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Cristiano Ronaldo-Portugal : toute sortie est définitive

Par Suzanne Wanègue
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Cristiano Ronaldo-Portugal : toute sortie est définitive

À 41 balais, Cristiano Ronaldo a choisi de tourner le dos à son équipe nationale et de faire sa crise d'ado. Après avoir contemplé ses copains s'offrir la Norvège du banc de touche, la star lusitanienne pourrait avoir mis un point final à son histoire avec le Portugal. Sans la manière.

On aurait pu se dire, sans doute très naïvement, que revoir Cristiano Ronaldo arborer ses légendaires mèches blondes présageait de nouveaux délices, mais il n’en fut rien. Bien au contraire, le quadragénaire paraît plus proche de la crise d’ado que de l’âge de maturité. Ce mercredi soir, il a claqué la porte au nez de sa pourtant chère Seleçao, ne digérant pas d’avoir été mis sur le banc et les mots de Jorge Jesus. Sur un coup de tête, ou presque.

En temps voulu, je dirai la vérité à tous les Portugais.

Cristiano Ronaldo, en mode Nueve

« J’ai décidé de quitter le camp d’entraînement. En temps voulu, je dirai la vérité à tous les Portugais sur les raisons qui m’ont motivé à quitter l’équipe nationale, à laquelle je me suis toujours consacré, écrivait CR7 sur Instagram. C’est le moment de souhaiter bonne chance au Portugal et à tous mes coéquipiers, sans exception.  » Ce mystérieux message ne semble que le début d’un psychodrame inédit au Portugal. Ou peut-être la fin d’un cirque qui durait depuis trop longtemps.

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Victoire collective, défaite personnelle

Disons-le : le successeur de Roberto Martinez n’est pas du tout de la même trempe que celui qui brossait l’idole de Madère dans le sens du poil. Ballon d’or ou non, Jorge Jesus fait ses choix et les assume jusqu’au bout. Déjà, le tacticien portugais a dû faire face à une myriade de questions après avoir sorti son numéro 7 lors de la joute face au pays de Galles (1-0). Il avait même décidé de le laisser sur le banc en Norvège ce dimanche, le contraignant à observer ses copains trouver les combines pour faire tomber les Vikings (1-2). Conséquence ? Si ce bon vieux Ronaldo s’est senti offensé, il n’a pas manqué l’occasion de le faire sentir. Le natif de Funchal n’a ni pris la peine de saluer ses coéquipiers, ni célébré les trois points avec les supporters portugais venus se peler les miches à Oslo pour soutenir leur équipe.

« J’avais pensé le faire jouer, peut-être une demi-heure, mais le déroulement du match en a décidé autrement, développe Jesus. J’ai estimé que ce n’était pas le bon moment, il reste encore deux matchs, mais ce n’était pas pour le ménager physiquement, car il était en pleine forme pour jouer aussi longtemps que je le souhaitais. C’était un choix. Je ne pensais pas que c’était le moment idéal, j’avais besoin d’un joueur avec des caractéristiques différentes, mais cela ne signifie pas qu’il est écarté, au contraire. » Ces propos n’ont pas plu au principal intéressé, qui comprend peu à peu que son statut d’élément indispensable évolue avec le temps. Le lendemain, CR7 sèche l’entraînement, et la conférence de presse du jour est annulée. Au menu : petite réu entre le capitaine, le président de la fédé et le sélectionneur pour apaiser les tensions. En vain, selon les infos de ce mercredi.

Une sortie par la petite porte

Posséder l’avion le plus suivi du monde est un record auquel l’ancien attaquant de la Juve n’avait pas pensé. Pour autant, il symbolise bien ce qu’est devenu le grand Cristiano Ronaldo : une machine à buzz sur les réseaux sociaux, plus qu’un distributeur de frissons sur le terrain. Le meilleur buteur de l’histoire la Ligue des champions lasse, et agace par son incapacité à dire proprement au revoir à la place légendaire qu’il a longtemps occupée. Dans l’ombre des adieux en grande pompe de Leo Messi en Argentine, le plus orgueilleux des boudeurs gâche ses derniers moments en sélection. Cette dernière Coupe du monde avait déjà donné le ton quant à la dernière danse de la rivalité Messi/Ronaldo. Infichu d’aider les siens, le nouveau pote de Donald Trump errait sur la pelouse comme un fantôme, bien loin des performances lumineuses de son rival de toujours. Le mal est fait : le Portugais a perdu toutes les batailles, jusque dans la manière de quitter la scène.

Dans son obsession de durer, CR7 a terni son héritage et perdu sa raison. Reste un adversaire que même lui ne pourra pas prendre de vitesse : le temps. L’orgueil qui l’a porté au sommet, cette conviction qu’aucune limite ne devait s’appliquer à lui, menace désormais de lui savonner la sortie, alors que plusieurs médias portugais annonçaient ce mercredi une retraite internationale définitive après cette crise. Durer exige aussi d’accepter de jouer moins, de laisser un autre finir le boulot et de célébrer une victoire à laquelle on n’a pas contribué. Le Portugal peut encore avoir besoin de Ronaldo sans avoir besoin de lui à chaque minute, ou peut-être ne plus avoir besoin de lui du tout. C’est le sens du foot, d’une carrière et c’est malheureusement quand on ne veut pas le comprendre qu’on en vient à ternir sa légende.

L’avion de CR7 est le plus suivi dans le monde

Par Suzanne Wanègue

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