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Portugal-Croatie : non, il n'y a pas que Cristiano et Modrić

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Portugais et Croates se croisent en seizièmes de finale. Une affiche pouvant faire office de last dance pour les deux quadragénaires Cristiano Ronaldo et Luka Modrić. Mais il y a beaucoup plus important à dire sur ce choc.
« On parle de joueurs qui sont au-dessus de l’opinion publique, car leur longévité dans le football les rend spéciaux. Notre capitaine (Cristiano Ronaldo) et Luka Modrić sont des icônes du football. » Voilà ce qu’a déclaré le sélectionneur du Portugal Roberto Martínez tard ce mercredi, pour introduire le choc entre son Portugal et la Croatie, en seizièmes de finale du Mondial (dans la nuit de jeudi à vendredi, coup d’envoi 1h du matin heure française). Ce qui permet de constater un fait intéressant : en 2026, ce sont encore les deux quadras – aussi légendaire soit leur carrière et leurs statuts respectifs au pays – qui font la tête d’affiche du duel entre une pointure européenne et une sélection finaliste puis demi-finaliste des deux dernières Coupes du monde. Encore plus intéressant d’avancer aujourd’hui que tout ne tourne pas autour des deux ex-coéquipiers au Real Madrid, et que Portugais comme Croates ont bien d’autres choses intéressantes sous leur capot.
Problème d’addiction
Au Portugal d’abord, où seul l’outil Google permet de comprendre que cela fait bien longtemps que CR7 n’est plus indiscutable dans la Seleção portugaise : si on tape Roberto Martínez Cristiano Ronaldo dans la barre de recherche, celle-ci affiche directement « selection criteria ». Façon de ne pas oublier qu’au-delà de son quarantenaire, le Portugal a sacrée une profondeur d’effectif et même une nouvelle génération déjà bien implantée, vainqueure de la Ligue des nations l’an dernier. Pas seulement au poste d’avant-centre, où Gonçalo Ramos (fraîchement transféré du PSG à l’AC Milan pour plus de 70 millions d’euros) n’a eu pour l’instant droit qu’à sept petites minutes de jeu contre la RD Congo avant de cirer le banc contre l’Ouzbékistan et la Colombie, mais un peu à toutes les lignes.
À commencer par ce trio du milieu, composé de son tandem parisien Vitinha-João Neves et du meilleur passeur de Premier League Bruno Fernandes, puis par ses individualités de côtés (Nuno Mendes, João Felix, Pedro Neto et même Rafael Leão). Sur le papier, le Portugal est un clair prétendant au titre mondial, mais ses performances en demi-teinte en phase de groupes (une victoire écrasante contre l’Ouzbékistan entrecoupée de performances décevantes contre la RDC et la Colombie) contribuent à invisibiliser ce collectif dont le moteur semble toujours être en phase de rodage. Et donc, tout naturellement, rabattre l’attention sur les figures cadres, Cristiano Ronaldo en tête (toujours autant mis en avant par les équipes com’). Les déclas d’un Roberto Martínez très critiqué pour laisser son potentiel offensif de côté sonnent fort. Compte tenu qu’il ne devrait pas changer de braquet pour le seizième, à voir maintenant si cette loyauté à toute épreuve ne lui jouera pas des tours dès ce jeudi soir. Elle pourrait, en cas d’élimination prématurée, lui s’en faire mordre les doigts.
Faire du vieux avec du vieux
Une loi de l’attraction beaucoup moins forte de l’autre côté. Rouage tout aussi important mais à un poste moins sujet aux projecteurs, Luka Modrić est toujours à 40 ans un leader de son effectif. Mais le milieu de terrain, qui a passé le cap des 200 sélections en 20 ans de service national, n’est pas seul. Une belle brochette d’anciens est toujours présente, à toutes les lignes : Dominik Livaković (31 ans) dans les buts, un éternel Ivan Perišić (37 ans) reconverti dans un rôle plus défensif sur l’aile gauche et ayant avalé toutes les minutes des trois premiers matchs, Mateo Kovačić (32 ans) et Ante Budimir (34 ans). Les trois premiers étaient de l’aventure de 2018, tous en 2022. Une expérience non négligeable, qui a régulièrement permis à la Croatie d’aller loin en Coupe du monde. De Davor Šuker à Marcelo Brozović en passant bien sûr par Luka Modrić.

Un squelette encore basé sur l’expérience, titulaire indiscutable dans la Croatie version 2026 et artisan de la « suffisante » qualification pour les seizièmes (deux victoires contre le Panama et le Ghana après le revers contre l’Angleterre). Pourra-t-il tenir le choc face aux Portugais, d’autant que les Vatreni traversent une sorte de crise générationnelle qui n’a rien d’anormale pour un pays d’à peine quatre millions d’habitants, habitué à sortir grands crus sur grands crus depuis des décennies. L’entrée en lice contre l’Angleterre, qui fait sans doute partie des meilleurs matchs du Mondial jusqu’à maintenant, a donné lieu à quelques fulgurances de la new gen croate. À l’image d’un séduisant Martin Baturina ayant fracassé la lucarne anglaise, par exemple. Le genre d’actions qui prouve à elle seule qu’au-delà d’une potentielle last dance pour Cristiano Ronaldo ou Luka Modrić, tout ce qui entoure ce Portugal-Croatie vaut la peine de sacrifier une partie de sa nuit.
En direct : Portugal-Croatie (0-0)Par Théo Juvenet





















































