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10 choses que la Premier League ne pourra pas acheter

Par Mamadou Junior Diop
5' 5 minutes
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10 choses que la Premier League ne pourra pas acheter

Cet été, la Premier League a décidé de faire ce qu’elle sait faire mieux que quiconque : acheter tout ce qui bouge. 137 millions d’euros sur Morgan Rogers, 135 sur Elliot Anderson, plus de 100 sur Sandro Tonali, etc. À ce rythme, on pourrait se demander ce que le championnat anglais ne peut pas s’offrir. Heureusement, quelques produits restent encore hors d’atteinte.

→ Le championnat du Liechtenstein

Comment acheter un championnat qui n’existe pas ? Même pour la Premier League, la mission semble compliquée. Ce petit pays niché entre la Suisse et l’Autriche compte bien sept clubs, mais aucun championnat national. Vaduz et ses voisins disputent donc les compétitions suisses et se départagent grâce à leur Coupe nationale. Une compétition à laquelle les équipes réserves peuvent également participer. Chelsea peut toujours envoyer un scout, il faudra d’abord lui trouver un championnat à observer.

→ Téji Savanier

Vous pensez vraiment que Téji va quitter la cité Gély, le soleil de Montpellier et ses parties de pétanque pour la pluie de Birmingham ? Newcastle peut envoyer son meilleur jet privé, le salaire qui va avec et même fournir le manteau, l’écharpe et les gants : même s’il est actuellement sans club, Savanier ne quittera pas la Paillade. Même lorsqu’il jouait à Arles-Avignon ou à Nîmes, le milieu a toujours fait en sorte de ne jamais trop s’éloigner de chez lui. Il y a des joueurs one-club. Téji, lui, est one-quartier.

→ Une ferveur qui dure tout le match

Merci Liverpool pour le You’ll Never Walk Alone, mais une ferveur, c’est 90 minutes, pas cinq minutes de karaoké avant le coup d’envoi. La Premier League possède des stades pleins, la meilleure réalisation télé du monde, mais aussi beaucoup de touristes. Ce qu’elle n’a pas, ce sont des virages qui sortent un tifo géant de manière spontanée, craquent quelques fumigènes et continuent de chanter alors que leur équipe perd 4-0. Une ferveur ne s’achète pas, même à coups de milliards.

→ La DNCG

Bien sûr, l’Angleterre possède ses règles financières. Mais elle n’a pas la DNCG. Elle n’a pas cette institution capable de transformer, en plein mois de juillet, une montée célébrée en mai en une préparation pour un déplacement à Châteaubriant. Demandez à Gérard Lopez ou à John Textor ce qu’ils en pensent. Le propriétaire arrive avec ses milliards, son PowerPoint et son business plan. En face, quelques messieurs en costume peuvent l’envoyer affronter des bouchers-charcutiers en district. Le vrai football.

→ La Coupe de France

7362 clubs d’un côté, 747 de l’autre. Le choix est vite fait. La FA Cup aime rappeler sa magie, mais est-ce qu’un club de Saint-Pierre-et-Miquelon traverse l’Atlantique pour affronter une R2 girondine ? Voilà la magie de la Coupe de France. Une compétition dans laquelle les professionnels, les amateurs et les clubs ultramarins peuvent tous rêver du Stade de France, parfois après avoir commencé leur parcours au mois d’août devant 70 personnes. Les Anglais ont Wembley. Nous avons les vestiaires sans eau chaude du septième tour.

→ Un entraîneur anglais qui gagne la Premier League

Imagine : tu crées une compétition et, 34 ans plus tard, aucun entraîneur de ton pays ne l’a encore remportée. Le dernier technicien anglais champion d’Angleterre reste Howard Wilkinson avec Leeds, en 1992. Problème : il l’a été quelques semaines avant la naissance de la Premier League. Depuis, Ferguson, Wenger, Mourinho, Ancelotti, Klopp ou Guardiola se sont partagé le gâteau. Les clubs anglais ont dépensé des milliards pour acheter les meilleurs joueurs et entraîneurs du monde. Toujours aucun produit local capable de soulever le trophée.

→ Un stade italien né avant le 3-5-2

Que serait la Serie A sans ses défenses à trois, ses matchs du lundi à 18h30 et ses stades construits à une époque où le hors-jeu se jouait encore à trois défenseurs ? La piste d’athlétisme, le virage situé à cinquante mètres du but, les sièges délavés et la tribune municipale dont un morceau menace de tomber : tout le charme du calcio. La Premier League aime le neuf, les loges vitrées et les enceintes dans lesquelles même les toilettes possèdent un sponsor. Elle pourra acheter tous les joueurs qu’elle veut. Pas le siège avec vue directe sur la ligne des 100 mètres.

→ Un arbitre qui tacle un footballeur

L’expression « l’arbitre fait partie du jeu » n’a jamais eu autant de sens. Tout le monde se souvient de cette masterclass signée Tony Chapron lors de Nantes-PSG en 2018. Bousculé involontairement par Diego Carlos, l’arbitre avait tenté de faire tomber le défenseur brésilien avec un croche-pied. Et comme si cela ne suffisait pas, il l’avait ensuite expulsé. Même les scénaristes de la Premier League n’auraient pas osé. Un moment 100 % Ligue 1 Conforama, donc forcément impossible à reproduire avec de l’argent.

→ Une idée d’Infantino qui réduit le nombre de matchs

En même temps, qui serait capable d’un tel exploit ? D’abord, Gianni Infantino a eu la merveilleuse idée de créer une Coupe du monde des clubs à 32 équipes. Ensuite, le Mondial à 48 pays. Maintenant, c’est au tour de la Coupe du monde à 64 équipes, puisque 48, ce n’est pas assez. Chez le président de la FIFA, un trou dans le calendrier ressemble visiblement à une maladie qu’il faut soigner au plus vite. « Les footballeurs sont déjà riches, dix matchs de plus ne peuvent donc pas leur faire de mal. » Demander à Infantino de supprimer une rencontre, c’est comme demander à un agent de refuser une commission.

→ Le 30 février

Ça n’existe pas. C’est justement pour cela que la Premier League ne peut pas encore l’acheter. Entre le championnat, la FA Cup, la Coupe de la Ligue et les compétitions européennes, les clubs anglais ne diraient pourtant pas non à une nouvelle date dans le calendrier. Il faudrait peut-être négocier directement avec Infantino. Lui non plus ne refuserait sûrement pas une journée supplémentaire, surtout si elle permet de caser un match en plus.

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Par Mamadou Junior Diop

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