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Et pourquoi pas remettre Lucas Hernandez à gauche ?

Si l’attaque tricolore scintille dans le ciel américain, ce n’est pas le cas de la défense et notamment le poste de latéral gauche. Ni Lucas Digne ni Théo Hernandez ne semblent donner pleinement satisfaction, alors à l’heure où démarrent les choses sérieuses face à la Suède, il s’agirait de trancher ce mardi soir : et si la solution n’était pas de mélanger le prénom de l’un et le nom de l’autre : « Lucas Hernandez » vous dites ?
Un petit pont humiliant et des crochets par-ci, un penalty concédé par-là… Théo Hernandez a vécu un véritable calvaire ce vendredi soir face à la Norvège (4-1). Une fois de plus. Le temps d’une soirée, le virevoltant ailier de Fulham Oscar Bobb l’a piétiné et en a fait son souffre-douleur. À tel point que le latéral gauche tricolore ne savait plus vraiment où donner de la tête, comme s’il avait été assommé d’un grand coup de casserole. Mais le joueur exilé en Arabie saoudite et à Al-Hilal depuis l’été 2025 n’en est pas à son coup d’essai : il avait déjà pris des vagues et bu la tasse dès le match du Sénégal lors de l’entrée de l’électrisant Ibrahim Mbaye, buteur après l’avoir enrhumé (et pas aidé par Magic Mike Maignan). Ce mardi soir, c’est une nouvelle compétition qui débute pour les Bleus avec un seizième de finale face à la Suède. Et selon les derniers échos, c’est Lucas Digne qui devrait prendre la place de Théo Hernandez dans le onze. De quoi régler tous les maux d’une sélection ambitieuse et portée vers l’offensive ? Pas vraiment, non.
Pendant que l’attaque tricolore brille de mille feux de l’autre côté de l’Atlantique avec la complémentarité naissante entre Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise, la défense demeure un vrai point d’interrogation. Dans la lignée de ses performances monstrueuses avec le Bayern Munich, Dayot Upamecano ne peut pas assumer à lui seul le déséquilibre collectif et les bévues d’un flanc gauche qui apparaît comme le maillon faible de cette équipe.
Depuis l’entrée en lice des Bleus contre le Sénégal (3-1), Deschamps a testé et fait alterner deux latéraux : Théo Hernandez et Lucas Digne. Et à chaque fois, les doutes sont davantage renforcés que dissipés. À chaque fois, les deux inquiètent et ne parviennent pas à s’imposer ni dans le onze type, ni dans l’esprit de DD. Lancé face à un Irak particulièrement fade et faible (3-0) après la mauvaise performance de Théo face au Sénégal, Digne n’en a même pas profité et a livré une prestation sans grande saveur, comme trop souvent, en ne réussissant que 17% de ses centres (1/6). Moyen quand c’est cette qualité qui est censée être son point fort…
Un boulevard à gauche
Alors si ces deux-là sont incapables de convaincre dans le couloir gauche et de rassurer sous la tunique frappée du coq, une dernière solution existe et n’a peut-être pas (encore) chatouillé l’esprit de Deschamps : Lucas Hernandez. Cantonné au banc pour l’instant et jusqu’ici considéré parmi les cinq options dans l’axe quand on ne le résume pas à un animateur de vestiaire, le Parisien fait partie de ces joueurs qui n’ont toujours pas disputé la moindre minute depuis le début du tournoi (avec Warren Zaïre-Emery, N’Golo Kanté Brice Samba et Robin Risser). Une petite anomalie quand on voit le boulevard qu’il y a à gauche.

Longtemps cadavérique après sa grave blessure au genou en demi-finales allers de Ligue des champions face à Dortmund il y a deux ans, Lucas Hernandez a mis du temps à revenir. Beaucoup de temps. Mais cette saison, le double champion d’Europe en titre a retrouvé un niveau compétitif, disputant 36 matchs toutes compétitions confondues avec le PSG, le plus souvent dans le couloir gauche. On peut donc parler de dynamique positive. On se souvient notamment de son entrée en jeu très convaincante contre Liverpool à Anfield (0-2), lorsque le club de la capitale était en apnée. Nouvelle preuve que l’aîné de la fratrie Hernandez n’est pas bouilli pour le haut niveau et qu’il peut encore répondre à l’intensité des plus hautes joutes footballistiques. Surtout, l’ancien du Bayern et de l’Atlético apporte quelque chose de plus que ses deux homologues en Bleu. Pendant que son petit frère Théo affiche des lacunes défensives assez effrayantes et guère rassurantes, le défenseur central de formation est bien plus rigoureux et solide défensivement. Il possède aussi bien plus de vice et de caractère qu’un Lucas Digne parfois trop neutre.
Bien qu’il n’ait plus été aligné à ce poste par Didier Deschamps depuis mars 2024, Lucas Hernandez a aussi bien plus de références que les deux autres sous le maillot bleu. Titulaire à gauche lors du sacre mondial en 2018, il connaît la recette pour aller au bout d’une telle compétition. C’est tout le contraire de Théo Hernandez qui n’est plus que l’ombre de lui-même ces derniers mois et de Lucas Digne qui n’a, à 32 ans, jamais disputé le moindre match de phase à élimination directe de toute sa carrière en Bleu, Coupe du monde et Euro confondus. Lucas Hernandez n’est plus le joueur de 2018 déterminant qui galopait sans arrêt et multipliait les efforts en plus d’apporter le surnombre et de dédoubler, c’est sûr. Mais il est sans doute le moins pire des trois.
France-Suède : garder la tête froidePar Vincent Miffon



















































