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Portugal : quand Ronaldo s'en va, tout va

Après des jours de marasme qui ont bousculé un pays entier, le Portugal rejouait ce jeudi soir contre le Danemark. Sans son capitaine fuyard, il s'est imposé en marquant quatre buts. Un beau pied de nez à tous ceux qui pensaient que Cristiano Ronaldo était encore indispensable à la Seleção.
Il y a bien eu une célébration « Siuuuuuu » ce jeudi soir sur le rectangle vert du Parken Stadium de Copenhague. Mais pas par celui que tout le monde attendait. En effet, c’est le Danois Rasmus Højlund qui est venu imiter le grand absent du jour, pourtant présent dans tous les esprits. Néanmoins, du côté portugais, on n’a pas laissé transparaître grand chose. Des grands sourires en avant-match, une prestation aboutie, les trois points en poche et une première place dans un groupe où ils ont (déjà) pris le large. Comme si tout ce qu’il s’est passé depuis le match face à la Norvège était normal. Comme si le Portugal n’était pas devenu l’épicentre du football mondial pendant quelques heures.
Un groupe grandi
Pourtant, à part les questions des journalistes, auxquelles les joueurs ont pris le soin de botter en touche ou de répondre en pratiquant la langue de bois, l’absence de celui qui était encore capitaine deux jours auparavant ne s’est pas fait ressentir. Une victoire méritée où tout n’a pas été parfait, comme en témoignent les deux buts concédés, mais qui peut donner de l’espoir pour la suite. Premièrement, il y a quatre buteurs sur le tableau d’affichage, dont Gonçalo Ramos. Le remplaçant. Celui qui a (trop) souvent été opposé à Ronaldo depuis le début de sa carrière sous le maillot rouge. De ce triplé face à la Suisse en 2022, où déjà le débat avec CR7 s’était ouvert, jusqu’au match contre l’Espagne au Mondial, où il était resté sur le banc, alors que c’était lui qui, quelques jours plus tôt, avait envoyé le pays en huitièmes. Fidèle à lui-même, il n’a jamais rien dit. À part sur le terrain. Et comme un clin d’œil à celui qui a tant marqué de la tête avec la sélection, c’est celui que l’on attendait le moins qui est venu placer un coup de casque : Vitinha, 1,72 m, lui qui avait jusqu’ici empilé 45 capes avec le Portugal sans jamais planter.
Le premier match post-Ronaldo restera donc dans les têtes comme un match réussi d’une équipe qui joue ensemble. « CR11 » titre symboliquement O Jogo ce vendredi matin, « Le collectif surpasse la polémique ». Pour A Bola, « le football qui nous attend nous donne déjà envie que dimanche arrive… ». La presse s’accorde. Il y a de l’espoir pour le futur.
Néanmoins, penser que, parce que Ronaldo n’est plus là, le Portugal va tout gagner se bercer d’illusions. Oui, les Portugais ont fait un bon match ce jeudi. Mais il reste encore quelques problèmes. Comme certains errements défensifs, qui ne datent pas d’aujourd’hui mais qui semblent persister. Les deux buts danois, notamment le second, en sont l’exemple. Il faudra également attendre de se confronter aux tout meilleurs. La Norvège et le Danemark sont de très bons tests, mais il faudra se mesurer à des équipes comme l’Espagne, l’Angleterre ou la France pour confirmer l’embellie portugaise. Enfin, quid du cas Ronaldo ? Il n’a pas encore annoncé sa retraite internationale et a seulement promis de dire « la vérité à tous les Portugais » sur les raisons de sa sortie. Peut-il revenir ? Cela paraît assez improbable, mais son ombre pourrait encore planer sur l’équipe quelque temps.

De l’espoir pour le futur
En tout cas, l’une des conclusions qui pourra être tirée après le rassemblement, c’est que la génération dorée n’est peut-être pas encore périmée. Car on a beaucoup entendu qu’après la Coupe du monde en Amérique, Roberto Martínez avait gâché cette fameuse golden generation des Lusitaniens, comme il l’avait fait avec la Belgique il y a quelques années. Mais est-ce vraiment le cas ? La plupart des Portugais célébraient le départ de Martínez comme ils avaient pleuré la défaite contre l’Espagne, en huitièmes de finale. La Ligue des nations, en 2025, contre ces mêmes voisins, aura été l’une des seules choses à retenir de son mandat. Les prestations insipides lors des moments importants et ses déclarations souvent trop optimistes par rapport à la réalité du terrain ont fini par faire grandir le désamour entre l’Espagnol et les Portugais.
Si Jesus arrive à faire articuler harmonieusement les joueurs que beaucoup de sélections s’arracheraient, le Portugal pourra enfin confirmer les espérances placées en lui, car, pour le prochain Euro, dans deux ans, l’expérience se mélangera une nouvelle fois à la jeunesse. Des Bruno Fernandes et des Bernardo Silva, 33 ans au moment de la compétition, seront accompagnés des Costa, Félix, Leão, Vitinha, Mendes ou Neves qui n’auront pas encore dépassé la trentaine, mais qui auront déjà un sérieux back ground. Surtout, il suffit de jeter un coup d’œil aux échelons inférieurs pour voir que la génération dorée n’était finalement qu’une formule et que c’est toute la formation portugaise qui fonctionne. Mateus Fernandes, Rodrigo Mora, Geovany Quenda et Mezian Mesloub, pour ne citer qu’eux, jouent avec les Espoirs. Les U17 ont, quant à eux, été champions du monde l’année dernière. Le Portugal pourrait donc truster les places de favoris pendant encore quelque temps. En attendant, la Norvège les retrouvera au Dragon ce dimanche, et avec elle, une nouvelle occasion de confirmer que, même orphelin de son capitaine, le Portugal garde le cap.
Les supporters portugais soutiennent Cristiano Ronaldo
Par Loriane Pereira

















































