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Les bonnes raisons de suivre la Serie A cette saison

On a connu des saisons où il fallait sérieusement se creuser la tête pour vendre la Serie A. Cette année, alors que le championnat repart ce week-end, le plus compliqué sera surtout de trouver une bonne excuse pour ne pas la regarder. Et pour une fois, « je ne sais pas où c’est diffusé » ne marche même plus.
Parce que la course à l’Europe promet encore un beau bordel
Ce qui est bien avec ce cher championnat italien, c’est qu’il adore faire tenir cinq équipes sur un coin de classement. La saison dernière, à une journée de la fin, Milan et la Roma avaient 70 points, Côme et la Juve 68. Le suspense ne datait pas de la veille : deux journées plus tôt, cinq équipes se battaient encore pour trois places en Ligue des champions. Ce sont finalement les Giallorossi et les Lariani qui ont récupéré les deux derniers billets, laissant Milan et la Juve se consoler avec la Ligue Europa.
Cette année, l’embouteillage n’a pas franchement disparu. L’Inter, championne avec onze points d’avance, repart favorite. Derrière, Naples, Milan, Côme, la Roma ou encore l’Atalanta ont tous de quoi viser l’Europe, sans oublier la Fiorentina qui a sorti le chéquier. On pourra continuer à expliquer que la Serie A est en déclin.
Parce que la Serie A a enfin fait de la place aux gamins
La Serie A s’est visiblement dit qu’elle pouvait aussi récupérer les cracks avant qu’ils commencent à souffrir d’arthrose. Cet été, plusieurs clubs ont misé sur des joueurs à peine majeurs : Mastantuono à la Fiorentina, Alajbegović à la Juve ou Rodrigo Mora à la Roma sont tous nés en 2007. Il ne s’agit plus seulement de petits paris glissés au fond du mercato : Turin a lâché autour de 35 millions d’euros pour Alajbegović, Rome près de 27 pour Mora et Florence 29 pour Inao Oulaï, né en 2006. Quelques années plus tôt, voir autant de clubs italiens poser autant d’argent sur des joueurs qui pourraient encore passer le bac aurait été inimaginable.

Parce que les gros ont ressorti les biftons
Pendant des années, les mercatos italiens se ressemblaient tous : prêt avec option d’achat, joueur libre aux cheveux blancs par-ci par-là et beaucoup d’imagination comptable pour éviter de sortir la thune. Cet été, quelques clubs ont visiblement retrouvé le code de leur carte bleue. La Juve a déjà dépassé les 150 millions d’euros de dépenses, avec près de 50 millions posés sur Randal Kolo Muani. Milan flirte lui aussi avec cette somme, notamment après les arrivées de Gonçalo Ramos pour 75 millions et de Diego Moreira pour 53, tandis que la Roma et la Fiorentina ont toutes les deux franchi les 120 millions. Des montants auxquels le championnat ne nous avait plus franchement habitués. Le plus drôle reste peut-être Florence : quinzième la saison dernière, la Fio s’est mise à dépenser comme si sa lutte pour le maintien remontait à une autre vie.
Parce que neuf clubs ont changé de cerveau
Bon, la Serie A reste la reine de l’économie circulaire, avec des entraîneurs qui passent d’un banc à l’autre depuis quinze ans, mais cet été, il y a quand même du nouveau : neuf clubs sur vingt ont changé de coach. Sarri doit relancer l’Atalanta, Allegri récupère Naples, Gattuso la Lazio et Fabio Grosso une Fiorentina qui veut effacer sa saison ratée. Milan, lui, a choisi Rúben Amorim, tandis que Bologne a confié son banc à Domenico Tedesco.
Au milieu de ce grand jeu de chaises musicales, quatre techniciens vont même découvrir la Serie A : Amorim, Tedesco, Alberto Aquilani à Sassuolo et Ignazio Abate au Torino. Les autres poids lourds, eux, ont choisi la continuité : Chivu doit défendre son titre avec l’Inter, Fàbregas poursuivre son travail à Côme et Gasperini continuer son chantier romain. En Italie, évidemment, rien ne garantit que tout le monde aura encore le même bureau à Noël.
Parce qu’on sait où la regarder
Au moins, une excuse a officiellement disparu : « Je ne sais pas où ça passe. » Il y a deux ans, la Serie A avait commencé la saison 2024-2025 sans diffuseur en France, avant que L’Équipe ne récupère deux matchs par journée en cours de route. DAZN a ensuite repris l’intégralité du championnat pour la saison 2025-2026. Cette fois, plus besoin de chercher la chaîne au dernier moment : la plateforme a prolongé ses droits en France jusqu’en 2029 et diffusera encore toute la Serie A. Pas besoin de vérifier chaque vendredi si le match a atterri sur une nouvelle chaîne, une option cachée ou un canal qui n’existait pas la veille. Maintenant, il ne reste plus qu’à trouver une autre excuse.
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