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Dall’Oglio : « Les joueurs se sont appropriés le projet »

Propos recueillis par Alexis Billebault

Les Stéphanois ont pris 19 points lors des sept derniers matchs, se propulsant à la 3e place de la Ligue 2 avant la venue de Concarneau samedi dans un stade Geoffroy-Guichard comble. Nommé au mois de décembre dernier pour remplacer Laurent Battles, Olivier Dall’Oglio explique comment les Verts sont devenus des prétendants à l’accession.

Dall’Oglio : « Les joueurs se sont appropriés le projet »

Le 30 mars dernier, votre équipe s’est imposée à Valenciennes (2-0), la lanterne rouge quasiment condamnée à la relégation en National. Samedi, elle accueillera Concarneau (18e), qui lutte pour son maintien…

(Il coupe.) Et c’est un nouveau piège. Nous avons réussi à gagner à Valenciennes, à l’issue d’un match inégal, bien maîtrisé en première mi-temps, moins en seconde. Concarneau, c’est typiquement la rencontre qu’il faut aborder avec un maximum de sérieux, de concentration, face à un adversaire qui a besoin de points. Nous restons sur une très bonne série (six victoires, un nul, 17 buts inscrits et un seul encaissé, NDLR), avec des temps forts comme ces victoires à Angers (3-0) et Bastia (4-0) et contre Troyes (5-0). Oui, nous occupons la troisième place à huit journées de la fin, nous sommes candidats à l’accession, mais nous n’avons encore rien gagné. Nous visons une des deux premières places, mais si on doit passer par les barrages, on fera tout pour les franchir et retrouver la Ligue 1.

On m’avait pourtant dit que c’était un contexte compliqué, mais je n’ai pas réfléchi, même si je n’avais jamais pris une équipe en cours de route.

Olivier Dall’Oglio

En décembre dernier, vous succédiez à Laurent Battles, l’ASSE restait sur une série de cinq défaites consécutives en Ligue 2. Comment était l’ambiance à votre arrivée ?

D’abord, avant cette série de cinq défaites, l’équipe était restée invaincue 10 matchs (7 victoires, 3 nuls). Cela signifiait donc qu’elle avait de la qualité. En ce qui me concerne, quand j’ai été approché, je n’ai pas hésité. J’étais chez moi, à la Grande-Motte, et j’aurais pu attendre tranquillement la saison suivante en fonction des opportunités. Je ne m’ennuyais pas, car je sais m’occuper facilement, mais je me suis dit que je ne pouvais pas refuser la proposition d’un tel club, qui représente beaucoup dans le football français. On m’avait pourtant dit que c’était un contexte compliqué, mais je n’ai pas réfléchi, même si je n’avais jamais pris une équipe en cours de route. Et quand je suis arrivé, effectivement, l’ambiance était tendue. Les supporters n’étaient pas contents des derniers résultats, il y avait de la frustration, de la déception, ils venaient moins nombreux au stade. Quant aux joueurs, j’avais l’impression que certains étaient presque résignés. Les remplaçants se contentaient de l’être. Alors, j’ai voulu remettre les choses à plat avec mon staff technique, comme à chaque fois qu’un nouvel entraîneur arrive.

Quel genre de discours avez-vous tenu aux joueurs ?

On leur a rappelé que Saint-Étienne, c’est un club dont la place est en Ligue 1, dont les supporters sont des passionnés, qui suivent l’équipe partout, et j’en veux pour preuve leur présence samedi dernier à Valenciennes, à plus de 700 kilomètres de chez eux. Leur appui est très important, on a besoin d’eux. Le public est notre douzième homme. Contre Concarneau, il y aura 36 000 spectateurs, c’est fantastique ! Saint-Étienne est une ville de foot, et que ce soit sportivement ou économiquement, on connaît tous l’urgence de retrouver rapidement l’élite. Si on ne monte pas, il pourrait y avoir des conséquences importantes sur les finances, car l’ASSE est une structure lourde. Des emplois sont en jeu. Nous avons donc tenu un discours ferme aux joueurs, en faisant jouer la concurrence et en insistant sur des principes de jeu et des attitudes.

Lesquels ?

On a demandé plus d’intensité dans les courses, plus d’agressivité, davantage de rigueur, de concentration. Pour mon premier match à Bordeaux, l’objectif était de nous rassurer et ce 0-0 avait fait beaucoup de bien. Il fallait arrêter de prendre des buts. On a ensuite battu Bastia (3-2), en se faisant un peu peur. Mais fin janvier et début février, il y a eu un nouveau coup de mou avec les défaites contre Amiens (0-1) et Dunkerque (0-1), avec, en plus, des prestations ratées. Nous avons donc recadré les choses, Jean-François Soucasse (président délégué) et Loïc Perrin (coordinateur sportif) sont intervenus, et certains leaders ont pris la parole. On a demandé aux joueurs d’analyser leurs matchs sur vidéo, et ils ont tout de suite compris que ça n’allait pas. Et derrière a débuté cette série de sept matchs. En fait, ils se sont approprié le projet.

Le mercato hivernal vous a permis de vous renforcer avec Irvin Cardona, par exemple, prêté par Augsbourg et que vous connaissez bien…

Oui, je l’ai dirigé à Brest. Il a eu besoin d’un peu de temps pour s’adapter, mais il est rapidement devenu un joueur important. Il a déjà marqué 5 buts, il est influent. Mais j’ai envie de dire que nos résultats actuels sont le fruit d’un travail collectif. Tous les joueurs sont concernés, même ceux qui ont un temps de jeu réduit. Les leaders comme Larsonneur, Briançon, Sissoko, Cafaro, Tardieu, Pétrot jouent leur rôle, des gars comme Chambost ou Nadé par exemple ont su saisir leur chance. On est dans la dernière ligne droite, aucun match ne sera facile, car on va affronter des équipes qui jouent le maintien et d’autres l’accession.

Je déteste toujours autant m’emmerder sur mon banc de touche, mais j’ai effectivement davantage d’intérêt pour la partie défensive.

Olivier Dall’Oglio

On connaît vos penchants pour le football offensif. Les derniers matchs semblent à la fois valider ce prisme, mais confirmer également que vous prenez plus au sérieux l’aspect défensif…

Oui, j’ai évolué sur cette question. Je déteste toujours autant m’emmerder sur mon banc de touche, mais j’ai effectivement davantage d’intérêt pour la partie défensive. Après tout, je suis moi-même un ancien défenseur. Je demande donc à mon équipe d’être solide, attentive et d’avoir cette rigueur. Le football offensif, j’aime toujours autant ça, mais il ne faut pas que ça parte dans tous les sens. Ces dernières semaines, comme les résultats sont là, la confiance nous accompagne, les joueurs osent plus, ils sont à bloc. Mais attention à ne surtout pas s’enflammer et croire que c’est fait, car Saint-Étienne est un peu l’équipe à battre.

Vous avez signé pour six mois. Votre contrat sera-t-il reconduit automatiquement en cas d’accession ?

Oui. Pour moi, c’est une mission inédite, de courte durée, que j’ai acceptée. On veut aller au bout, retrouver la Ligue 1, car Saint-Étienne fait partie de ces clubs, comme Bordeaux par exemple, dont la place est à ce niveau. Mais il faut mériter sportivement d’y évoluer, puis d’y rester…

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Propos recueillis par Alexis Billebault

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