Largement dominateur à Cardiff, Arsenal a réussi sa rentrée des classes face à un Manchester City invisible et apathique (3-0). Les Gunners remportent le 17e Community Shield et avertissent l'Angleterre : cette saison encore, il faudra compter sur eux.
Arsenal 3-0 Manchester City
Buts : Calafiori (1ère), Havertz (28e) et Ødegaard (48e) pour les Gunners.
Pas facile de dire au revoir à un type qui, au-delà d’avoir ramené vingt trophées en dix saisons, est au football ce que Charles Darwin est à la biologie : un révolutionnaire. Alors, à l’heure de dire bonjour à Enzo Maresca et d’entamer l’après- Pep Guardiola, Manchester City a quelques questions à se poser : faut-il appeler ça une succession ? Un passage de témoin ? La perpétuation d’un héritage ? Une horrible tare ? Il faudra plus qu’un match de rentrée à Cardiff pour le savoir, mais le Community Shield du jour penche pour la dernière option. Pour sa première sortie officielle de la saison, Manchester City a été complètement dominé par Arsenal (0-3). Les Gunners remportent leur 17e Supercoupe d’Angleterre. Surtout, Enzo Maresca a du boulot pour faire de Manchester City un rival d’Arsenal.
Déconstruction
Au-delà de Pep Guardiola, John Stones, Nathan Aké, Manuel Akanji et Bernardo Silva ont fait leur valise cet été. Quelques valeurs sûres, donc. Arsenal et Manchester City s’étaient affrontées fin mars, en finale de la Coupe d’Angleterre. Si les premiers avaient déjoué et irrité, ce fut tout l’inverse cet après-midi : les Arteta boys ont montré de beaux mouvements, de l’intensité et l’alchimie d’une équipe qui se connaît par cœur. Ricardo Calafiori, bien aidé par Gianluigi Donnarumma, a ouvert le score au bout de 23 secondes, pour inscrire le but le plus rapide dans un Community Shield depuis 1988 (1-0, 1ère). Chrístos Tzólis, nouvelle recrue, a montré qu’il était plus facile de s’insérer dans un collectif qui n’a pas bougé, servant joliment Kai Havertz pour le deuxième (2-0, 28e).
Excepté une frappe Phil Foden au bout d’un joli mouvement (20e) et quelques percées de Jérémy Doku, le jeu des Cityzens a consisté à rendre hommage au Millenium Stadium de Cardiff, théâtre du calvaire : faire des passes en arrière. Le calvaire rappelle un jour de février contre la même équipe (1-5), quand Martin Ødegaard s’offre un petit slalom pour alourdir le score (3-0, 48e). Aïe.
Ensuite, ni les sorties d’Erling Haaland, à cours de forme, ni les entrées du revenant Jack Grealish, invisible, et de Rayan Cherki, auteur d’une belle frappe (74e), n’auront changé quoi que ce soit. Pour Enzo Maresca, la défaite fait tout aussi mal, la manière dont l’après-midi s’est déroulé aussi. Son Manchester City est en reconstruction.
Arsenal (4-2-3-1) : Raya – White, Mosquera, Gabriel, Calafiori (Hincapié, 60e) – Bruno Guimarães (Rice, 46e), Lewis-Skelly (Zubimendi, 75e) – Madueke (Saka, 60e), Ødegaard (cap.) (Eze, 84e), Tzólis – Havertz (Gyökeres, 75e). Entraîneur : Mikel Arteta.
Manchester City (4-2-3-1) : Donnarumma – Khusanov, Dias (cap.), Gvardiol, O’Reilly (Guehi, 53e) – Anderson (Lewis, 60e), Kovačić (Nico González, 79e) – Semenyo, Foden (Cherki, 60e), Doku (Grealish, 46e) – Haaland (Marmoush, 53e). Entraîneur : Enzo Maresca.