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« Un mec qui régalait sur et en dehors du terrain » : il y a 40 ans, Toulouse tombait amoureux de Beto Márcico

Il y a 40 ans, jour pour jour, le Toulouse FC écrivait une de ses plus belles pages de son histoire, faisant tomber au bout d’une séance de tirs au but le Napoli de Diego Maradona au Stadium. Le théâtre d’un drôle de tango argentin entre El Pibe de Oro et son compatriote, Beto Márcico. Personnage haut en couleur et footballeur de génie, il a marqué à jamais la Ville Rose et est aujourd’hui raconté dans un livre écrit par le journaliste Benjamin Laguerre (édité par Amazon et disponible sur la plateforme), dont nous publions ici un extrait.
Márcico le « pitre » et le seigneur
Beto était également, selon le terme choisi par Philippe Bergeroo, « un vrai pitre », avec toute l’affection qu’il convient d’accoler à cette expression. Être un pitre dans le Sud-Ouest, c’est cultiver l’art de la « déconne » avec un soupçon de folie douce. Un exemple ? C’est Philippe Bergeroo qui s’en charge et se délecte encore de cet épisode : « On avait un employé municipal de la mairie de Toulouse, responsable de notre vestiaire, qui était vraiment aux petits soins avec nous au Stadium. Il faisait vraiment tout pour que l’on soit dans les meilleures conditions et dans le groupe tout le monde l’appréciait beaucoup. Après une défaite à domicile, Beto se rapproche de Jano Rességuié pour une interview d’après-match. Mais le « pitre » Márcico fait un clin d’œil à Jano et lui indique de couper le son du micro. L’employé municipal n’est pas loin, comme toujours. Le journaliste demande à Márcico d’expliquer les raisons de cette défaite à domicile. Beto parle bien fort, pour être sûr que l’employé municipal l’entende expliquer les raisons de cette défaite : « Aujourd’hui on arrive dans un vestiaire qui est sale, des douches qui sont froides. Nous sommes une équipe professionnelle, ce n’est pas normal d’avoir un cadre de travail comme celui-là. Comment voulez-vous que l’on gagne des matchs dans ce contexte-là ? Nous ne sommes pas responsables de cette défaite aujourd’hui ! Le responsable il faut le chercher ailleurs… » Et Beto part directement, il joue le jeu jusqu’au bout ! L’employé municipal était fou, il courait après Jano Rességuié en criant : « Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai ! Il ne faut pas diffuser ça ! » Plus loin dans le couloir, Beto était mort de rire, et surtout très content de sa blague. »
Mais le pitre argentin était aussi un homme d’une noblesse absolue, loin des caméras. Ses anciens coéquipiers peuvent dévoiler les coulisses d’un meneur au grand cœur. Car la générosité de Beto ne s’arrêtait pas aux portes du stade. Elle débordait, discrètement, sur tous ceux qui l’entouraient. Pascal Despeyroux livre un secret de vestiaire : « Beto était un mec qui régalait sur et en dehors du terrain. Quand l’équipe sortait après les matchs, c’était Beto qui payait. Bien sûr il ne le disait pas… Les plus jeunes de l’équipe, les Galtier, Hernandez, Bancarel, Pavon… pensaient que le patron était sympa et qu’il nous invitait ! Mais en arrivant, Beto avait sa prime de match sur lui, en liquide, dans la pochette de sa chemise, et il informait le patron que l’addition était pour lui. Les autres joueurs ne le savaient pas… » Et il ajoute, avec retenue : « Et quand la prime avait été dépensée en tournées, il finissait la soirée au Croissant Service, seul. Il rachetait ce qui restait en boulangerie, chocolatines, croissants, baguettes… et allait le distribuer aux sans-abris, à ceux que la nuit rendait invisibles dans les rues de Toulouse. C’est dire le bonhomme que c’était, Beto Márcico. »

MR


















































