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Bleus : hissez haut, latéraux

Le premier rassemblement de l’ère Zidane est placé sous le signe de la nouveauté. Le néo-sélectionneur a décidé de dépoussiérer le vestiaire en lançant des p’tits nouveaux dans le grand bain, notamment au niveau des latéraux. Malgré leur inexpérience, leur utilisation en dit déjà pas mal sur les idées de jeu de coach Zizou.
Ils avaient été ciblés l’été dernier. Et les mois précédents aussi. À chaque fois que l’équipe de France déraillait, tout le monde savait où regarder : sur les côtés. En bas, évidemment, hors de question de pointer du doigt Kylian Mbappé, Michael Olise et Désiré Doué quand on peut taper sur Jules Koundé, Lucas Digne ou Théo Hernandez. Pour ses premières sorties à la tête des Bleus, Zinédine Zidane a décidé d’appeler du sang neuf – Adrien Truffert, Andy Diouf et Pierre Kalulu en plus du Barcelonais – tout en sachant que le point faible de la formation n’a pas bougé. « Les défenseurs latéraux, ça fait un petit moment que c’est l’endroit où il manque certains joueurs, même si on a eu de très bons joueurs à ce poste », estimait le sélectionneur lors de l’annonce de sa liste.
La liberté de monter
En Turquie (Truffert-Koundé) et en Belgique (Diouf-Kalulu), les paires étaient inédites et se sont montrées satisfaisantes, le couloir gauche étant peut-être davantage en difficulté, sans pour autant sombrer. Une délicatesse qui peut s’expliquer par l’inexpérience des hommes choisis, notamment pour l’Interiste, milieu de formation et testé au poste de piston droit en Serie A. « Sur le moment, je n’y réfléchis pas trop. À l’Inter, je suis dans une position qui n’est pas forcément la mienne non plus. […] Je prends du plaisir, mais j’en prends plus quand je joue à mon poste », a-t-il soufflé après sa première sélection. Disponible avec ballon, il s’est toutefois fait prendre à plusieurs reprises dans son dos. « C’était une première, ça aide de jouer avec des joueurs de qualité. Le coach m’a donné pas mal de consignes avant le match, confiait l’ancien Rennais dans les couloirs du stade Roi Baudouin. J’ai eu une petite vidéo pour le repère défensif. Avec la balle, il m’a dit de jouer mon jeu, comme je savais faire. »
Le coach demande aux latéraux d’être très offensifs. Je pense que ça correspond à mes qualités.
Lors des deux premiers matchs, les latéraux ont, lors des phases offensives, effectivement eu pas mal de liberté, mot apprécié par Zizou et son staff. « Le coach demande aux latéraux d’être très offensifs. Je pense que ça correspond à mes qualités », confirmait Adrien Truffert en Turquie. Plus bavard en sortant de son duel contre le « client » Mika Godts, Pierre Kalulu en disait davantage sur les consignes du nouveau sélectionneur : « Sur le terrain, on a essayé d’être bon collectivement, bien bouger, se connecter, se regarder les uns les autres. […] Le coach nous a demandé d’avoir une maîtrise technique, d’écarter le jeu, d’envoyer le ballon de gauche à droite au maximum, que ça soit en jeu long ou jeu court, pour les écarter le plus possible. »
Variation et pressing haut
Cette quête de la variation de côté est un héritage certain de ses années d’entraîneur au Real Madrid, lorsque le ballon vivait de Marcelo à Dani Carvajal avant de trouver les failles dans le camp adverse. Dans un entretien accordé au média Carré, son fidèle adjoint, David Bettoni, expliquait que, lors d’un exercice de ressortie de balle via un bloc bas, Zidane demandait à ses défenseurs de renverser le jeu par des transversales. « Il aimait beaucoup les changements », selon le bras droit, qui se souvient surtout que l’ancien numéro 10 avait dû claquer une transversale de 40 mètres pour montrer le geste à Nacho.

Coach Zidane est difficile à cerner et sa manière d’utiliser les latéraux n’y fait pas exception. S’il n’avait plus entraîné depuis cinq ans, il semble toujours au courant de ce qui se fait en club et mise donc sur des défenseurs capables de jouer à l’intérieur, tandis que Didier Deschamps leur demandait souvent de coller la ligne. L’absence de Malo Gusto interroge néanmoins car, dans ce rôle-là, le latéral – piston – milieu droit de Chelsea est une arme assez unique. Ses prestations chez les Bleus n’ont pas encore convaincu, mais Koundé et Kalulu ne sont pas encore indiscutables.
Le joueur du Barça et celui de la Juve ont néanmoins été remarqués pour leur apport au pressing dans le camp adverse. Si la France a gardé la possession les deux tiers du temps lors des deux matchs, les automatismes ont parfois débouché sur un faux rythme, tandis que les récupérations hautes ont permis de dynamiter les meilleures périodes (dernier quart d’heure du premier acte contre la Turquie et première période entière face à la Belgique). À İzmir, Koundé venait se placer à la même hauteur que Rayan Cherki et Adrien Rabiot dans les trente derniers mètres adverses, tandis que Manu Koné descendait juste devant ses centraux. « On a pas mal travaillé tactiquement, on a essayé notamment de mettre des choses en place sur le pressing à la perte sur les dix premières secondes pour essayer de récupérer des ballons hauts et se créer des occasions », confirmait l’ancien Bordelais. Cette double lame de deux fois trois presseurs a été de nouveau aperçue à Bruxelles, même si les Diables rouges ont trouvé la parade plus facilement. Le positionnement haut a tout de même permis à Kalulu d’envoyer plusieurs centres dangereux dans la surface belge. Pour l’instant, ils n’ont pas été repris, mais le chantier ne fait que commencer.
Pas d’hommage prévu pour Didier DeschampsPar Enzo Leanni



















































