ACTU MERCATO
Franjo Ivanović, un baroudeur à Lens

Alors que Lens va retrouver la Ligue des champions, le club artésien a accueilli, en prêt, Franjo Ivanović. Au-delà de son potentiel, le baroudeur et buteur de Benfica, très convoité, semble remplir toutes les cases du profil recherché les Sang et Or et Dino Toppmöller, qui avait vraiment envie de travailler avec l'international croate.
Il est arrivé avec une chemise un peu serrée, une montre de nouveau riche et un sourire blanc comme neige. On pourrait croire qu’Instagram continue de nous proposer un influenceur douteux, expatrié à Dubaï et aux conseils d’investissement frauduleux. Pourtant, il s’agit d’un type sur lequel miser n’est pas incongru, encore moins coûteux. Le Racing Club de Lens a senti ce coup : Franjo Ivanović est un Sang et Or.
Le deal ? Un prêt d’un an, à moins de 3 millions d’euros et sans option d’achat, rapporte La Voix du Nord. Rien à côté de certains achats précédents du poste depuis Loïs Openda, comme les 30 millions d’euros déposés sur Elye Wahi en 2023, au rendement en deçà de la somme record, ou les 6 briques sur Adam Buksa en 2022, à la cheville capricieuse (94 minutes de jeu au total), en plus d’autres coups ratés (Martín Satriano, Goduine Koyalipou). Une arrivée peu onéreuse dans la lignée du bon coup Odsonne Édouard, attiré pour 3,7 millions d’euros de Crystal Palace (34 matchs, 14 buts, 3 passes décisives).
Dino Toppmöller, un argument de poids
En plus de l’ancien joueur du Celtic, le club artésien tient l’avant-centre qu’il cherchait, alors que Wesley Saïd a fait ses bagages. « Chez la cellule de recrutement qui le suit depuis longtemps au staff, son profil était la priorité absolue », soulignait Jean-Louis Leca à la signature du Benfiquiste. Déjà l’été dernier, Dino Toppmöller voulait Franjo Ivanović à Francfort. Son nouveau poste au RCL ne change pas la donne, l’entraîneur allemand a même participé à le convaincre de rallier les rangs lensois. « Le fait que l’entraîneur et la direction du club m’aient souhaité compte beaucoup pour moi, réagissait le Croate à un média du pays. Bien sûr, il est important que Lens dispute la Ligue des champions, mais le plus important pour moi, c’est de sentir la confiance de l’entraîneur et du club et de bénéficier d’un temps de jeu maximal. »
Du temps de jeu, son nouveau coach devrait lui en donner, tant le joueur formé à Augsbourg (où Toppmöller a évolué en 2008-2009) et germanophone du fait de son enfance en Autriche, s’inscrit dans son plan de jeu parfois à deux attaquants (Omar Marmoush et Hugo Ekitiké à Francfort par exemple) et d’autres fois à un seul. Deux schémas que Franjo Ivanović a connu, et dans lesquels il s’est adapté (avec Promise David en Belgique, seul à Rijeka). Il n’est donc pas impossible de le voir associé avec Odsonne Édouard.
Le club a tout fait pour le recruter, et j’ai parlé au joueur. Benfica a donné son accord, et il a décidé d’aller à Lens pour jouer la Ligue des champions. Que pouvions-nous faire ?
La confiance de l’entraîneur et son discours ont bien aidé pour attirer celui qui était aussi courtisé par Hull City en Premier League, mais également par le Real Betis et la Lazio. Les Italiens, trollés par les vainqueurs du gros lot, ont même assumé cet intérêt par l’intermédiaire de leur entraîneur Gennaro Gattuso en conférence de presse : « Le club a tout fait pour le recruter, et j’ai parlé au joueur. Benfica a donné son accord, et il a décidé d’aller à Lens pour jouer la Ligue des champions. Que pouvions-nous faire ? » Pas grand-chose, et c’est bien pour ça qu’on peut parler de gros coup, au moins sur le papier.
Un citoyen du monde au voyage ralenti par José Mourinho et Benfica
Ce même papier qui fait pourtant tiquer quand on regarde les statistiques brutes de ce numéro 9 avec Benfica : 8 pions en 42 matchs. Une saison tronquée, puisqu’il a seulement joué l’équivalent de 16 matchs pleins. Avec ses 3 offrandes en plus, il était décisif toutes les 130 minutes (contre 118 pour Vangelis Pavlidis, l’attaquant titulaire de l’équipe portugaise et auteur de 30 pions la saison dernière). Ajouter à cela l’arrivée de José Mourinho en septembre qui le relègue presque immédiatement à un rôle mineur, et vous obtenez un attaquant physique de 22 ans à l’énergie débordante qui n’enchaîne pas, ni les buts ni les minutes, malgré son potentiel. Lens ne va pas sur l’option Ivanović pour sa saison 2025-2026, mais pour la précédente, à l’Union Saint-gilloise. Vingt buts, 7 passes décisives et un premier titre de champion de Belgique pour l’USG depuis 1935. Il y découvre la Ligue Europa (4 buts) avant la Ligue des champions à Benfica, brièvement.
En plus d’avoir déjà l’expérience des compétitions européennes avec 34 matchs, tours préliminaires inclus, le natif de Schwaz est un vagabond : il en est à son cinquième club en cinq ans, tous dans des pays différents. Après le centre de formation d’Augsbourg où il a passé 7 ans sans y jouer un match professionnel, l’international croate s’en allait au pays au HNK Rijeka (vice-champions en 2023-2024), avant la Belgique, le championnat portugais et la Ligue 1 donc. Un profil parfait pour un pari d’un an, le joueur caméléon qui sait s’adapter rapidement à différents contextes (sauf quand The Special One traîne par là), en plus de n’avoir manqué que deux matchs à cause de blessures. Si celui qui n’a pas vu la Coupe du monde avec l’équipe au damier (9 sélections) retrouve sa confiance de buteur acquise en Belgique, le bon coup pourrait se transformer en jackpot, au moins le temps d’un an pour Lens.
Le RC Lens a un nouveau capitainePar Nathan Beaufils

























































