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Ligue 1 : plus on a de flous, plus on rit

Plus de trois mois après l’épilogue de sa dernière édition, la Ligue 1 reprend ses droits ce week-end et dès ce vendredi soir avec OM-Strasbourg. Le flou règne dans les coulisses comme au sein des clubs, où l’instabilité sur les bancs et l’obligation de vendre renforcent les incertitudes derrière le PSG double champion d’Europe et a priori intouchable.
La dernière édition s’était terminée par un multiplex décalé du samedi au dimanche un mois avant l’heure, la nouvelle saison de Ligue 1 aura donc commencé par une inversion de dernière minute. Le match entre le PSG et Rennes, celui prévu en prime time dimanche soir, se tiendra au Roazhon Park plutôt qu’au Parc des Princes, la canicule étant passée par là pour ruiner la pelouse du double champion d’Europe. Ce n’est pas en 2026-2027 que les supporters habitués à se rendre dans les stades, en gros ceux qui font vivre les clubs, les matchs et le foot en général, seront les premiers pris en compte dans l’Hexagone. C’est ainsi, malheureusement, et il faut croire que les histoires de calendrier sont devenues une spécificité française, sans hurler que tout est mieux et plus beau ailleurs. Voilà, c’est toujours le bazar et ce ne sera jamais parfait, mais l’impatience, l’excitation et les doux rêves sont toujours les sentiments accompagnant les matchs du mois d’août, ceux où les compteurs sont remis à zéro et tous les espoirs sont permis. La Ligue 1 est de retour et cela fait toujours du bien de l’écrire.
La valse des bancs
Sur le terrain, puisque c’est là que ça se passe, la nouvelle cuvée d’un feuilleton calibré pour durer plus de neuf mois sera lancée par un OM-Strasbourg, au Vélodrome, ce vendredi soir. Deux équipes prétendant à l’Europe en fin de saison et résumant bien aujourd’hui l’atmosphère générale à l’approche de la reprise : c’est flou, très flou, mais on a quand même envie de voir. Ce Marseille en pleine cure d’austérité, la faute à une gestion calamiteuse des dirigeants partis au bout du chaos, sous Bruno Genesio, qui a fait ses preuves à Rennes et à Lille après son aventure mouvementée sur le banc de son club, à Lyon. Ce Racing Club de Strasbourg, dont on peine encore à saisir la fameuse « multipropriété vertueuse », mais qui avait parfois su enthousiasmer avec ses jeunes joueurs et ses frissons, pour la plupart partis chez le grand frère Chelsea ou en Premier League. La Ligue 1 reste un championnat où tous les clubs, en dehors du PSG (et encore), sont obligés de vendre pour survivre à l’interminable crise des droits TV, dont la saison à venir n’annonce pas le bout du tunnel, malgré l’an II de Ligue 1+. Sans oublier qu’une réforme de la gouvernance du foot français est en cours.
Ils sont douze, dans ce contexte pas toujours rose, à avoir changé d’entraîneur dès la fin du printemps ou pendant l’été, de manière forcée ou assumée. Paulo Fonseca, Luis Enrique, Didier Digard et Franck Haise (arrivé en février dernier) sont les seuls rescapés du mois de mai, Stéphane Dumont et Patrick Videira débarquant de l’étage du dessous en qualité de promus avec Troyes et Le Mans. L’instabilité ne facilite pas la continuité dans les performances et les saisons, mais la nouveauté aura le mérite de susciter de la curiosité : le défi de Genesio à l’OM, le saut dans le grand bain européen de Davide Ancelotti, le retour express de Liam Rosenior (Paris FC), le pari Jens Berthel Askou à Toulouse, Will Still à Auxerre, Alexandre Dujeux à Lorient, Olivier Pantaloni à Nice, sans oublier le Monaco de Filipe Luís et le Racing Club de Lens sans Pierre Sage, mais avec Dino Toppmöller. Beaucoup de flou, toujours.
Le PSG et les autres
Ces techniciens vont tous devoir répondre à la même question : comment gagner des matchs ? Ils auront un peu moins à répondre à celle-ci, a priori, sauf belle surprise : comment mettre fin au règne du PSG ? Le Paris Saint-Germain, sur le toit de l’Europe depuis deux ans, a enchaîné pour la première fois de l’ère QSI cinq titres de champion de France d’affilée, laissant le LOSC de 2021 un peu plus loin dans son rétro. « J’ai entendu des débats sur le top 4… Les gens ont mis Paris champion, et après c’est comme s’il n’y avait plus personne, s’étonnait Estéban Lepaul cette semaine dans Ouest-France. On sait que les équipes comme Lens vont performer, Lille, Lyon, Marseille vont être là, nous aussi. Notre place peut être dans ce top 4, je pense que c’est ce qu’on doit viser. »
La parole du meilleur buteur en titre (21 pions) a de la valeur. L’amateur de golf sait aussi qu’il lui faudra maintenant confirmer qu’il peut faire partie des têtes de gondole d’un championnat qui a besoin que ses stars, comprendre ses meilleurs joueurs, n’évoluent pas toutes au PSG, un club qui n’en a pas toujours besoin pour finir avec la couronne, tant il est dans un autre monde sportif et économique. Derrière, les incertitudes sont nombreuses et les pronostics impossibles. La Ligue 1 est un éternel recommencement et une perpétuelle nouveauté, et c’est sans doute pour tout cela qu’on ne voudrait jamais cesser de l’aimer.
Revivez le multiplex de l’avant-dernière journée de Ligue 1Par Clément Gavard



















































