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Les années foot de Victor Wembanyama

Par Enzo Leanni

À coups de dunks et de contres spectaculaires, Victor Wembanyama a conquis Nanterre, Villeurbanne et Levallois-Perret à la vitesse de l’éclair. L’OVNI du basket français s’est ensuite attaqué aux États-Unis sans freiner sa progression. Bien avant ça, il a occupé le poste du gardien du but chez les U10 du Chesnay FC 78 où il s’était déjà fait remarquer par sa taille.

Les années foot de Victor Wembanyama

Même après une première saison éreintante en NBA, Victor Wembanyama avait encore de l’énergie à revendre. Début mai, entre son prix de meilleur rookie de la ligue américaine et la préparation aux Jeux olympiques 2024 avec l’équipe de France, le natif du Chesnay, dans les Yvelines, est revenu chez lui prendre un peu de bon temps. Au programme, notamment, un match de foot avec quelques amis sur la pelouse synthétique du stade Michaux. À l’abri des caméras qui ne cessent de le traquer depuis plusieurs années, un demi-terrain lui a été libéré pour l’occasion et il a enfin pu faire comme le moindre jeune de 20 ans habitant près du château de Versailles. « C’était impressionnant de voir un athlète pareil », note Alain Despierres, président du Chesnay FC 78 depuis 2005.

Problème de licence et de chaussettes

Dix ans plus tôt, Victor, que personne n’appelait « Wemby » à l’époque, tapait déjà ses premiers ballons dans ce club. « Quand il est venu il y a trois semaines, sa maman a pu reparler avec Josiane Jourdan, notre secrétaire : “Oh là là, vous vous souvenez quand Victor jouait au foot quand il était petit.” » Le terme est galvaudé puisqu’en U10, le gamin mesurait déjà 1,85 mètre et faisait près d’une tête de plus que les deux éducateurs en charge de l’équipe. « J’étais choqué, c’était invraisemblable », se souvient Valentin Mony. Ce dernier a occupé le poste d’avant-centre du Chesnay FC 78 pendant huit ans et a partagé le même vestiaire que celui qui a mis les États-Unis à ses pieds cette saison. Les souvenirs ne sont pas si nombreux, Victor était discret et n’est surtout resté que deux ans au club, de 2013 à 2015. S’il alterne d’abord entre le basket, le foot et le judo, ses capacités physiques vont le contraindre à rapidement faire un choix.

Dans son autre vie, Victor Wembanyama, supporter du Paris Saint-Germain et fan de Manuel Neuer, a été gardien de but. Logique avec ces mensurations, même si elles ne sont pas toujours un atout selon Alexis Elleingand : « Il était bon, mais pas excellent non plus. C’est surtout sa taille qui faisait peur. Les attaquants avaient du mal à savoir où mettre le ballon, mais en réalité il mettait du temps à aller au sol. » Le revers de la médaille n’est pas si grave, puisque bon nombre d’adversaires sont dissuadés de tenter leur chance face à cette « montagne », dixit ce coéquipier de la génération 2004 plus à l’aise au milieu. Pour autant, les résultats de l’équipe ne sont pas forcément améliorés par le gardien. « On pensait que ça allait être mieux, mais on s’est pris quelques gros scores », sourit Valentin. « Le plus grand nombre de défaites que j’ai subies, c’était probablement quand je jouais au football. Nous n’avions vraiment pas une très bonne équipe. Quand vous devez garder les cages face à des contres rapides à trois contre un toute la journée, c’est difficile. Ce n’était pas ma faute. Vraiment », racontait même le principal intéressé au New York Times, visiblement moins sympa avec ses coéquipiers.

Crédit : Valentin Mony
Crédit : Valentin Mony

Comme beaucoup d’enfants de 10 ans, Alexis Elleingand souffrait de problèmes de croissance et n’en a pas cru ses yeux lorsqu’un jeune du même âge est arrivé dans le vestiaire avec un corps d’adulte. « Je n’étais pas dans la même école que lui, mais j’avais parlé de ce mec gigantesque autour de moi. Même s’il n’avait pas autant explosé, je pense qu’on s’en serait quand même souvenu », raconte Valentin Mony. Au Chesnay, la surprise a duré quelques semaines avant de laisser place à l’amusement en regardant les yeux écarquillés des jeunes des clubs aux alentours lors de chaque tournoi. « Les joueurs d’en face venaient toujours parler avec lui », rigole Alexis. Si les joueurs cultivent l’aspect mascotte du gardien adverse, les clubs ne rient pas autant. « Beaucoup de parents sont venus se plaindre parce qu’ils pensaient qu’on trichait et qu’on faisait descendre un joueur plus vieux en U10. On était très souvent obligés de montrer sa licence. Parfois, on a même demandé à sa maman de venir apporter sa carte d’identité pour prouver qu’il avait bien dix ans », rejoue le président qui s’est aussi cassé la tête pour trouver des chaussettes en 48.

Une progression loin du foot

En 2015, après une expérience pas vraiment entrée dans les annales du football, Victor se met intégralement au basket pour devenir Wembanyama. Les premiers articles sur le surdoué ne tardent pas à sortir et les bruits de couloir dans les collèges des Yvelines à propos d’un prétendu géant se transforment rapidement en lutte acharnée pour savoir quel club s’attachera les services du pivot. Même sans être un grand suiveur de basket, Alexis se souvient quand même de sa réaction en tombant sur une vidéo de son ancien coéquipier : « Quand il a commencé à bien péter, je me suis dit : “Putain, je le connais, lui.” » Le basketteur en herbe quitte l’Entente Le Chesnay Versailles 78 Basket pour rejoindre le Nanterre 92, mesure 1,91 mètre à 11 ans et s’apprête à battre tous les records. « On en a parlé un peu dans le vestiaire. J’ai suivi sa progression, on a rapidement compris qu’il allait faire carrière, mais de là à dire qu’il irait jusqu’en NBA… », souligne modestement Valentin qui avoue ne pas avoir vu un potentiel All Star NBA lors des exercices de frappes au Chesnay.

L’ancien attaquant du club a justement retrouvé de vieilles archives des années foot de Victor Wembanyama pour les poster aussitôt sur les réseaux sociaux. « Je crois que ça l’a amusé de revoir ça, il m’a même suivi sur Twitter, enfin je ne sais pas s’il a fait exprès, rigole celui qui a fait le buzz en ressortant la vidéo de l’arrêt du jeune gardien de l’époque. En vrai, c’est un jeune de 20 ans, il a l’air d’être resté naturel. » Le Chesnay FC 78, club autoproclamé « familial et stable » par son président, qui a vu passer Rémy Dugimont et Édouard Michut pendant leur enfance, n’a pourtant jamais communiqué sur l’expérience de l’international français en son sein. « On ne s’est pas permis de faire de la pub autour de lui, c’était un enfant de 10 ans qui n’est pas resté bien longtemps », souligne Alain Despierres. Le Victor au mètre 85 est devenu Wemby aux 2,24 mètres, mais il n’a pas pour autant oublié d’où il venait en dédicaçant un maillot du club de son enfance après son effort sur le demi-terrain de sa ville natale.

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Par Enzo Leanni

Tous propos recueillis par EL, sauf mention.
Photos: Valentin Mony

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