Pour leur retour au Stade de France, les Bleus et Zinédine Zidane ont été piégés par l'Italie (1-1). Michael Olise a encore marqué, Dayot Upamecano a été expulsé et l'équipe de France pourra revenir lundi face à la Belgique.
France 1-1 Italie
Buts : Olise (55e) pour les Bleus // Bastoni (68e) pour la Nazionale
Expulsion : Upamecano (85e) côté France
Les retours se passent rarement comme prévus. Dans les films, dans les livres, dans la vie et dans le foot, bien sûr, on finit toujours pas être un peu déçus. Ceux de l’équipe de France et de Zinédine Zidane chez eux, à Saint-Denis, étaient attendus et si ce n’était pas non plus l’évènement de l’année, c’était un moment à vivre pour voir de près le dieu vivant du pays, se rappeler des soirées dionysiennes et se dire qu’un France-Italie, même en 2026, reste une affiche qu’il ne faut pas rater. Les Bleus ne sont pas passés à côté sur le terrain, là où tout finir par se jouer, mais ils n’ont pas réussi à faire le trois à la suite pour les débuts de Zizou, laissant échapper deux points et une troisième victoire, contre les Italiens (1-1). Notre chance et la leur, c’est qu’il y aura une deuxième chance contre la Belgique lundi soir.
Zidane et les autres
Ce sera le même décor que celui planté ce vendredi sur le parvis du Stade de France, où les maillots bleus floqués Zidane apparaissaient comme les tee-shirt Céline Dion un soir de concert à la Défense : très souvent. Il n’y en avait que pour lui, comme depuis deux mois, parce que Zizou est Zizou et que même les bouses de cheval déposées sur le chemin de la porte L ne pouvaient pas effacer les sourires du visage des privilégiés (ni même de ceux des Italiens, amusés par cette drôle de scène). Il n’y a pas à dire, ZZ a quelque chose de plus que tous les autres. La maison des Bleus était régulièrement à guichets fermés sous Didier Deschamps, mais on avait rarement eu droit à une telle clameur à l’annonce du nom du sélectionneur et la Marseillaise, dont une partie a capella, a été une célébration grandiose. Ce sont quand même les joueurs qui font gagner ou perdre des matchs et cette équipe de France au milieu de terrain inédit (Lucas Da Cunha, Adrien Rabiot, Rayan Cherki) a pressé très haut et très bien pour se mettre dans le bon sens.
Sur une pelouse moins indigne qu’à Izmit, mais teintée de marron, la France a maîtrisé son sujet italien, sans se montrer trop dangereuse. C’était bien cela le problème, la construction était cohérent, même plaisante, avec au bout la difficulté de se mettre dans une bonne position pour frapper et faire mal. Tous les attaquants ont tenté leur chance en première période : Michael Olise a été contré et a trouvé le haut de la barre (20e, 23e), Ousmane Dembélé a été contré (23e, 32e, 39e) et, devinez quoi, Adrien Truffert a lui aussi été contré. Il restait les folles montées et les passes perçantes de Jérémy Jacquet, le petit pont d’Olise pour trouver Rayan Cherki, les renversements de Da Cunha et les grands gestes du Bavarois pour chauffer le public. Les meilleures opportunités ont été pour l’Italie, frustrée en début de partie par Mike Maignan, à l’affût devant Moise Kean après avoir vu son équipe se faire ouvrir en deux passes (9e), alors que Davide Frattesi et le but hors-jeu de l’ancien Parisien auront fait passer quelques frissons avant les citrons.
Olise d’un coup franc à un autre
On ne sait pas trop encore à quoi ressemble une causerie de Zidane entre deux périodes, mais la pause a fait du bien aux têtes françaises et le retour des vestiaires a ressemblé à ce qu’on pouvait attendre de cette équipe de France. Elle a continué de presser intelligemment et elle a cette fois trouvé de meilleurs angles de tirs. Gianluigi Donnarumma a rappelé ce qu’il savait faire avec ses gants face à Doué et Olise (48e, 50e), même si on peut difficilement s’empêcher de penser que Dembélé aurait dû faire mieux quand c’était son tour. Le Ballon d’or en titre n’a pas été au niveau qu’on aurait pu l’attendre, lui qui a beaucoup décroché et qui a surtout manqué de justesse technique sur certains choix. La vedette était pour Olise, vorace et tuer sur un coup franc décalé par Cherki et envoyé dans les filets avec l’aide de la barre (1-0, 55e). Un écho à son premier but chez les Bleus, marqué dans le même exercice contre la Croatie lors de la dernière sortie ici. C’était son neuvième en sélection et Olise n’est définitivement plus le même joueur.
La ola et le classique « et ils sont où les Italiens ? » nous a ramené dans les années 2000, avant que les Bleus ne redescendent sur terre. L’Italie n’en avait pas fini avec ce match et Dayot Upamecano a beau avoir signé un énième retour monstrueux sur une transition italienne, Adrien Rabiot a fait la passe au mauvais endroit à ce pauvre Da Cunha, surpris au pressing et voyant de loin Alessandro Bastoni refroidir tout ce beau monde (1-1, 68e). Zidane n’avait pas trop la tête à des changements : Bradley Barcola et Eduardo Camavinga, les deux remplaçants à s’être échauffés, sont entrés, comme Maxence Lacroix, avec à peine deux ou trois courses dans les jambes, en réaction à l’expulsion d’Upamecano pour un deuxième jaune gratté par Kean (85e). La fin aura été une histoire de gardiens, Donnarumma calmant Rabiot comme Camavinga (70e, 84e, 90e) et Maignan sauvant les meubles sur la tête lobée de Kean. Vivement lundi, alors.
France (4-2-3-1) : Maignan – Kalulu, Jacquet, Upamecano, Truffert – Da Cunha (Lacroix, 87e), Rabiot, Cherki (Camavinga, 76e) – Olise, Dembélé, Doué (Barcola, 76e). Sélectionneur : Zinédine Zidane.