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Faut-il se faire une raison avec Illia Zabarnyi ?

Par Arthur Chanteclair
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Faut-il se faire une raison avec Illia Zabarnyi ?

Pendant que les joueurs du PSG se sont régalés ce mercredi soir en balayant le Slovan Bratislava six buts à un, Illia Zabarnyi a, comme souvent, semblé être le seul de ses coéquipiers à peiné dès que le jeu penchait sur lui. Un ressenti qui ne date pas d’hier et qui plonge le cas de l’Ukrainien dans un dilemme cornélien : est-il (toujours) trop tôt pour l’enterrer ou est-ce le moment de dire stop ?

On joue la 57e minute de Paris Saint-Germain-Slovan Bratislava, le festival rouge et bleu continue de s’abattre sur les visiteurs et le cinquième pion de la soirée est planté. On se dit alors que ça ne risque pas de s’arrêter, que les entrants vont se joindre à la fête et que le 7-0 infligé à Brest en barrages de Ligue des champions le 19 février 2025 sera au moins égalé. C’était sans compter sur la passivité défensive dont a fait preuve Illia Zabarnyi, quelques dizaines de secondes plus tard. Sur une action qui semblait anodine, Suleiman Camara, ailier explosif du Slovan, récupère le ballon sur l’aile gauche et appuie simplement sur le champignon pour se défaire du marquage (si on peut appeler ça un marquage) du défenseur central ukrainien, trop facilement éliminé, et finalement déclencher une lourde frappe en lulu.

Sur l’ensemble de la rencontre, le droitier ne semble pas en dessous de ses partenaires mais, d’un côté, il n’a pas eu à s’employer, ou presque : aucun tacle et une seule interception. Toutefois, dès que le danger arrive, l’ancien du Dynamo Kiev affiche une forme de crainte peu habituelle pour un défenseur de son gabarit (1,89 mètre pour environ 80 kilos) et son standing. Un standing qu’il a acquis à son arrivée dans la capitale pour plus de 63 millions d’euros en août 2025.

À l’époque, celui qui a soufflé ses 24 bougies il y a quelques jours est chipé à Bournemouth. Avec les Cherries, il sort de deux années complètes en Premier League (il a loupé trois rencontres en deux saisons), notamment la saison 2024-2025 où son association avec Dean Huijsen, aujourd’hui au Real Madrid, a dégoûté bien des attaquants du championnat anglais. En interview pour le Daily Echo en février 2025, son ancien coach Andoni Iraola ne manquait pas de louanges pour le natif de Kiev : « Je ne suis pas sûr que nous ayons décidé de le remplacer une seule minute (en Premier League) depuis que je suis arrivé ici. Cela dit absolument tout sur la confiance que nous avons en lui, sur sa fiabilité et sa robustesse. »

Une adaptation… pour combien de temps ?

En France, depuis un an, le constat est tout autre : le joueur ne s’est pas mis au niveau (ou rarement, comme contre Barcelone il y a un peu moins d’un an) de ses partenaires. Une question se pose alors : à quel moment faut-il se faire une raison sur un joueur ? Le discours tangue évidemment en fonction des fans, des équipes et de leurs niveaux. Pour certains, une année peut être le cap à ne pas dépasser. En l’occurrence, c’est celui qu’a atteint Zabarnyi, joueur de Paris depuis le 12 août de l’année dernière. En revanche, dans un club comme le PSG où la pression ne desserre jamais avec, qui plus est, un coach très exigeant, la mise à niveau peut demander un certain temps.

Au Paris Saint-Germain, le meilleur exemple est certainement celui de Lucas Beraldo. Le Brésilien est arrivé du São Paulo FC en janvier 2024 en tant que défenseur central. Longtemps, c’est-à-dire plus de deux ans, le joueur de 22 ans semblait loin des standards du club. Nombreux étaient les supporters souhaitant son départ… jusqu’à un ingénieux coup tactique de Luis Enrique. En mars dernier, Lucho fait rentrer Beraldo au poste de numéro 6 face à Nice. Depuis, le gaucher est comme métamorphosé par ce repositionnement, trouvant sa place dans la rotation de l’équipe et rendant des copies plus que propres au milieu de terrain, même lors de son entrée en finale de C1. Ce n’est pas l’assurance tout-risque, ce n’est pas le premier nom ni le treizième couché sur une feuille de match, mais c’était aussi un transfert bien moins important que celui de l’Ukrainien.

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Luka Modrić a connu le même sort à ses débuts avec le Real Madrid. En 2012, il est élu « pire recrue de l’année » par les lecteurs du journal espagnol Marca. Treize ans après, il quitte l’écurie madrilène avec six Ligue des champions, un Ballon d’or et le statut de légende du club. Si l’on voit mal Zabarnyi rafler le Ballon d’or un jour, l’international ukrainien (58 matchs, 3 buts) garde la confiance de son entraîneur qui, en février dernier après une victoire contre Metz, lâchait : « Zabarnyi est un très grand joueur […] C’est la première année et c’est difficile d’avoir de la confiance et d’être prêt pour jouer à chaque match. Mais je suis très content de sa performance. »

Cet été, le joueur comme le club n’ont pas envisagé un divorce. Mais pour sa première titularisation en Ligue des champions depuis son expulsion au bout de 37 minutes de jeu face à Leverkusen le 21 octobre 2025, Illia Zabarnyi n’a pas fait taire ses détracteurs. Peut-être lui faudra-t-il enchaîner pour prendre confiance et se rendre indéboulonnable. Pour l’heure, le principal intéressé n’a pas marqué de points pour prétendre à une titularisation le mois prochain contre Manchester City et le FC Barcelone, les 14 et 20 octobre. Marquinhos et Willian Pacho peuvent dormir tranquilles.

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Par Arthur Chanteclair

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