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Franck Haise, un compte à régler avec la Coupe d’Europe

Par Clément Gavard
5' 5 minutes
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Franck Haise, un compte à régler avec la Coupe d’Europe

Plus de 900 jours après sa dernière soirée européenne, le Stade rennais retrouve la Ligue Europa ce mercredi avec un match contre le Sturm Graz. Sur le banc breton, Franck Haise, malheureux en C3 avec Nice la saison dernière et toujours dans l’attente d’un succès dans la compétition.

La dernière apparition de Franck Haise dans une soirée de Coupe d’Europe n’a rien de mémorable. Le grand public n’a pas gardé en mémoire ce 11 décembre 2025 et les supporters niçois préfèrent ne pas se souvenir de l’énième purge proposée par leur équipe sur la scène européenne, une défaite 0-1 contre Braga à l’Allianz Riviera, la sixième en autant de matchs en C3 à ce moment de cette saison cauchemardesque pour les Aiglons. Ils termineront cette phase de ligue vécue comme un tunnel, sans se consoler, à la 33e place (sur 36) avec trois petits points et sans Haise sur le banc.

Ce soir-là, le technicien français ne sait plus trop quoi dire ni quoi faire. Il sent peut-être que la fin de son aventure azuréenne est proche, elle se terminera quinze jours plus tard, entre la bûche de Noël et le champagne du Nouvel An. « Perdre des matchs, ça ne plaît à personne, avait-il quand même lancé comme une évidence après Braga. En perdre huit, ça ne plaît à personne. Mais une fois qu’on a dit ça, on fait quoi ? Ce n’est pas ça qui me touche le plus. Ce qui me touche, c’est que je voudrais voir tout le temps mon équipe comme je l’ai vue en deuxième période. » Moins d’un an plus tard, les couleurs du blason n’ont pas changé mais le voilà sur le banc du Stade rennais, dans un autre décor et de retour en Ligue Europa pour arrêter d’y perdre des matchs et (enfin) en gagner.

Zéro victoire en C3, une tache à effacer

En 24 matchs dirigés en Coupes d’Europe, Haise compte seulement deux victoires. C’est peu, très peu, et c’était en Ligue des champions avec le RC Lens quand il avait battu Arsenal et le Séville FC à l’automne (avec Adrien Thomasson et Przemysław Frankowski décisifs, tiens tiens). En C3, c’est encore pire : 16 matchs pour 4 nuls et 12 défaites, en comptant le barrage/seizièmes de finale avec les Sang et Or contre Fribourg (0-0, 2-3). À Nice, Haise a collectionné les rencontres frustrantes contre la Real Sociedad, la Lazio, Ferencváros, Twente, les Rangers, l’Union saint-gilloise, Elfsborg, Bodø/Glimt, la Roma, Fenerbahçe, le Celta de Vigo, Fribourg (encore), le FC Porto et donc Braga.

Le menu sera a priori moins copieux pour le Stade rennais, qui lance sa campagne européenne ce mercredi soir sur la pelouse du Sturm Graz plus de 900 jours après sa dernière soirée continentale face à l’AC Milan avec un triplé de Benjamin Bourigeaud pour rien. « Il paraît abordable, mais ça reste des équipes habituées à la Coupe d’Europe et ce sont des matchs qu’il faut gagner sur le terrain, répondait Haise quelques minutes après le tirage fin août. La seule chose que je sais par rapport à la Coupe d’Europe, c’est qu’il faut y arriver en étant armés. Si vous n’avez pas toutes les armes, ça ne passe pas du tout. » À la veille des retrouvailles avec la petite sœur de la C1, le coach de 55 ans a rappelé avoir appris que « tous les matchs de Coupe d’Europe sont difficiles, il faut mettre beaucoup de choses pour gagner des matchs ». 

Ne pas regarder en arrière pour se coucher moins bête

Il a eu le droit à la question que l’on pouvait attendre sur sa série noire dans la compétition, où il doit être rare de trouver un entraîneur n’ayant jamais gagné après avoir vécu 16 rencontres (on a cherché, en vain), et sur son envie d’en finir avec l’idée qu’il aurait une revanche personnelle à prendre. «  Pour que vous ne puissiez plus me poser la question, a-t-il tranché. Chaque contexte est différent, c’est comme ça. Je ne me couche pas en regardant tous les matchs que j’ai pu gagner ou les défaites. Je me couche en regardant le travail qu’on fait avec le groupe, les choses sur lesquelles on progresse. Je me couche avec la confiance que j’ai en ce groupe. On va gagner des matchs avec lui, je n’en doute pas. »

Les moments les plus compliqués, il faudra aussi savoir les passer, mais on a tous envie de bien débuter.

Franck Haise

Gagner, Franck Haise sait bien le faire depuis qu’il s’est installé sur le banc de Rennes, où il a déjà pu fêter 11 victoires en 16 matchs depuis février. Ce qui fait de son équipe la deuxième la plus performante du championnat de France derrière le LOSC avec 35 points ramassés. Une forme confirmée en ce début de saison, avec une troisième place après quatre journées et « un collectif qui se construit », dixit Haise, dont la bande commence à ressembler à ce qu’il aime et attend avec des courses (3013 à haute intensité, le plus haut total en L1), de la générosité et de la verticalité, en attendant plus de maîtrise et de propreté technique. « Je ne nous considère pas favoris contre le Sturm Graz, qui n’a perdu qu’un match à domicile en 2026, prévenait Haise. Les moments les plus compliqués, il faudra aussi savoir les passer, mais on a tous envie de bien débuter.» Lui le premier.

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Par Clément Gavard

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