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  • Mondial 2026

Jet-set et match

Par Arsène Belgodère-Soria
3' 3 minutes
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Jet-set et match

Les ralentis remplacés par des images de stars dans les tribunes, les gros plans à chaque match sur Gianni Infantino et ses sbires, les caméras braquées sur Drake et Rosalia : c’est à se demander si l’on assiste à une Coupe du monde de football ou à un entêtant défilé de la jet-set. De quoi pousser un sacré coup de gueule !

Espagne – Autriche, 12e minute de jeu : faute pour l’Autriche sanctionnant une belle bousculade de Marc Cucurella sur Stephan Posch. Ralenti de l’action ? Non : caméra braquée sur Gianni Infantino et ses acolytes. 45e : au tour de Jayden Daniels, quarterback de Washington, d’y passer, entouré au passage par une armée de climatiseurs en tribune VIP. Trois minutes plus tard : place à Alexia Putellas et ses lunettes de soleil. Seconde période, rebelote : caméras braquées sur Rosalia et Penelope Cruz pour pallier toute coupure de jeu.

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On aurait pu s’amuser à compter jeudi soir tous les gros plans effectués sur les quelques stars venues voir le match en tribunes, mais l’opération aurait pris presque autant de temps que celui de jeu effectif. Le problème n’est pas en soi de montrer des stars : la coutume est déjà reprise par les réalisations européennes et voir apparaître Pierre Niney, Pierre Gasly ou le patron du service des sports de Canal+ sur nos télés lors des soirées européennes est devenu une habitude. Ce qui gêne est la répétition de ces gros plans qui semblent, en vain, se reconduire à chaque temps faible et coupure de jeu, mais également la loooooooongueur de ceux-ci ! À tel point qu’on commence à se demander si l’on regarde un match de foot ou un défilé de la fashion week. Une discussion entre un joueur et l’arbitre au sujet d’une faute ? Gros plan sur une star. La sortie d’un joueur qui flirte avec les 10 secondes autorisées ? Gros plan sur une autre, planquée derrière des lunettes, ou dont le visage ne nous rappelle absolument rien.

À l’américaine

Ce processus s’inscrit indéniablement dans une tendance de forte américanisation du foot, observée lors de cette Coupe du monde. Les pauses hydratation, au-delà de passer deux ou trois spots publicitaires bien juteux, servent ainsi à compter le nombre de verres de vin que s’enfile David Beckham. Et ces gros plans sur les vedettes sont issus de la même culture, de ces matchs de NBA où les quelques célébrités présentes au premier rang des tribunes jouent à celle qui se sera le plus montrée.

Non : on ne regarde pas un Portugal – Croatie en pleine nuit pour voir Drake sourire en tribune, mais pour voir un match au scénario haletant. Pour voir des stars, il y a toujours Instagram et TikTok, où un petit carrousel avec des gros zooms sur le carré VIP nous suffit amplement. Une Coupe du monde, c’est fait pour voir les exploits de Vozinha, le beau jeu de l’équipe de France et les dénouements de folie comme le Belgique – Sénégal. Absolument pas pour assister à un défilé de la jet-set.

On te voit Gianni

Cerise sur le gâteau d’un festin funeste : les images de Gianni Infantino et de ses laquais (qu’ils soient présidents de fédération ou anciens joueurs) reviennent, inlassablement, à chaque match. Tel Dark Vador et ses Stormtroopers ou un dictateur et ses plus proches lieutenants, l’Italo-Helvéto-Libanais adore pointer devant les caméras entouré des légendes de ce sport, justifiant ainsi ses innombrables allers-retours en avion. Sûrement l’occasion d’affirmer encore un peu plus son influence tentaculaire sur le foot et ses institutions. Après, si vous faites bien attention, il paraît qu’on peut voir sur son crâne le reflet des enchaînements de l’équipe d’Espagne ou les chevauchées magiques de Michael Olise.

Hôtes Ones : qui ira le plus loin ?

Par Arsène Belgodère-Soria

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