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- Real Madrid-Inter Milan (2-1)
Josep Martínez : faites la bourde, pas la guerre

Propulsé numéro un cette saison après deux ans à patienter sur le banc de l’Inter, Josep Martínez s’est troué sur la pelouse du Real Madrid. Mais qu’il se rassure, une boulette a rarement privé un bon gardien d’accomplir son destin.
Une passe latérale de Benjamin Pavard, Fernando Valverde prompt au pressing et d’un coup, les fils qui se touchent. Stressé par la course de l’Uruguayen, Josep Martínez perd ses moyens et tente un improbable dribble derrière la jambe. Résultat : un but gag qui plombe l’Inter, déjà menée sur la pelouse du Santiago-Bernabéu. Une boulette dont les finalistes 2025 ne se relèveront pas, lançant leur campagne de Ligue des champions par un revers sur la pelouse du Real Madrid. Une soirée à même de remettre en cause le nouveau statut de l’éternel n°2 ?
Dumber one
Pas facile de devenir le titulaire d’un poste aussi particulier que celui de gardien, surtout dans un club qui a récemment pu compter sur Yann Sommer ou Samir Handanovič en guise de derniers remparts. Surtout à 28 ans, une fois que l’étiquette de second rôle a bien eu le temps de vous coller à la peau (à l’exception de deux saisons au Genoa, un étage plus bas). D’autant plus quand votre club s’empresse d’aller chercher un certain Ivan Provedel, qui possède le pouvoir magique de marquer sur la scène européenne. Ajoutez à cela qu’avant mardi soir, Martínez ne comptait que deux rencontres de Ligue des champions à son actif (24 toutes compétitions confondues en noir et bleu), à chaque fois comme suppléant (un match de poules avec Leipzig en 2021 et le huitième de finale aller face au PSV sous les couleurs de l’Inter en 2025 pour aucun but encaissé).
Aborder ce choc face aux Merengues constitue forcément une pression supplémentaire pour un bonhomme qui n’a jamais dépassé la dizaine de rencontres par saison en Lombardie. « Quand on ne peut pas jouer, l’état mental est très important. J’ai toujours pensé à être pleinement préparé et à attendre la bonne opportunité. C’est ça le football. Maintenant, l’opportunité s’est présentée à moi, et je veux la saisir au maximum », confiait-il dans un entretien accordé à la Gazzetta dello Sport. Dans les bois d’une Inter qui a réalisé le 3/3 en ce début de Serie A, le voici confronté à son premier gros test de caractère. « Pepo a réagi comme un gardien de très haut niveau après cette erreur. Il est resté concentré, a effectué des arrêts importants. Et ce qui compte, c’est la réaction. Relever la tête, retrouver confiance. C’est ce qui compte pour moi », l’a défendu son entraîneur Cristian Chivu après la défaite. Comme d’autres gardiens avant lui, Martínez va désormais être attendu dans sa capacité à rebondir.
La tête haute
Que le portier espagnol se rassure : se trouer, ça arrive même aux plus grands, comme le veut l’expression consacrée. Et tout le monde n’est pas obligé de suivre le chemin de Loris Karius. D’ailleurs, parmi les grands noms actuels du poste, qui peut se targuer de n’avoir jamais flanché ? Excellent à l’aller contre ce même Real Madrid, Manuel Neuer n’est-il pas passé à deux doigts de précipiter l’élimination des siens dès la semaine suivante au printemps dernier ? Thibaut Courtois n’a-t-il pas connu son lot de jours sans, comme cette magnifique relance dans les pieds adverses un soir de qualification face à la Biélorussie ? Trois ans avant d’être le mur porteur infranchissable du PSG champion d’Europe, Gianluigi Donnarumma n’était-il pas traité de tous les noms pour sa perte de balle devant Karim Benzema ? Bref, il faudra plus qu’une boulette, aussi grosse soit-elle, pour définir la valeur et le parcours que pourra mener Josep Martínez à Milan.
Surtout quand on sait que l’intéressé a déjà traversé une épreuve bien plus dramatique en étant impliqué dans un accident de la route ayant entraîné la mort d’un homme de 81 ans. « Je m’en suis remis avec l’aide de mes coéquipiers, de ma famille et de mes amis. J’ai aussi reçu le soutien d’un professionnel, confiait-il encore cet été. Mais il n’y a pas de secret particulier, vraiment. Quand une telle tragédie se produit, il est normal de ressentir de la douleur. Ce fut une période très difficile. Ensuite, avec le temps, j’ai finalement pu passer à autre chose. » À lui de se relever une nouvelle fois, plus fort. Et qui sait, de guider les Nerazzurri vers le sacre d’ici 2029 ?
Le geste défensif fou de Yann Bisseck contre le Real MadridPar Tom Binet





















































