de l’Economie et des Transports, et votre passage devant la Commission d’appel de la Fédération.

Oui, en ce moment, les journées sont bien remplies. Du coup, on doit s’organiser. Le président du club, Didier Cappelle, est délégué syndical CFDT à SeaFrance. C’est lui qui est allé voir la Ministre ce matin. Je l’ai eu au téléphone tout à l’heure, et ça ne s’est pas très bien passé. Cet après-midi (hier, ndlr), on a donc rendez-vous avec le porte-parole du Parti Socialiste, Benoît Hamon, pour intensifier la pression sur le gouvernement. Moi, je me suis occupé du foot. On a un joueur, Rémy Creton, qui est suspendu trois matchs. J’ai défendu sa cause en commission d’appel à la Fédération en début d’après-midi pour qu’il passe ses deux derniers matchs en sursis. Maintenant, on attend la décision. On saura vendredi s’il peut jouer contre Nice.

Quelles sont les dernières nouvelles pour SeaFrance ?

La SNCF veut reprendre les employés, mais ça s’est déjà passé l’année dernière et 300 salariés sont allés aux Prud’hommes car ils n’ont pas été reclassés, alors je vois mal aujourd’hui comment ils vont faire pour en sauver 890. Ce projet ne me semble pas viable. Nous, ce que l’on souhaite, c’est créer une Scop (les employés de SeaFrance veulent sauver leur entreprise en créant une Société coopérative ouvrière de production, ndlr). Le gouvernement nous demande un Business Plan pour ce vendredi. On passe ensuite en audience devant le tribunal de commerce de Paris, lundi.

Dans un tel contexte, comment arrivez-vous à avoir la tête au foot ?

Ca ne pose pas vraiment de problème. On change complètement d’univers. Le foot permet aux joueurs et aux membres du staff de s’évader. Sur le terrain, on ne pense à rien d’autre. C’est un échappatoire formidable. Et puis, le fait de jouer Nice en 1/32ème de finale de Coupe de France, c’est un énorme challenge. Donc là, on est à fond. La séance d’entraînement de mercredi soir s’est bien passée. Pendant les séances, les joueurs ont la tête au foot.

Plusieurs de vos joueurs sont des employés de SeaFrance. Comment gèrent-ils ces deux rendez-vous importants ?

Ils sont inquiets, évidemment, car leur emploi est menacé. Maintenant, quand ils sont au foot, ils laissent de côté le boulot. On a une règle au club, c’est de ne jamais parler des problèmes à SeaFrance. Après, je ne peux pas les empêcher d’en parler entre eux. Et puis, ce qu’il faut se dire, c’est que beaucoup de joueurs qui évoluent dans d’autres clubs sont dans une situation bien pire que la nôtre. Certains sont chômeurs de longue durée. Nous, on a pas à se plaindre.

Comment gérez-vous votre emploi du temps pour mener de fronts ces deux défis ?

On s’organise. A l’AS Marck, on a un bon staff. Mon adjoint, Emmanuel Clément, s’occupe de la préparation et de l’animation des séances d’entraînement. La saison dernière, il était entraîneur adjoint à Reims, en Ligue 2. On fonctionne plutôt bien.

La situation de SeaFrance n’a-t-elle pas gâché la fête de voir l’AS Marck jouer contre une équipe de Ligue 1 ?

Non, au contraire. Toute la commune est en fête pour la venue de l’OGC Nice. Entre 6 000 et 8 000 personnes viendront nous encourager au stade samedi. Il y a beaucoup de ferveur.

Vous avez déjà réalisé un exploit au tour précédent en venant à bout de Reims (Ligue2). Comment allez-vous aborder cette rencontre face à un très gros ?

Il n’y a pas de secret. En Coupe de France, contre des clubs de l’élite, il faut être très déterminé, jouer avec une grosse envie, et surtout avoir une préparation saine. C’est comme ça que nous avons battu Reims au tour précédent. Contre Nice, il faudra faire la même chose pour l’emporter.

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Propos recueillis par Romain Leroux

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