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Ils reviennent

L’équipe de France et Zinédine Zidane retrouvent enfin le Stade de France, après des mois ou des années d’éloignement. Si la greffe du ZZ sélectionneur a pu prendre lors de deux premiers matchs à l’extérieur, le premier sur le territoire français, face à l’Italie qui plus est, sera obligatoirement chargé d’un haut potentiel symbolique.
Comment ne pas avoir les jambes qui tremblent et la gorge serrée ? Là, face à cette soucoupe posée entre deux autoroutes et qui l’a vu à 26 reprises danser short au vent. Alors qu’elle s’ouvre à lui pour un nouveau ballet, dont il est désormais chargé de la mise en scène, Zinédine Zidane ressent « l’émotion ». Elle est même « grosse », comme il la qualifiait jeudi en conférence de presse. Elle le sera « encore plus demain », souligne-t-il avec une voix que les écarts de température ont fini par distordre.
En 2006, je ne savais pas que j’allais devenir entraîneur. Pour moi, c’était la fin et c’était très très très compliqué. Mais je crois en la vie et je me suis préparé pour entraîner cette équipe de France.
Comme toute pièce, il y a un décor. Ça tombe bien, ce Stade de France, il le connaît comme s’il l’avait fait. Même si ça fait 20 ans qu’il ne l’a pas arpenté, c’est lui qui en a posé la première pierre, ou plutôt le premier but, le 28 janvier 1998 dans un amical d’inauguration contre l’Espagne, sous « un froid polaire » en grelotte-t-il encore. C’est lui qui l’a enveloppé quelques mois plus tard d’une chaleur mystique, grâce à un doublé en finale de Coupe du monde. « Avec les copains, on a eu la chance de la jouer chez nous et de la gagner contre le Brésil. C’était le rêve de tout le monde et on a réussi à le faire. » Ce vendredi, il y aura aussi un public, le même qui l’a tant fantasmé, qui lui a donné tant d’amour. Il l’aura désormais face à lui, dans son costume de sélectionneur sur les coups de 20h45. Pas avant, le technicien ayant déjà pris l’habitude lors de ses deux premières sorties en tant que sélectionneur de passer l’échauffement à l’abri des regards.

Forcément, il faudra aussi composer avec les antagonistes, venus d’Italie. Un pays qui évoque différentes saveurs pour le Marseillais. Les cinq saisons sous le maillot de la Juventus, « là où (il est) devenu un joueur important », les mentors Marcello Lippi et Carlo Ancelotti, les victoires fondatrices en quarts de finale de Coupe du monde 1998 ou en finale de l’Euro 2000 pour les bons souvenirs ; le coup de boule de Berlin pour les mauvais. « Les images me le rappellent toujours parce que ça passe en boucle partout, s’agace-t-il, tel le Capitaine Haddock avec son sparadrap. Heureusement qu’il y en a d’autres qui sont plus sympas. »
Il faudra désormais laisser à un autre temps les insultes de Marco Materazzi, les « Pas ça Zinédine ! » de Thierry Gilardi, les « Sotto la doccia ! » de Fabio Caressa, et ce qui restera donc l’épilogue d’une première vie. « En 2006, je ne savais pas que j’allais devenir entraîneur. Pour moi, c’était la fin et c’était très très très compliqué, confesse le Double Z avec des trémolos. Mais je crois en la vie et je me suis préparé pour entraîner cette équipe de France. » Si bien qu’aujourd’hui, c’est à lui d’animer ces 22 acteurs qui, en coulisse, trépignent d’incarner la suite.
Le premier stade de l’amour
Parce que ces Bleus font également leur retour à Saint-Denis, un an et demi après un quart de finale retour dantesque de Ligue des nations contre la Croatie (2-0, 5-4 T.A.B.). S’ensuivirent une tournée de 22 rencontres, avec 15 stades et 8 pays visités. Si le Mondial américain n’a pas été couronné du succès escompté, les deux derniers voyages – en Turquie et en Belgique – leur ont plutôt réussi : deux victoires, aucun but encaissé, 20 joueurs utilisés, des révélations, des éclats de joie et la sensation de pouvoir démarrer une relation loin de la pression domestique.
L’Italie pourra-t-elle gâcher cette lune de miel ? La Nazionale est certes en (re)construction sous la direction de Roberto Mancini, mais chacun sait que les Azzurri offrent toujours aux Bleus des « matchs particuliers », comme le pointait le vice-capitaine Ousmane Dembélé. S’il savoure être désormais « le joueur [qu’il a] toujours rêvé d’être », il n’a certainement pas oublié la frappe enroulée qu’il avait claquée à Salvatore Sirigu en 2018 à Nice, pour emballer un succès 3-1. C’est moins marquant qu’un coup de boule, mais ça fait toujours effet.

Depuis la rentrée, l’équipe de France a perdu en route son capitaine Mbappé, touché au genou gauche, mais ce retour à la maison sonne désormais comme « la fin du début ». Une période qui doit permettre à la Zidaneta de se retrouver, de monter en puissance et d’imprimer sa patte. Le match à Izmit a été laborieux avec une équipe de tauliers, celui à Bruxelles fut plus exaltant avec plein de nouvelles têtes. Pour Zidane, qui refuse de parler d’équipe A ou d’équipe B, il s’agira de continuer à travailler pour in fine enchanter. « Il peut y avoir un échec, mais je ne pense jamais à ça. J’ai une équipe de fou, donc je vais essayer de donner tout ce que j’ai en moi pour faire les meilleures choses possibles. » Tant que Marco reste bien loin de tout ça.
Italie-France à Giuseppe-MeazzaPar Mathieu Rollinger



















































