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Le paradoxe Varane

Par Robin Delorme, à Madrid
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Le paradoxe Varane

Meilleur Merengue du match aller face à l'Atlético, Raphaël Varane a rappelé qu'il était le central avec le plus de projection au monde. Un constat qui ne lui suffit pas. Toujours en concurrence avec Pepe, il ne s'opposerait pas à un départ estival, pour ce qui serait la pire des nouvelles pour le Real Madrid.

« C’est le plus rapide de la Liga. » Toujours à la recherche de son souffle, Gabi ne tarit pas d’éloges au sujet de celui qui, en l’espace d’une dizaine de secondes, lui a fait mordre la poussière. À la récupération d’un corner dans sa propre surface, Raphaël Varane cherche une solution. Pleins gaz, il remonte sa moitié de terrain, puis celle de l’Atlético, laissant le capitaine colchonero dans son rétroviseur, et trouve, dans l’autre surface, son compatriote Karim Benzema. Seul hic, la pointe française s’embrouille les pinceaux et gâche la dernière occasion du premier acte. C’était il y a tout juste une semaine, et le central merengue venait de se revendiquer comme l’un des tout meilleurs à son poste. Mieux, sa partition aller ne se résume pas à son sprint si télégénique. Roc défensif, il a, avec 14 ballons volés, été le joueur le plus présent à la récupération. De cette performance, il espère tirer un crédit suffisant aux yeux de Carlo Ancelotti, qui lui préfère souvent (et à son grand regret) Pepe. Une situation personnelle qui, malgré son retour au premier plan et un profil plus complet que celui du Portugais, ne lui assure pas un statut d’inamovible.

Problèmes merengues post-Mondial des clubs

Ce spleen, le Français le traîne depuis le début de cette présente saison. Titulaire par défaut lors de la finale de la Décima quelques semaines plus tôt, il profite de la blessure de son concurrent lusitanien. Solide, physiquement et mentalement, il espère bien avoir marqué des points dans l’esprit de son entraîneur. Raté, puisque dès la reprise, il prend place sous la guérite. Toujours en délicatesse avec son genou, il prolonge pourtant son bail avec le Real Madrid à la mi-septembre. Avec un contrat courant désormais jusqu’en 2020, Florentino Pérez assure l’avenir, tandis que ses courtisans revoient leurs potentielles offres à la hausse. La folle série de 22 victoires de fin d’année 2014 en poche, Carletto ne change que rarement son onze titulaire. Raphaël ronge alors son frein et un départ ne semble plus une chimère. Il affirme d’ailleurs ouvertement que cette situation ne lui convient pas, et qu’elle ne lui conviendra pas plus d’ici quelques mois. À la mi-saison, il affiche un bilan famélique de huit apparitions en Liga.

Les problèmes merengues post-Mondial des clubs aidant, le Français retrouve le chemin de la titularisation. En dedans, à l’instar d’une machine collective grippée, il n’affiche plus les solides certitudes de ses exercices passés. Les rumeurs autour d’un départ enflent, son agent l’accompagne lors de ses réunions avec Carlo Ancelotti et la Junta Directiva de Florentino Pérez s’agace. Hasard des pépins physiques, ses concurrents Sergio Ramos puis Pepe passent par la case infirmerie. À défaut de survoler les débats, Varane reprend confiance et enchaîne les titularisations. Plus que son apport défensif, il offre une garantie d’équilibre dans un Real Madrid qui regrette les absences longue durée de Luka Modrić et James Rodríguez. « Le milieu de terrain du Real tend à être déséquilibré, entame Quique Sánchez Flores, ancien défenseur central de son état. Toni Kroos joue toujours à une position plus avancée et n’est pas habitué à couvrir autant de surface. D’autres équipes comme le Barça avec Busquets ou l’Atlético avec Mario, Gabi ou Tiago jouent avec une plus grande sécurité dans cette zone » .

« Des centraux plus exposés »

Sans Xabi Alonso et Ángel Di María, piliers de la Décima merengue et partis vers d’autres cieux, « qui offraient eux un équilibre au milieu » , poursuit l’ancien entraîneur de Valence ou encore de l’Atlético, « le Real a perdu ce maillage, ce qui génère un très grand stress pour les deux centraux » . De fait, « les trois centraux passent plus de temps à corriger leur placement qu’à défendre. Ils font plus de kilomètres, changent plus souvent de position et jouent plus exposés parce qu’ils défendent beaucoup trop d’espaces » . Partant de ce constat implacable, Raphaël Varane a une longueur d’avance par rapport à son principal concurrent. Pepe et son appétit de « viandard » ont certes évolué, ils n’arrivent pas à titiller la zénitude du Français ni son élégance dans la sortie du ballon. Et lorsqu’il s’agit de défendre, Varane a retrouvé de sa superbe, en témoigne son intervention aérienne salvatrice à la dernière minute du quart de finale aller. Alors entouré de quatre Colchoneros, il avait repoussé le danger imminent. Reste à savoir si ses prestations trouveront grâce aux yeux de Carletto. Ou du prochain coach madridista.

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Par Robin Delorme, à Madrid

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