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Neymar au Mondial, il était une foi

Par Julien Faure
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Neymar au Mondial, il était une foi

Rappelé en sélection sur le gong après plus de deux ans d'absence, Neymar sera bien de la partie au Mondial avec le Brésil. Une bonne nouvelle pour le foot, même si l'assurance de le voir sur le terrain n'existe pas pour autant.

Obrigado Carlo. Qu’est-ce qu’un Mondial de football sans tous ses artistes ? La question a le mérité de se poser, et notre petit doigt nous dit que le Mister Ancelotti, malgré une vie consacrée au ballon rond et quelques 30 années de coaching, n’avait pas envie d’y répondre de suite. En appelant Neymar dans la liste du Brésil, le technicien italien s’est certainement acheté une forme de paix sociale, mais il a surtout ajouté une forme de mystique à son groupe, en quête d’une sixième étoile.

Le futebol au Mondial

Alors qu’on dit le foot brésilien sur la tangente, en lente et insoutenable régression, la présence du meilleur buteur et passeur de son histoire, et deuxième plus capé, a quelque chose d’exaltant, d’intriguant. L’expérience ne s’achète pas. Encore mieux, le respect non plus, et sur le terrain, Neymar l’a plus qu’obtenu en équipe nationale. S’il n’a plus vêtu la tunique brésilienne depuis octobre 2023, le funambule en a sous le coude en sélection. Vainqueur de la Coupe des Confédérations en 2013 et des JO 2016, à la maison à chaque fois, Neymar a surtout porté le Brésil sur ses épaules lorsqu’il a eu à le faire. « On a privilégié l’expérience », a même noté Ancelotti à l’annonce de la liste, soulignant l’importance de se concentrer « sur la qualité de son temps de jeu, collectivement sur le terrain. »

Sans lui, les trois dernières Coupes du monde auraient pu ressembler à de longs chemins de croix au pays du Carnaval. Personne n’a non plus oublié les propos des Argentins après la finale de Copa América 2021, avouant sans détour avoir tout mis en œuvre pour le sortir du match, quitte à dépasser les limites de l’engagement, tant ils étaient sans solution face à son génie.

C’est avant tout ça, Neymar. C’est la fantaisie, le génie, les foules qui se lèvent, qui se passionnent pour lui. Il n’y avait qu’à voir la réaction dans la salle au moment d’entendre son nom sortir de la bouche d’Ancelotti, ou la folie dans les rues brésiliennes ce lundi soir. Dans cette sélection, on peut aussi y voir l’illusion de ses gestes fous en action en Amérique du Nord. Si son physique le lâche chaque jour un peu plus, lui ne lâche pas sa vision du foot et il est illusoire de l’imaginer se cantonner à un rôle de gestionnaire sur le terrain. Ce dernier tour de manège est un long rêve, auxquels les amoureux du joga bonito vont s’accrocher jusqu’au bout.

Le fond et sa forme

Évidemment, le passif récent du Ney n’inspire pas forcément confiance quant à son temps de jeu ou son utilisation. Difficile même de lui imaginer une place de choix dans la rotation auriverde. Exception faite du jeune Rayan (19 ans), et même s’il peut évoluer un peu partout en attaque, dur de voir le joueur de Santos mettre sur le banc les Endrick, Martinelli, Igor Thiago, Luiz Henrique, Cunha, Raphinha ou Vinicius Jr.

Devant les médias, Ancelotti a d’ailleurs immédiatement mis le holà à tous ceux qui le voyaient déjà en leader d’attaque de la Seleção. Le Ney a manqué pléthore de rencontres, s’est pété les croisés en Arabie saoudite, s’est fait opérer du ménisque en décembre et choisit ses matchs, mais il a retrouvé un peu de rythme ces derniers mois. Depuis son retour à Santos, il facture 43 matchs joués pour 17 buts et 8 passes dé.  « On a suivi l’état de santé de Neymar toute l’année. On a vu qu’il améliorait. On pense que c’est un joueur important. Il a le même rôle et les mêmes obligations que les 25 autres. Il pourra jouer, ne pas jouer », a ainsi prévenu le Mister, qui n’a pas manqué de jouer de paradoxe, annonçant de ses mots vouloir « une équipe capable de remporter la Coupe du monde », tout en concédant que « l’affection et le soutien du public sont aussi importants » dans la composition de son groupe.

Il jouera s’il le mérite. L’entraînement en décidera.

Carlo Ancelotti en conférence de presse

Du reste, une Coupe du monde c’est un tournoi, pas un championnat. Une compétition sur le temps court où la dynamique compte plus que les acquis collectifs ou les accomplissements passés. Pour se mettre en cannes, Neymar aura forcément droit à quelques minutes en amical, face au Panama ou à l’Égypte, qu’il faudra immédiatement mettre à profit. « Il jouera s’il le mérite. L’entraînement en décidera », a tranché Ancelotti. Le risque d’un Mondial traversé en fantôme sans temps de jeu et en mondovision existe bel est bien. Le potentiel de malaise du moment aussi. Sur une jambes ou quelques orteils, même diminué, même loin de son tout meilleur niveau, Neymar reste une attraction. Une idole au Brésil. Un génie du foot. Avec ce fol espoir d’assister peut-être à une renaissance.

Ancelotti sur Neymar : «Je veux une équipe capable de remporter la Coupe du monde»

Par Julien Faure

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