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L’idylle Džeko

Ce vendredi soir face à la Suède, Edin Džeko dispute son dernier match avec la Bosnie. Il était donc obligatoire de rendre hommage à la légende du pays. À la hauteur de son mètre 93.
« Neka ostane za sva vremena », ou plus communément dit : « Qu’elle demeure pour toujours ». Cette phrase, Edin Džeko l’a placée sous sa dernière photo dans la salle de presse du stade Bilino-Polje de Zenica, antre de l’équipe nationale de Bosnie depuis trois décennies. Car oui, à 40 ans, Džeko s’apprête à toucher ses derniers ballons en sélection ce vendredi soir contre la Suède (20h45). De quoi, logiquement, émouvoir le peuple bosnien, conscient de perdre sa légende des temps modernes et, par ricochet, nous émouvoir également. Car Džeko a hissé son pays au sommet et on se devait de lui écrire quelques mots d’amour.
« J’ai vraiment donné tout ce que j’avais »
Quand les applaudissements retentiront, peut-être pensera-t-il à Safet Sušić, à Hasan Salihamidžić, voire à Sergej Barbarez, son actuel sélectionneur. Tous auront été initiateurs du football bosnien, et de tous, Edin Džeko a hérité de la maîtrise du ballon. Cette maîtrise greffée aux joueurs des Balkans, à l’opposé de la dégaine dégingandée que l’on s’imaginerait pour un bonhomme de son gabarit. Car son mètre 93, l’attaquant en a fait une arme d’élégance : torse bombé, dos droit, tête haute. Sa beauté gestuelle lui vaudra le surnom de Cygne, et permis de conquérir tour à tour la Bundesliga, la Premier League et la Serie A, sans jamais baisser de niveau. Et au milieu de tout cela donc, la Bosnie.
Ce jeune pays n’était footballistiquement pas grand-chose avant Džeko, et rien ne dit qu’il le sera après. Il est LE monument. Le recordman de sélections (152 ce soir), de buts (73, et peut-être plus) et le capitaine absolu, dont le brassard enrobe le bras depuis 2014. À ses côtés, le brillant assistant Miralem Pjanić aura longtemps accompagné ses mouvements, pourvoyant en offrandes le moindre appel, la moindre brèche. « Rien dans ma carrière n’a jamais égalé la fierté que j’ai ressentie à chaque fois que j’ai porté ce maillot. Rien. […] Si j’ai pu atteindre l’âge de 40 ans avec la sélection, c’est parce que j’ai vraiment donné tout ce que j’avais. À chaque fois », écrivait l’intéressé au moment d’annoncer sa retraite internationale. Et nous avons bien envie de le croire, lui qui a porté une sélection émergente à bout de bras, 20 ans durant. Au point de la hisser deux fois en Coupe du monde et d’en faire l’une des plus pénibles à jouer sur ses terres.
La France, le Brésil, et le monde s’en souviendront
La France l’a d’ailleurs découvert le 11 octobre 2011. Ce soir-là, Džeko faisait souffrir le martyr à la charnière Rami-Abidal, bougée dans tous les sens et forcée de s’incliner sur un modèle de frappe en pivot (il marque de nouveau face aux Bleus en 2021). La panoplie « dzekienne » en une action, répétée à l’envi. C’est peut-être cette patte qui en a fait un joueur aussi redouté que redoutable, trimbalée jusqu’au Mondiaux 2014 et 2026, pour finir en beauté. Durant l’édition brésilienne, il marque deux fois. Face à l’Iran et au Nigeria. Ce deuxième but, malheureusement, n’existera jamais. La faute à un hors-jeu improbable, privant la Bosnie d’une qualification historique en huitièmes. L’une de ses plus grandes tristesses sportives.
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Qu’importe, Edin Džeko en a déjà fait beaucoup. Énormément même : il a ouvert une porte, dans laquelle s’est engouffré le futur, nommé Kerim Alajbegović ou Esmir Bajraktarević. Des gamins qui ont compris, à travers cet exemple, toute la valeur de la tunique bleu et jaune. Car finalement, Džeko est de ceux-là. De ces symboles représentant à eux seuls des destins nationaux, comme a pu l’être Gareth Bale au Pays de Galles ou le sera Kvicha Kavaratskhelia en Géorgie. Alors : « Neka Džeko ostane zauvijek », comme on dira ce vendredi à Zenica.
Le bel hommage de Sarajevo à Edin DžekoPar Adel Bentaha
























































