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Les plus belles équipes ne gagnent pas toujours, et alors ?

Par Enzo Leanni
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Les plus belles équipes ne gagnent pas toujours, et alors ?

Pour le monde entier, la France est la plus belle équipe de ce Mondial 2026, portée par son attaque rutilante. Si certains se voient déjà plonger dans la fontaine de leur ville le 19 juillet prochain, il est important de savoir que c’est rarement la formation la plus forte sur l’ensemble de la compétition qui est sacrée à la fin. Rien de grave puisqu’il est aussi possible d’entrer dans l’histoire sans soulever le trophée.

Depuis qu’il est l’homme fort du foot français, comme joueur et surtout dans le costume de sélectionneur, Didier Deschamps s’attache à répéter que seule la victoire est belle. Les plus provocateurs lui rétorquent volontiers qu’un seul titre, pour deux finales perdues, n’est pas un résultat si satisfaisant en 14 ans de règne. Face aux nombreuses critiques, le coach au jeu de fer et aux joueurs de velours a décidé de lancer une dernière tournée mémorable par son contenu, même si le produit brut final compte plus que tout à ses yeux.

De l’insignifiance à l’enthousiasme

Pour le monde entier, cette équipe de France version 2026 est la plus belle du Mondial, en raison de son quatuor offensif aussi mouvant qu’insaisissable, de sa capacité à faire craquer toutes les défenses adverses et du talent des individualités, Kylian Mbappé et Michael Olise en tête. « Monstre du Mondial », « c’est trop facile » ou « magique », pouvait-on notamment lire dans la presse mondiale au lendemain de la démonstration face à la Suède (3-0). Ce n’étaient certes que le Sénégal, l’Irak et l’équipe B de la Norvège avant ça, mais les bases sont sacrément solides pour avancer que cette équipe est bien plus enthousiasmante que les précédentes, notamment par une qualité de mouvement qui n’apparaissait que par intermittence lors des récentes compétitions. Sans troisième étoile, Deschamps aura du mal à se satisfaire de son bilan, et pourtant, il n’a peut-être pas besoin de cela pour rester dans les mémoires.

Maintenant qu’on a gagné, on peut jouer librement.
Maintenant qu’on a gagné, on peut jouer librement.

S’il figure déjà en bonne place dans les livres d’histoire, il a longtemps peiné à charmer au-delà des frontières. Ses pairs le reconnaissent, bien sûr, il est impossible de faire autrement, mais beaucoup estiment que son héritage sera trop infime pour que sa trace soit durable. La principale critique est née le 15 juillet 2018, quand la France de Griezmann, Pogba ou Varane devenait l’une des championnes du monde avec un des jeux les plus sommaires, en dépit des 14 buts durant la compétition, dont quatre en finale. La faute à une équipe de Belgique, restée dans l’inconscient collectif comme plus conquérante.

Entrer dans l’histoire par la fenêtre

Le « beau jeu » est un concept abstrait, qui varie selon les personnes, voire les pays. Force est de constater que certains effets durent dans le temps et ne restent pas simplement comme le souvenir fugace d’un été lointain. N’en déplaisent à Deschamps et à ses disciples, plusieurs équipes sont inscrites dans les annales à travers les années sans avoir soulevé le plus prestigieux des trophées. La France est d’ailleurs bien placée pour en parler, elle qui a appris à voler en chutant, autant en 1982 qu’en 1986, mais avec la manière à chaque fois. Le cauchemar de Séville et le « match du siècle » à Guadalajara sont des marqueurs temporels et géographiques inoubliables. Sans doute bien plus que le football de Jacquet et Deschamps, victorieux, mais plus froid.

Éloge de la grâce et de la défaite.
Éloge de la grâce et de la défaite.

Considéré comme le plus beau pays de foot, Mecque du joga bonito, le Brésil a également remporté deux étoiles sans subjuguer (1994 et 2002) alors que la bande de Telê Santana et celle de R9 avaient bien fait exploser la couleur durant les étés 1982 et 1998. Plus tôt, les Pays-Bas du duo Johan Cruyff-Rinus Michels et le Onze d’or de la Hongrie avaient été défaits en finale en 1954 et 1974. Qui se souvient du vainqueur ? L’impitoyable Allemagne de l’Ouest. Même réunifiée, elle ne perdait pas son identité et écœurait l’Argentine de Maradona en 1990.

Ils ne sont pas nombreux, mais les perdants entrés dans l’histoire sont, par essence, légendaires. Pour y arriver, il faut faire vibrer le monde entier durant suffisamment de matchs. Aller dans le dernier carré est une prérogative pour marquer les esprits, faire tourner des sélections issues du chapeau 4 en phase de groupes ne suffit pas. C’est encore ce qu’il manque au cru 2026 des Bleus, mais cela va arriver avec le temps : en cas de qualif face au Paraguay samedi, le Maroc et l’Espagne seront les cobayes parfaits et l’Argentine le bourreau désigné d’avance pour faire entrer cette équipe de France dans le panthéon du romantisme.

La statistique inattendue sur Michael Olise durant ce Mondial

Par Enzo Leanni

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