- Mondial 2026
- 16es
- France-Suède (3-0)
Barcola, la quatrième roue du carrosse bleu

Auteur du break face au bunker suédois, Bradley Barcola s'est montré flamboyant pour lancer cette phase éliminatoire de Coupe du monde. Dans une équipe qui ne comporte presque plus de zone d'ombre, le Parisien semble avoir gagné sa place. Celle du chaînon manquant d'une attaque déjà crainte de tous.
En équipe de France, certains joueurs reçoivent une convocation pour faire briller les autres. Dans un certain registre, nous pouvons dire qu’un Marcus Thuram se fait encore appeler sous le maillot bleu pour cette raison-là. Plus dangereux du côté de l’Inter, il a toujours eu en EDF cette utilité pour dispenser Kylian Mbappé de quelques efforts défensifs. Une configuration menant à la campagne de l’Euro 2024, qui ne restera pas dans les annales. Deux ans plus tard, Didier Deschamps se présente avec une équipe plus offensive que jamais, portée par trois stars planétaires : Mbappé donc, mais aussi le Ballon d’or Dembélé et le ballon d’eau fraîche Michael Olise.
Dans un 4-2-3-1 faisant loi depuis le France-Croatie au Stade de France et une fois le Munichois réaxé, il restait à trouver celui qui mènerait le côté gauche. Désiré Doué semblait l’homme désigné pour répondre à ce poste, mais ses coups de génies se feront plus rares en sélection, à l’image d’un arc-en-ciel raté contre la Norvège. Sur le banc, il y en a un qui sort du lot. Ayant enfin passé un cap au Paris Saint-Germain, Bradley Barcola profite de cette virée américaine pour faire son bout de chemin et mimer un flingue avec ses mains. Que ce soit pour placer un petit piqué afin de sceller l’affaire contre le Sénégal (3-1) ou adresser un centre sur la tête de son copain Désiré contre la Norvège (4-1). Les débats surviennent quant à qui doit commencer sur ce flanc. Mais Didier maniera les mots, comme d’habitude : « Il y a beaucoup de débats, et de joueurs sur les 26 qui peuvent commencer, on aura besoin de tout le monde. Ce qui est important, c’est ce que Barcola a fait aujourd’hui : entrer et tout donner. »
Braque-les Barcola
Pourtant, à l’heure d’affronter la Suède et son bloc très bas, c’est Bradley Barcola qui est aligné d’entrée. Un choix qui peut faire lever un sourcil, tant le Gone reste un joueur qui raffole des grands espaces comparé à un Doué qui se démarque dans les intervalles. Mais ce n’est pas un choix à voir par ce prisme. Dans un trio Mbappé – Dembélé – Olise qui prend beaucoup de ballons dans les pieds, il en faut bien un qui fasse la différence sans. Ainsi, le numéro 12 se montre précieux pour écarter la ligne dense des Blågult, effectue appel sur appel et se démène sur quelques retours défensifs pour épauler Lucas Digne dans son duel avec Anthony Elanga. Un petit échantillon de ce que l’on appelle « tout donner ». Il se permet même un petit solo, comme ce moment au premier quart d’heure où il efface quatre suédois avant de frapper au-dessus. Sans parler de cette feinte hallucinante renvoyant deux jaunes à Stockholm, avant de pêcher à la conclusion. Histoire de dire que Bradley reste Bradley.
Buteur sur une offrande de Michael Olise pour donner le break, ce n’est pas cette séquence qui résumera sa performance. Alors que les hommes de Graham Potter ont déjà baissé les armes, Michael Olise cherche encore à trouver la profondeur, lançant une balle sur le côté gauche. Surprise, c’est bien Mbappé qui se retrouve à la réception, avant de claquer un 18e but en Coupe du monde. Pendant ce temps, Barcola s’est permis de se déplacer vers l’axe, sachant pertinemment qu’il n’aurait jamais le ballon dans les pieds. Une initiative utile pour attirer Gustaf Lagerbielke vers lui, et faciliter la course du Kyks. Preuve supplémentaire que ce quatuor, déjà redoutable, se veut coordonné. Une performance qui risque de faire réfléchir, aussi bien dans la capitale pour savoir si l’on garde le double champion d’Europe, que dans l’esprit de Didier Deschamps. Grand amateur de joueurs de devoir, il y a fort à parier que cette soirée pourrait faire de lui le quatrième larron d’un attelage chargé d’emmener le groupe bleu à la troisième étoile.
Le tableau de l'équipe de France se précisePar Mathieu Plasse









































