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Au football, comment repère-t-on un.e futur.e champion.ne ?

SF
5' 5 minutes
Au football, comment repère-t-on un.e futur.e champion.ne ?

Crack, talent, pépite intersidérale... Le monde du football rivalise d’ingéniosité pour trouver le mot qui sied le mieux à un jeune footballeur ou une jeune footballeuse rempli de qualités. Avant de les voir à l’œuvre lors de la VINCI Mixed Cup, tournoi mixte organisé par le Paris FC et VINCI, qui fêtera sa dixième édition les 26 et 27 août prochains à Meudon (Hauts-de-Seine), reste à savoir comment les clubs professionnels les repèrent et les font grandir dans un environnement le plus sain possible, mais toujours concurrentiel.

Depuis dix ans, la VINCI Mixed Cup révolutionne le football de demain en réunissant les meilleures équipes françaises et européennes des centres de formation autour d’un format unique où les performances des U16 féminines et U15 masculins s’additionnent pour ne faire qu’un.


Le constat, d’abord. La France, c’est Byzance. Le grand luxe, l’opulence, le faste. Dans tout le pays, les jeunes talents balle au pied se comptent par milliers. Ils et elles, ce sont les enfants de moins de 15 ans qui « ont du ballon. » Comprendre : une technique supérieure à la moyenne, une compréhension aisée du jeu, du positionnement et des attentes. Lors des dix dernières années, l’élite du football hexagonal a généré, en moyenne et par saison, plus de 400 millions d’euros de revenus sur les transferts de ses joueurs formés localement. Le Brésil, deuxième pays le plus pourvoyeur de prodiges, en est à 260. Hallucinant.

Points de repère

La réalité, ensuite. En France, au Paris FC, organisateur de la VINCI Mixed Cup, comme ailleurs, l’entrée au centre de formation, à partir de 15 ans, s’effectue sur des critères de sélection. Les joueurs et joueuses sont identifiés dès le plus jeune âge. En effet, la plupart entament déjà leur cycle de préformation, en catégories U14 et U15, sous l’œil avisé des recruteurs. Avant d’être caricaturés en trentenaires en doudounes et lunettes de soleil derrière les mains courantes, ces derniers repèrent les génies de la balle tous les week-ends. Ils officient en région parisienne, où la densité de clubs et de talents est plus importante, mais aussi partout en France. Certains travaillent avec des clubs identifiés, quand d’autres cherchent plutôt à positionner leurs joueurs dans des centres.

On permet à des joueuses de vivre dans des conditions optimales.

Gaëtane Thiney, directrice sportive de la section féminine du Paris FC

« On regarde les critères correspondant aux différents facteurs de performances : technique, tactique, athlétique, mental, pose Yvan Dzierzynski, responsable de la préformation au Racing Club de Lens, un des dix clubs qui s’apprêtent à se disputer la VINCI Mixed Cup ces 26 et 27 août. Il n’y a pas, à mon sens, un critère plus important que l’autre. L’essentiel est qu’il puisse afficher régulièrement une compétence forte. On prend aussi en compte les critères liés à la personnalité des enfants et adolescents. » Certains clubs, enfin, adaptent leur recrutement en fonction de l’histoire des clubs : Lyon et les profils techniques, Lens et l’authenticité, le Paris FC et l’adaptabilité…

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Après cette phase de supervision, les recruteurs transmettent leurs notes aux salariés des clubs professionnels. Ces responsables décident ou non si le joueur ou la joueuse peut venir effectuer un essai. Ces sésames, très convoités par les jeunes, durent quelques jours, le plus souvent lors des vacances scolaires. Dans cet univers concurrentiel, un oui équivaut à un premier pas vers la pratique du football de très haut niveau.

« On permet à des joueuses de vivre dans des conditions optimales, prises en charge, avec des cours et des profs sur mesure dans des classes réduites pour améliorer leur capacité d’avoir des très bons résultats scolaires, recense Gaëtane Thiney, ancienne internationale française aujourd’hui directrice sportive de la section féminine du Paris FC. On met en place des analyses vidéo pour qu’elles développent la connaissance du jeu, la préparation physique, avec des entraîneurs dédiés. La France a un cahier des charges qui amène énormément de qualités. » Alors qu’une trentaine d’entités masculines sont déjà agréées à l’orée de cette saison 2026-2027, dix clubs ont ouvert des centres de formation féminins.

Vers le football… et pas seulement

Le Paris FC, pionnier en la matière, structure le sien pour accueillir aujourd’hui plus de 30 joueuses. « On a construit une cellule scouting, avec une responsabilité de recrutement et un maillage des départements en fonction des âges. Ce maillage territorial permet d’observer un maximum toutes les joueuses à potentiel, celles qui sont susceptibles de rentrer dans le centre de formation, poursuit Gaëtane Thiney, avant d’insister sur un élément : Avant de trouver les talents, on veut désormais trouver des joueuses qui ont envie de formation. Le monde du foot, parfois, est tellement dynamique qu’on recherche seulement la pépite. Mais il faut aussi que la joueuse se sente bien et soit animée par l’envie de progresser. » Fin décembre 2025, le Paris FC a annoncé la future extension de son centre d’entraînement, situé à quelques minutes de l’aéroport d’Orly, avec l’objectif de regrouper en un même lieu les équipes professionnelles masculines et féminines, ainsi que les centres de formation et la création de cinq nouveaux terrains.

Ainsi, à partir de 15 ans, âge des passions, apprentis footballeurs et footballeuses entrent au lycée dans ce type d’infrastructures. Ciao les heures de bus interminables, bonjour à l’internat moderne, avec des cours le matin, souvent en petits comités et personnalisés, et sport l’après-midi. Après le repas commun, c’est extinction des feux à 22 heures. Pour un sommeil optimal, les téléphones sont parfois confisqués. Bref, leur emploi du temps est entièrement consacré au football. « Certains garçons sont salariés dès l’âge de 16 ans, détaille Yvan Dzierzynski. C’est une première étape vers la professionnalisation. Certains autres ne le sont pas contractuellement mais le sont de par leur comportement au quotidien. » En effet, lors de chaque étape de la formation (U16, U17, U18, U19 et Espoirs), chaque jeune doit rester le plus compétitif possible pour espérer atteindre le plus haut niveau.

Reste une donnée : la majorité des joueurs et joueuses entrés au centre de formation ne jouent pas dans des clubs professionnels. « Entre le centre de formation et notre équipe professionnelle, qui joue au plus haut niveau et la Ligue des champions, l’écart est important », constate à ce propos Gaëtane Thiney. L’ancienne offensive s’attelle donc, comme d’autres, à travailler l’extrasportif. « Notre devoir, c’est aussi d’avoir des citoyennes, demain, qui portent des valeurs fortes, et qui deviennent des modèles. » Former des pépites, partout.

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SF

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