- En partenariat avec VINCI Mixed Cup
Et si le football de demain était mixte ?

Pendant deux jours, la VINCI Mixed Cup a mis aux prises dix équipes issues de centres de formations réputés en Europe sous un format innovant : une mi-temps jouée par les filles, l’autre par les garçons. Le score cumulé détermine le résultat du match. Le succès est total, et interroge : et si la mixité était l’avenir du football ?
Depuis dix ans, la VINCI Mixed Cup révolutionne le football de demain en réunissant les meilleures équipes françaises et européennes des centres de formation autour d’un format unique où les performances des U16 féminines et U15 masculins s’additionnent pour ne faire qu’un.
« Merci à vous. » « Pas de soucis, on fait ça pour vous faire briller. » Celui qui plaisante avec Germain Borg, responsable de la préformation au PSG, c’est Bernard Mendy, quelques matchs de Ligue des champions, de Premier League et de Ligue 1 au compteur. Un joli CV, en passe d’être complété par une actualité plus récente : le temps d’une compétition, l’ancien latéral droit était sur le banc de touche des filles de l’équipe U16 des filles du PSG. Si la formation masculine de Germain Borg vient de s’incliner d’un but contre le Racing Club de Lens, les filles de Mendy en ont planté deux aux jeunes Lensoises. Score final du match ? 2-1 pour le PSG. Et oui, en cette fin du mois d’août à Meudon (Hauts-de-Seine), les scores sont cumulés. C’est la particularité de la VINCI Mixed Cup, qui voit s’affronter, en deux mi-temps de 30 minutes, des U15 masculins et des U16 féminins de dix équipes européennes.
Cet été 2026, la Juventus, la Real Sociedad, Como 1907 et Benfica ont complété un plateau d’équipes de Ligue 1 françaises comme Lille, Lens, le Paris FC et le PSG, ainsi que du FC Solitaires, club amateur du XIXe arrondissement de Paris qui s’est qualifié en remportant le tournoi Challenger, une compétition préliminaire réservée aux équipes franciliennes. D’une année sur l’autre, selon les générations, les clubs et les préparations, les filles compensent les résultats des garçons ou l’inverse. Dans le milieu hypermasculin du foot, cet échange est rare, au point que certains y voient la preuve que la mixité pourrait bien être l’avenir du ballon rond.
Habitudes bousculées
Si le sport roi reste un bastion masculin, la VINCI Mixed Cup, coorganisée par VINCI et le Paris FC, exprime l’inverse. Le tournoi renforce le sentiment de cohésion entre les filles, en catégorie U16 et les garçons, en U15, les deux groupes se côtoyant pendant deux jours. Le boys club du foot est bousculé par un principe simple : filles et garçons ne forment qu’une seule équipe. Ces 26 et 27 août, on a ainsi vu les uns regarder les matchs des autres, prendre des nouvelles de leur sommeil, échanger mais aussi se chambrer. « On compense nos erreurs et on se soutient », dira ainsi Bernard Mendy. « Tonton », comme il se fait appeler en cette fin d’été, apprécie. Pourtant, dans le foot, la mixité n’est pas garantie.
En un week-end, on avance pour toute leur vie.
En France, dans la petite dizaine de centres de formation agréés pour la pratique féminine du foot (l’objectif est de quinze à la fin de la saison), les filles et les garçons ne se croisent que très rarement. Souvent, les moments d’échange sont limités au moment des cours en commun ou aux ateliers scolaires organisés par classes d’âge. La VINCI Mixed Cup, créée en 2016 et en 2021 sous son format mixte, accélère ce mouvement sociétal. « La mixité ? C’est la plus belle initiative qu’on ait trouvée. C’est unique au monde. Raí et d’autres sont même jaloux de notre réussite, plaisante Patrick Gobert, président de l’association Paris FC. On souhaitait créer un événement pour récompenser les jeunes dans une ligne directrice d’éducation, de valeurs et de partage. C’est réussi. »
« Notre plus beau compliment remonte à la victoire de Lille contre le PSG, il y a cinq ans, prolonge Patrick Gobert. Le président de Lille m’avait appelé pour me demander la recette, racontant que son club essayait d’imposer la mixité dans leur centre de formation sans trop y parvenir. Ici, en un week-end, on avance pour toute leur vie ! » Au stade Marcel-Bec de Meudon, si la mixité n’est pas encore intégralement partagée pendant les matchs – imaginer des rencontres alignant cinq ou six femmes par équipe n’est pas si farfelu -, les garçons et les filles sont logés à la même enseigne : avec des caméras pour filmer, des staffs de quatre à cinq entraîneurs sur chaque banc, incluant préparateur physique et analyste tactique.
Le temps du tournoi, les relations entre les équipes féminines et masculines évoluent rapidement. « Que filles et garçons partagent non seulement un même terrain, les mêmes couleurs, mais aussi une même lumière, c’est essentiel pour la progression de la mixité dans le foot, et c’est la raison d’être de cette compétition », explique François-Brice Hincker, directeur de la communication qui pilote le tournoi chez VINCI. À Lens, un trajet en bus a suffi à faire naître des amitiés. L’ambiance est assurément « très respectueuse », souligne Paul-Hervé Douillard, directeur général de la LFFP, ligue féminine de football professionnel, créée au printemps 2024 pour organiser les compétitions nationales féminines sous l’égide de la FFF. Pour la Juventus et la Real Sociedad, arrivés en train, il a fallu attendre le deuxième match pour apercevoir les premiers encouragements entre les deux groupes. Si cela n’empêche pas quelques remarques et une compétitivité bien affirmée, finalement, les deux effectifs se rendent compte de l’apport des autres. Depuis dix ans, le nombre de licenciées augmente de 10 % chaque année, pour atteindre 250 000 début 2024. L’objectif des 500 000 licenciées a été fixé pour 2028.

Paul-Hervé Douillard, de la « L deux F P », venu s’intéresser à ce qu’il se tramait à Meudon, acquiesce : « Ce tournoi est rafraîchissant. C’est un beau message, de voir des jeunes filles. Elles peuvent prétendre au même parcours de formation. Pour avoir des joueuses de qualité, il faut des centres de formation – on espère arriver vite à une quinzaine, et un maximum d’échanges. » Sa perspective rejoint celle des jeunes rencontrés pendant le tournoi : la VINCI Mixed Cup augmente le degré de concentration et d’investissement des deux groupes. Ainsi, le football se dote d’un nouveau récit pour grandir. Bernard Mendy ne peut qu’acquiescer.
« Todos somos Caballas », le t-shirt qui tend toute l’EspagneSF

























































