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Deschamps : pas d’hommage, le meilleur hommage ?

L’équipe de France s’apprête à disputer son premier match à domicile sans Didier Deschamps à sa tête, vendredi soir face à l’Italie. Aucune cérémonie ou hommage quelconque n’a pourtant été prévu. Et c’est pas plus mal comme ça.
« Je vous souhaite le meilleur et comme le meilleur est toujours à venir, c’est devant vous. » Voici comment on referme un chapitre de quatorze ans en quelques mots, au soir d’une drôle de défaite sans grande saveur contre l’Angleterre. Depuis, un été a passé, la France du foot est partie en vacances pour s’offrir une pause bien méritée, puis a replongé dans le sillage de son club une fois la fin août venue.
Jusqu’à cette trêve internationale, synonyme de retrouvailles bienvenues avec l’équipe de France. Bien sûr, l’arrivée de Zinédine Zidane génère une excitation hors nomes, à même de masquer en grande partie ce drôle de vide, mais l’impression reste tenace : sans Didier Deschamps, ces Bleus n’ont pas la même gueule. Et pourtant, l’homme au plus long mandat de sélectionneur n’aura pas droit à son hommage pour la première de la saison à domicile. Et si c’était mieux ainsi ?
Tout d’abord, une question : en quoi aurait consisté ladite cérémonie ? En une remise d’un cadre floqué « 185 » (le nombre de matchs qu’il a dirigés depuis 2012) ? Une vidéo projetée sur les écrans géants, sous les vivats de la foule ? Un tour d’honneur, les yeux tout humides ? Le public français a déjà eu l’opportunité de célébrer l’homme qui incarne trois de ses quatre succès majeurs lors de son ultime sortie dans l’Hexagone, au mois de juin du côté de Lille. Un match amical de préparation au Mondial contre l’Irlande du Nord transformé en jubilé lors duquel seul Michael Olise avait pu gratter un peu de lumière. Olivier Giroud, Raphaël Varane ou même Benjamin Pavard avaient fait le déplacement pour honorer celui qui s’imaginait alors partir à la conquête de l’Amérique.
On se dit rendez-vous dans deux ans ?
Surtout, le personnage pèse déjà de tout son poids sur l’histoire de la sélection. Un nouvel hommage n’y changerait pas grand-chose, à part peut-être pour la photo. Qui plus est, à l’instar d’Antoine Griezmann, DD le souhaite-t-il vraiment ? Pas facile de tirer un trait définitif sur une telle aventure. Surtout dans un contexte où l’attention s’est clairement tournée vers le début de l’aventure Zidane, avec deux premiers matchs enthousiasmants et pléthore de nouveaux visages sur lesquels fixer le regard. « Je voudrais féliciter Dédé et tout son staff pour ces quatorze années remarquables, saluait le nouveau patron fin juillet lors de son intronisation. Bravo pour ce que tu as fait, tout le monde est reconnaissant envers ton travail. Maintenant, il y a une autre étape qui va s’ouvrir. » Rideau. La fédération elle-même aurait argué d’un timing peu propice, quand l’heure est davantage à célébrer la nouveauté que la gloire passée.
Le moment viendra de regarder à nouveau en arrière, dès lors que voir Zidane shooter dans le moindre cône qui se présente sur son chemin (ou simplement respirer) n’émouvra plus la France entière. Pour ceux qui tiendraient absolument à une commémoration solennelle, l’hypothèse du mois de mars serait dans l’air, surtout en cas de qualification pour les quarts de finale de cette Ligue des nations. Le méli-mélo d’émotions aura eu le temps de retomber quelque peu, ce qui rendrait à n’en pas douter le moment plus fort. À moins que la porte n’ait vocation à rester entrouverte encore un peu, juste au cas où. La date optimale semble quoi qu’il en soit toute trouvée : la fin de printemps 2028, en marge de la préparation de la bande de ZZ pour tenter d’aller compléter l’armoire à trophées au Royaume-Uni. Pile dix ans après, là ça aurait de la gueule.
La France a 16 % de chances de remporter la Ligue des nationsPar Tom Binet


















































