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Retrait du soutien de la France à Gianni Infantino : et après ?

Par Julien Duez
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Retrait du soutien de la France à Gianni Infantino : et après ?

Ce jeudi, la Fédération française de football a officiellement retiré son soutien à Gianni Infantino pour la prochaine élection du président de la FIFA. Une décision attendue et qui vient sanctionner de trop nombreux dérapages, mais qui ne saurait se révéler utile qu'en cas de proposition d'un scénario alternatif pour l'avenir du football mondial.

Voilà, c’est fini. Trois jours après la Belgique, Philippe Diallo a confirmé ce que tout le monde attendait à l’occasion d’une conférence de presse donnée à la suite d’une réunion du Comité exécutif (Comex) de la Fédération française de football (FFF) : l’instance ne soutiendra pas Gianni Infantino lors de la prochaine élection du président de la FIFA, prévue le 18 mars 2027 à Rabat. « Dans un premier temps, l’acte de candidature de Gianni Infantino à sa propre réélection a été plutôt bien perçu. Fin juin, comme plus de 200 sélections j’ai apporté mon soutien », a confessé le président de la 3F pour justifier son retournement de veste qui va dans le sens du vent (les plus polis diront « le sens de l’histoire »), puisque la France rejoint, en plus de la Belgique, l’Angleterre, l’Italie ou la Suède et toute une liste de pays qui ne cesse de s’allonger.

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« Avec mes collègues du Comex, on considère que la confiance placée en Gianni Infantino a été rompue. La conduite du football actuelle n’est pas celle qu’on souhaite », ajoute Diallo, estimant que « la France a une légitimité historique à intervenir car la France a contribué à la fondation de la FIFA et [a] aussi une légitimité sportive puisque la France est dans le Top 3 mondial depuis dix ans. » Voilà pour les mots, venant d’un pays qui quand même a accueilli le président et ses équipes dans des bureaux situés à l’Hôtel de la Marine, entre 2021 et 2024. Mais qu’en sera-t-il des actes ?

Et maintenant ?

Si la décision de la FFF a le mérite d’être claire et de confirmer les propos de son président, très critique envers les récentes dérives (ou lubies, c’est selon) proposées le plus sérieusement du monde par Gianni Infantino, il n’empêche qu’à l’heure actuelle, l’homme d’affaires helvético-italo-libanais est toujours le seul candidat à sa propre réélection. Pis encore, il peut toujours compter sur une majorité de pays membres qui lui sont toujours affiliés. En plus de l’entièreté du continent africain, Infantino a la quasi-totalité de l’Amérique du sud dans la poche, ainsi qu’une grande partie de la confédération asiatique. Ce qui vient confirmer, en somme, que les critiques dont il fait l’objet proviennent en premier lieu des pays jugés « privilégiés » du vieux continent dirigé par Aleksander Ceferin, en opposition aux nations émergentes du football et qui entendent jouer les premiers rôles à l’avenir, l’Arabie saoudite en tête de file.

Surtout, en l’absence d’un contre-candidat confirmé, Infantino, malgré toute les casseroles qu’il trimballe, est actuellement assuré d’être réélu dans un fauteuil. Pour le moment, seul le Canadien Victor Montagliani fait figure de concurrent probable, bien que le président de la Concacaf ne soit toujours pas officiellement sorti du bois, ayant à l’origine prévu un projet pour l’après-Infantino en montant sur le ring pour le scrutin de l’année 2031. Reste la rumeur du Cheikh Salman bin Ibrahim Al Khalifa, président de la confédération asiatique et candidat malheureux face à Infantino en 2016, sans que l’idée d’un come-back du Bahreïni ne semble vraiment fondée.

Pas tous à la fois

Cela dit, on imaginerait mal l’UEFA monter tellement au créneau comme elle le fait actuellement sans envoyer son propre candidat au front afin de crédibiliser sa fronde par la présentation d’un projet alternatif et concret à l’actuel titulaire du poste, en route pour un quatrième (et dernier) mandat. Seulement voilà : qui pour endosser cette lourde responsabilité ? Čeferin en personne ? L’intéressé l’a exclu, préférant se concentrer sur sa réélection à la tête de la confédération européenne. Nasser al-Khelaïfi ? Soutenu par le Slovène, le président de l’ESC n’aurait « aucune ambition » à la tête du football mondial.

Alors qui ? Michel Platini ? Plus sérieusement, le temps presse et une campagne pour être élu à la présidence de la FIFA ne s’improvise pas, même à sept mois du scrutin. Dès lors, il apparaît peu probable que Gianni Infantino échappe à son destin, à savoir terminer son ère à la tête de la faîtière du football mondial avant d’aller se faire oublier (ou pas) ensuite. Gageons que le divin chauve aura sans aucun doute de nouvelles idées saugrenues à proposer d’ici le début de la prochaine décennie et qu’il se prendra un nouveau retour de bâton sans conséquences. Mais la prochaine fois, ses détracteurs seraient bien avisés de joindre les actes aux paroles plutôt que de donner l’impression de réagir trop tard.

La FFF va bien lâcher Gianni Infantino

Par Julien Duez

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