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Quelles sanctions pour Manchester City, reconnu coupable de 114 infractions ?

L'étau se resserre autour de Manchester City, reconnu coupable de 114 infractions aux règles financières de la Premier League. Maintenant, il s'agit de fixer des sanctions, ce qui n'est pas une mince affaire. Petit test comparatif des options sur la table.
→ Une amende
La solution la plus soft. Les amendes, ça fait peur à ceux qui tentent de frauder la SNCF, mais pas aux clubs de foot. Manchester City ne manque pas de ressources donc soyons clairs : toucher à son porte-monnaie serait faire preuve de faiblesse. À moins que la commission indépendante ne fixe la prune à 830,7 millions de livres (un milliard d’euros), le montant sur lequel le club a menti pour gonfler ses chiffres de revenus ? Là, ça ferait du bruit.
Notre avis : ⭐. On parle quand même de 114 INFRACTIONS, donc il ne faut pas se moquer de nous. Il faut taper plus fort. À la limite, oui pour une amende, mais si et seulement si on y ajoute une sanction complémentaire. Les Bisounours, c’est fini.
→ Une interdiction de recrutement
Chelsea est déjà passé par là en 2019-2020. Qui s’en souvient ? Personne parce que sur une ou deux fenêtres, il n’y a pas de conséquences majeures pour un club de cette envergure. Les Blues ont survécu sans problème, jusqu’à soulever la Ligue des champions en 2021. L’interdiction de recrutement, c’est galère si ça tombe sur l’OL ou l’OM, mais largement surmontable pour un club comme City. Sauf si, là encore, l’interdiction vaut sur plusieurs années – ou décennies, allez savoir.
Notre avis : ⭐. On reste sur une solution petit bras pour ne pas trop froisser les Emirats – ce qui conviendrait très bien au Premier ministre. C’est gentillet.

→ Un retrait de points rétroactif
On monte d’un cran. City a triché entre 2009 et 2018 : il faut remettre l’église au milieu du village. Le retrait de points rétroactif rétablirait un semblant de justice lors de toutes les saisons entachées de ces infractions. Combien de points ? Dur de trancher, mais ce qui est sûr, compte tenu des écarts au classement, c’est que City ne serait plus considéré comme le champion d’Angleterre en 2012 (égalité de points avec Manchester United, avantage à la différence de buts), ni en 2014 (deux points d’avance sur Liverpool). La question se poserait aussi pour le titre remporté en 2018 avec 19 points d’avance.
Notre avis : ⭐⭐. On touche au palmarès, et ça, ce n’est jamais anodin, même si les Skyblues pourront toujours considérer que ces titres leur appartiennent – comme la Juventus après le scandale des matchs truqués. Le préjudice des clubs lésés à l’époque serait reconnu. Mais City pourrait passer à autre chose avec une sanction ancrée dans le passé.
→ Un retrait de points tout court
Le retrait de points fait partie des solutions les plus citées, parce qu’elle a été récemment utilisée en Angleterre dans des cas d’infractions financières. The Athletic a fait les calculs : Everton avait pris un retrait de huit points pour une infraction d’environ 36 millions de livres, soit 4,5 millions par point. En suivant ce modèle, City perdrait 185 points. Sports Illustrated propose une autre approche : Nottingham Forest a écopé d’un retrait de quatre points en 2024 pour une infraction, donc on pourrait multiplier tout ça par 114 et enlever 456 points. Quel que soit le total, on peut envisager de l’étaler sur la durée, par exemple sur neuf ans, comme le temps durant lequel le club a triché. Ce qui veut dire que City commencerait les neuf prochaines saisons avec -20 (méthode The Athletic), voire -50 (méthode Sports Illustrated). Autre hypothèse : que City commence directement avec -114 points, -456 ou tout autre montant dès la saison prochaine, ce qui lui assurera quelques relégations.
Notre avis : ⭐⭐⭐. Une sanction digne de ce nom. Le club a triché pendant des années ? Il doit traîner un boulet pendant un bon bout de temps. Adieu aux soirées de Ligue des champions, attention au risque de relégation. Si Manchester City repart en Premier League, ce qui n’est pas forcément évident…

→ Une expulsion de la Premier League
Le bouton nucléaire à l’échelle du foot anglais. Les tricheurs, c’est dehors, donc Manchester City pourrait être exclu de la Premier League. Dans ce cas, dur de savoir à quel niveau le club repartirait : l’EFL, qui gère le Championship, la League One et la League Two, n’a aucune obligation de l’accueillir. Si elle dit oui, a priori, ce serait en League Two. Si elle dit non, City devrait se tourner vers la National League, la cinquième division.
Notre avis : ⭐⭐⭐⭐. Cette sentence obligerait City à manger son pain noir pendant au moins trois ou quatre ans. Envoyé dans les bas-fonds du foot anglais, le club verrait le départ d’un grand nombre de ses stars et devrait repartir d’une page presque blanche, en se battant avec des équipes comme Port Vale, Barnet ou Gillingham. Franchement, ce serait drôle.
→ Faire rejouer les matchs
Cela peut paraître totalement farfelu, mais cela fait bien partie des sanctions qui sont officiellement possibles. Vous imaginez un peu ? On rappelle Carlos Tevez, Wayne Rooney et leur team pour rejouer le derby de la 36e journée que City avait gagné 1-0 en 2012. On rejoue le City-Liverpool de décembre 2013, où Raheem Sterling (alors chez les Reds) avait été scandaleusement signalé hors-jeu alors qu’il filait au but, et Steven Gerrard a l’occasion de remporter ENFIN la Premier League. Les frissons…
Notre avis : ⭐⭐⭐⭐⭐. Gagner un titre en lisant un communiqué, ça ne donne aucune émotion. Quoi de mieux que de le jouer sur le terrain ? En faisant appel aux légendes de l’époque ? Bon, c’est vrai qu’il y a désormais de l’embonpoint chez certains, mais on kifferait ! On n’y croit pas vraiment, malheureusement.
Andy Burnham a les chocottes pour CityPar Quentin Ballue


















































